Covid19 : Le Cameroun sous la menace d’une crise alimentaire
© Le Jour : Hiondi Nkam IV | 13 Apr 2020 09:58:00 | 2476Selon Bernard Njonga, expert du monde rural, si rien n’est fait pour activer la production agricole locale, le Corona virus conduira le pays vers une crise alimentaire plus virulente que le virus lui-même.
Personne ne peut à ce jour prédire du choc économique que pourrait induire l’actuelle crise sanitaire provoquée par le virus du Covid 19. Les figures les plus optimistes anticipent déjà une croissance nulle pour 2020 dans un pays comme le Cameroun encore tributaire d’une économie fortement extravertie. D’autres questions de survie interpellent. Le Cameroun pourra-t-il supporter le choc d’une crise alimentaire?
La réponse que fait Bernard Njonga, expert agricole et Président du CRAC (Croire au Cameroun) est des plus préoccupante : « Au Cameroun, les stocks de réserve n’existent nulle part. Si oui, ceux constitués par les importateurs pour les fins spéculatives, aux dépens non seulement des productions locales et de la sécurité alimentaires, mais aussi du pouvoir d’achat des populations. Il faut le dire pour le regretter, cette situation régulièrement décriée par la société civile est malheureusement soutenue par les pouvoirs publics qui vont jusqu’à accorder des facilités fiscales et administratives aux importateurs. Des coopératives en faillite à l’instar de l’UCCAO à Bafoussam qui après avoir mis la clef sous le paillasson, ont mis leurs magasins à la disposition des importateurs de denrées. »
Pour éviter la pénurie alimentaire, les états font généralement appel aux stocks de vivres qui ont été constitués soit au niveau des coopératives, des collectivités, des distributeurs, des exportateurs ou encore au niveau des industries agroalimentaires. Ces stocks sont constitués des produits du terroir et non des produits importés. Ces stocks sont connus en termes de lieu de stockage, de qualité et quantité et sont rapidement mobilisables pour alimenter les marchés en rupture de stocks où qu’ils se trouvent et ceci sans aucune spéculation. Ce sont ces réserves qui manquent cruellement et qui pourraient faire le lit des spéculations massives issues des importations.
« Dans la frénésie de l’heure, les importateurs et le Mincommerce sont en première ligne et jouent les acteurs de la scène. Ils sont visibles tant pour contrôler les prix que pour contrôler les stocks. Rien ou presque ne se dit concernant les productions locales. Et pourtant on sait que cette approche basée sur les importations est plus que risquée car ce n’est qu’en contrôlant la production locale qu’on peut contrôler les prix, les quantités ou encore les répartitions », explique Bernard Njonga.
Comme une lueur d’espoir, on constate que les populations prennent de plus en plus conscience des risques que représente le COVID-19. Après cette prise de conscience, ontelles des solutions qui ne leur soient pas suicidaires? « 90% de la foule qu’on trouve sur le marché de Mokolo ou de New Bell par exemple, vivent au jour le jour en cherchant à tirer leur pain quotidien des dynamiques morales ou immorales de ces marchés », rajoute l’expert.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Virginie Sonya, 24 ans, tuée par son ex-compagnon en Allemagne
Les enjeux mondiaux des prochaines élections législatives en Russie
Cameroun : le major du bac C 2026 est d'Édéa
Cameroun - Eko Eko : « J'enquêtais sur un coup d'État sur ordre de Paul Biya »
Cameroun - Tazih Robinson :«Apprendre un métier, maîtriser une compétence, entreprendre et créer"
il y a un mois
Afrique - Pourquoi l'Occident vous ment sur l'huile de palme
Cameroun - Succession Biya : Franck contre Ngoh Ngoh, la guerre des clans
Cameroun - DISSIPATION DE LA CONFUSION ENTRE LE SUBJONCTIF IMPARFAIT ET LE SUBJONCTIF PLUS-QUE-PARFAIT
Cameroun - Michel Ange Angouing : « La vérité affranchit »
Cameroun - Yaoundé 6 : Le Pont - Vallée Tam-tam paralysé par une montagne d'ordures ( texte et vidéo)
il y a un an