Actualités

Allo Docteur Diaspora économie françaiscamer françafrique Géopolitique insolite LE SAVIEZ-VOUS Panafricanisme Politique Sérail

Culture

Art cinéma livre musique

Expression libre

débat droit point de vue

Au Cameroun, des élections législatives sans suspense mais sous tension

Les élections législatives camerounaises se déroulent dimanche sans suspense. Dans un contexte tendu, le taux de participation sera scruté, tout comme le nouveau visage de l'opposition dans la future chambre basse du Parlement.
Publicité

Les Camerounais élisent, dimanche 9 février, leurs députés et conseillers municipaux, des scrutins que devrait emporter confortablement le parti de l'inamovible président Paul Biya dans un pays en proie à de violents conflits, séparatiste dans l'ouest anglophone et contre les jihadistes dans l'Extrême-Nord.

L'enjeu des résultats résidera donc essentiellement dans le niveau de participation, une partie de l'opposition ayant appelé au boycott et les violences risquant de dissuader les électeurs d'aller aux urnes dans l'ouest et le nord.

À Buéa, le chef-lieu du Sud-Ouest, l'une des deux régions où se concentre la minorité anglophone du pays, les bureaux de vote étaient quasiment déserts une heure après leur ouverture à 8 h. Policiers et soldats, déployés en nombre, sont en revanche partout dans la ville. Dans le bureau de l'école publique francophone du quartier de la garnison militaire, une quarantaine de policiers assurent ainsi la sécurité.

Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où militaires et groupes armés indépendantistes s'affrontent depuis trois ans, connaissent une "hausse des homicides (...) à l'approche des élections", mettait en garde vendredi Amnesty International.

Ces combats, mais aussi les exactions et crimes commis par les deux camps, selon les ONG, ont fait plus de 3 000 morts depuis 2017 et forcé plus de 700 000 personnes à fuir leur domicile.

Un scrutin qui ne déchaîne pas les foules

Dans ces deux régions, où seulement 5 % et 15 % des inscrits avaient voté à la présidentielle de 2018 en raison de l'insécurité et du boycott par les partisans de l'indépendance, des groupes armés ont appelé les populations à ne pas voter et font tout pour les en dissuader, laissant redouter des violences dimanche. Yaoundé a récemment dépêché des centaines de soldats en renfort.

"L'armée du Cameroun s'est livrée à un regain de violence ces dernières semaines, qui a donné lieu à des dizaines d'homicides et contraint des milliers de personnes à quitter plusieurs zones des régions anglophones", assure Amnesty International, accusant aussi les séparatistes armés de "continuer à perpétrer des crimes graves".

Des inquiétudes planent également sur la sécurité des bureaux dans la région de l'Extrême-Nord, où les attaques du groupe jihadiste Boko Haram se sont intensifiées ces trois derniers mois.

Ailleurs dans ce pays d'Afrique centrale, où 75 % des quelque 24 millions de Camerounais ont moins de 35 ans et n'ont connu qu'un seul président, Paul Biya, 86 ans dont 37 au pouvoir, le double scrutin ne déchaîne pas les foules.

À Yaoundé, à l'ouverture dans le quartier musulman de la Briqueterie, près du centre de la capitale, ce n'est pas l'affluence devant les bureaux de vote. "Je veux faire mon devoir de citoyen", se contente de commenter Abdias Lah, parmi quelques rares électeurs dans une grande école, avant de se rendre à l'église.

Quel visage pour l’opposition ?

L'un des deux principaux partis d'opposition, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto, adversaire malheureux de Paul Biya à la présidentielle de 2018, boycotte le scrutin. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) du chef de l'État est quasiment assuré de rafler la mise une nouvelle fois – il jouit déjà d'une majorité écrasante à l'Assemblée nationale, avec 148 sièges sur 180.

Outre la participation, et le possible changement de camp de quelques municipalités, c'est le visage de l'opposition – très divisée – dans la future chambre basse du Parlement qui intéressera les Camerounais.

Les candidats d'une myriade de partis d'opposition – 49 en comptant les deux scrutins – avaient enchaîné les débats et les grands oraux sur les chaînes de télévision durant la campagne. Les regards se tournent vers le premier parti d'opposition représenté dans l'Assemblée sortante, le Social Democratic Front (SDF), qui compte actuellement 18 députés.

Mais le SDF, plutôt implanté dans les zones anglophones, est sous la pression des mouvements indépendantistes qui lui reprochent de préférer une solution fédéraliste, que rejette Paul Biya, et de participer au scrutin.

Le SDF doit également faire face à la concurrence du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) du jeune opposant Cabral Libii, arrivé troisième à la présidentielle de 2018 et candidat aux législatives dans le centre du pays, dans une région dont il est originaire et où il part favori.

En l'absence de risque pour la majorité au Parlement, la presse se focalise sur les mairies. Certaines grandes villes, dont Douala, la capitale économique, pourraient ainsi passer à l'opposition.

Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp 

data-article="auto">

partenaire

Vidéo de la semaine

Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026

Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris

TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026

AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON

GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris

Vidéo

Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles

WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir

Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires

Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise

Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur

il y a une semaine

il y a un mois

il y a un an