CAMEROUN :: MARCHÉS DE YAOUNDÉ : Insouciants Capharnaüms :: CAMEROON
© Intégration : Bobo Ousmanou | 21 Apr 2020 02:46:00 | 3262Dans les grands espaces commerciaux de la capitale, l’ordre du confinement n’est pas du tout visible.
C’est dit avec un brin de moquerie assumée ce 18 avril 2020 au marché Mvog-Mbi, dans le 4e arrondissement de Yaoundé. «Pas possible ! un virus ferme le marché avant 16 heures !» La phrase témoigne d’une capacité des commerçants à se reconstruire un monde parallèle, taillé à la mesure de leur ambition de vendre à tout prix. Ce matin, au secteur des vivres frais, l’ambiance trace une ligne de fuite impressionnante.
«Avez-vous entendu que le coronavirus a tué qui ici pour fermer le marché?», interroge une vendeuse. Sa réaction n’a rien de tragique. Au contraire elle est animée par une sorte de joie salutaire et bienfaisante: «Merci parce que le marché passe vite». Chez ceux qui étalent leurs marchandises à même le sol, l’on poursuit imperturbablement les activités. Les échanges continuent à se faire sans la moindre précaution.
Quelques commerçants ayant pris conscience du mal ont pu acheter des masques. Mais là encore, le soleil les décourage à les utiliser. Il fait si chaud que les porter le plus longtemps possible relève d’une gageure. «J’ai acheté un masque et des gants pour me protéger et protéger les clients. On ne sait pas qui a la maladie. Mais le soleil fait que ça chauffe trop. Mes mains cuisent dans les gants. Voilà pourquoi je les ai retiré», explique une vendeuse de légumes.
Au lieu-dit «Petit marché Emombo», toujours dans le 4e arrondissement, plusieurs minutes après l’heure officielle de fermeture des marchés, c’est encore la cohue dans un «club matango» niché à l’arrière.
Des clients y twistent comme de beaux diables. L’un d’eux raconte vouloir «boire le dernier verre avant la fin du monde». Ici, les bouteilles se vident, les verres se mélangent, les mains s'effleurent. Éclats de rire, éclats de voix, sourires… Malgré les mesures de distanciation sociale, des mécanismes d’aveuglements collectifs sur la pandémie du covid-19 semblent avoir vu le jour. «Le matango tue le coronavirus ! Plus tu bois ça, plus tu n’as pas de problème. C’est pour ça que nous sommes assis côte-à-côte», affirme un homme visiblement largué par la dose d’alcool.
Au marché 8e (Yaoundé II), le premier réflexe observé chez quelques commerçants est de défendre et de proclamer la liberté. Tandis que la pandémie de coronavirus progresse inexorablement, cet espace marchand s’est scindé en en deux mondes parallèles : celui des boutiques qui ferment à 16 heures et celui du commerce «Ho Ha». Selon Patrick, un habitué des lieux, l’expression désigne la catégorie de commerçants va-t-en-guerre.
«La présence des policiers ne leur dit rien», dénonce-t-il, mettant en relief plusieurs drames de corruption qui se nouent chaque jour ici. Or selon les autorités publiques, le nettoyage quotidien des marchés s’opère entre 7h et 9h pour la phase matinale et 16h-18h pour la phase de fin de journée. L’ouverture des marchés au grand public est supposée se faire dès 7h jusqu’à 16h. Entre 18h et 5 h le marché doit en principe rester fermé.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
:: SNH : Me Akéré dévoile un scandale de 10,5 millions d'euros
:: Pont Mayo-Palar : un camion gros porteur bascule à Maroua
:: Affaire Mengue : verdict renvoyé au 27 juillet
:: Baongla arrêté : le « fils » de Biya interpellé
:: Exploitation illégale de l'or : Steven Nbienou Kouadjo dément tout lien avec le secteur aurifère
LE DéBAT
Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun? :: AFRICA
AFRIQUE :: Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ? :: AFRICA
AFRIQUE :: Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe? :: AFRICA
Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ? :: AFRICA
Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
CAMEROUN :: La problématique du changement de nom en droit comparé :: CAMEROON
Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun :: CAMEROON
L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain :: CAMEROON
Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun :: CAMEROON
CAMEROUN :: La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé :: CAMEROON
partenaire
Vidéo de la semaine
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Dr Christian TCHAM entretien après la conférence de presse à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
CAMEROUN :: Nécrologie : Le Général de Brigade EZO'O MVONDO Simon tire sa révérence :: CAMEROON
CAMEROUN :: VBG : Le Minproff et Plan International Cameroon plaident pour l'adoption d'une loi
Body filler au Cameroun : le médecin qui dénonce est menacé :: CAMEROON
FRANCE :: À STRASBOURG, LE NDÉ CÉLÈBRE SA CULTURE, SON UNITÉ ET LE VIVRE-ENSEMBLE
FRANCE :: STRASBOURG : QUAND LA DANSE FOLKLORIQUE RÉVEILLE LES SOUVENIRS ET FAIT VIBRER L’ALSACE
il y a un mois
Biya en clinique suisse : et les hôpitaux camerounais ? :: CAMEROON
MONDE ENTIER :: Coupe du monde de la FIFA : la Colombie affronte la RDC :: WORLD
CAMEROUN :: Baloum : le chef, son fils et sept complices présumés en garde à vue :: CAMEROON
CAMEROUN :: Paul Biya, « prédateur de la liberté de la presse » :: CAMEROON
CAMEROUN :: « L'illettré » a réussi là où les « grands professeurs » ont échoué :: CAMEROON
il y a un an