Zamboï : le gouvernement confirme 4 Camerounais morts
© Camer.be : Onana Nestor | 19 août 2026 21:51:32 | 3437Le gouvernement camerounais confirme la mort de quatre compatriotes dans l'effondrement de la mine de Zamboï. René Sadi annonce le transfert des corps et la prise en charge des blessés.
Par un communiqué officiel publié ce mercredi 19 août 2026, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, a confirmé la mort de quatre ressortissants camerounais dans l'effondrement de la mine d'or de Zamboï, à la frontière entre le Cameroun et la République centrafricaine, et a détaillé les mesures d'urgence prises par les autorités.
« Le Gouvernement tient à souligner la présence de deux localités homonymes de part et d'autre de la ligne démarcatrice. »
La précision est essentielle. Pour éviter toute confusion, le ministre René Emmanuel Sadi rappelle que le drame s'est produit du côté centrafricain de la frontière. Une distinction cruciale alors que l'émotion et les interrogations montent des deux côtés du fleuve Kadéï.
UN DRAME AUX PORTES DU CAMEROUN
L'accident s'est produit le mardi 18 août 2026 vers 14 heures sur un chantier d'extraction d'or situé dans le village centrafricain de Zamboï. Le site, une mine d'or artisanale à ciel ouvert, s'étend sur plusieurs hectares à cheval entre le Cameroun et la République centrafricaine, les deux parties étant séparées par le fleuve Kadéï.
Les vidéos du drame, partagées sur les réseaux sociaux, montrent une importante masse de terre s'effondrer et ensevelir sur son passage plusieurs orpailleurs artisanaux. « C'est catastrophique ! Le sol s'est complètement écroulé et a enseveli des gens », a témoigné à l'AFP Cédric Mbango, un mineur de la mine de Zamboï.
Les autorités locales font état d'au moins 107 corps extraits des décombres. Des dizaines d'autres mineurs sont toujours portés disparus, et les opérations de recherche se poursuivent.
LE GOUVERNEMENT CAMEROUNAIS CONFIRME QUATRE MORTS
Dans son communiqué numéro 0000037, le ministre René Emmanuel Sadi confirme officiellement la présence de ressortissants camerounais parmi les victimes. Selon les autorités, quatre Camerounais ont perdu la vie dans cet éboulement.
Les dépouilles de ces quatre compatriotes ont déjà été transférées à Garoua-Boulaï, dans la région de l'Est du Cameroun. Des blessés camerounais sont également pris en charge.
Le gouverneur de la région de l'Est, Grégoire Mvongo, a indiqué travailler « en étroite collaboration avec nos collègues centrafricains pour gérer les suites de ce drame ». Il a précisé que le gouvernement faisait « tout le possible pour sauver les victimes ».
UN DISPOSITIF D'URGENCE COORDONNÉ
Face à l'ampleur de la tragédie, le gouvernement camerounais a activé un dispositif d'urgence en plusieurs volets :
1. Le transfert des dépouilles : les corps des quatre Camerounais décédés ont été rapatriés à Garoua-Boulaï.
2. La prise en charge des blessés : les autorités locales ont reçu des directives pour organiser l'accueil d'urgence et assurer les soins médicaux des blessés rapatriés.
3. L'identification des victimes : les services compétents sont mobilisés pour identifier l'ensemble des victimes camerounaises.
4. La sécurisation de la zone : des mesures préventives ont été arrêtées pour prévenir tout trouble à l'ordre public lié aux mouvements de population dans la zone frontalière.
DES CAUSES MULTIPLES
Les autorités judiciaires centrafricaines ont ouvert une enquête. Selon le parquet de Baboua, l'éboulement aurait été provoqué par « l'effondrement de plusieurs galeries souterraines dans lesquelles des mineurs opéraient ».
Adamou Abdon, maire de Garoua-Boulaï, a également indiqué que de fortes pluies s'étaient récemment abattues sur la localité, fragilisant les sols. L'exploitation artisanale, qui se fait sans normes de sécurité, est régulièrement pointée du doigt pour sa dangerosité.
UN DRAME QUI RELANCE LE DÉBAT SUR L'ORPAILLAGE
Ce drame n'est malheureusement pas un cas isolé. La région de l'Est du Cameroun et la frontière centrafricaine sont le théâtre d'une ruée vers l'or qui attire des milliers d'orpailleurs, souvent dans des conditions précaires.
Des Camerounais, des Centrafricains, mais aussi des Tchadiens, des Maliens et des Burkinabè se côtoient sur ces sites. Le gramme d'or se vend entre 25 000 et 30 000 FCFA. Un prix qui fait rêver, mais au prix de vies humaines.
La présence d'un camp du Bataillon d'Intervention Rapide (BIR) à quelques encablures du site et d'un dispositif de contrôle mixte n'a pas suffi à empêcher la tragédie.
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