Cameroun - Dialogue national et Banalité de la neutralisation politique à Yaoundé
© Correspondance : CL2P | 26 Sep 2019 07:00:00 | 2039Le «grand dialogue national», également connu précédemment sous le nom de «tripartite», caractérise les utilisations stratégiques du divertissement politique et les méthodes restrictives du régime de Yaoundé. C’est un usage des médias et du divertissement politique pour maintenir le contrôle social et des normes politiques hégémoniques. En fait une autre forme de régulation biopolitique rationalisée, enchâssée dans la gestion corporelle, qui contrôle les formes politiques de visibilité et d’invisibilité pour des citoyens (devenus ou transformés en) consommateurs.
En pratique par conséquent, le «grand dialogue national» est un autre moyen pour le régime de Yaoundé de gérer et de promouvoir la banalité politique, tout en masquant la violence de l’État et la capacité réduite voire l’étouffement de l’opposition légitime. Le CL2P comprend parfaitement cette forme cynique de réalité autorisée et refuse de s’inscrire dans la campagne de relations publiques du régime de Yaoundé, puis d’endosser la propagande idéologique du mythe de la « démocratie apaisée » et de la « transparente » sans la libération et la participation de prisonniers politiques reconnus par notre organisation.
Dit simplement, ce « grand dialogue national » est à nouveau une autre forme de censure par un semblant transparence (via des consultations préliminaires), et rien de plus qu’une version organisée de la politique camerounaise selon la seule volonté du régime tyrannique de Yaoundé. Le CL2P n’est pas dupe de l’importance de conserver le pouvoir à tout prix et l’influence nécessaire, à travers la propagande orchestrée pour le régime de Yaoundé.
Au cours des 37 dernières années, ce régime a de la sorte réussi à vendre de la « démocratie apaisée » et à façonner des récits hégémoniques utiles au maintien du système totalitaire. En fait, le « grand dialogue national» est une forme de marché de dupes et de vente du régime de Yaoundé, visant notamment à remplacer les véritables politiques démocratiques et les délibérations publiques. Il s’agit d’un dialogue national qui justifie l’oppression qu’a constamment nié le régime lui-même. C’est un lieu où la notion de « Parler-Vrai » est perçue comme une insulte ou un acte de déloyauté envers le régime en place, qui ne comprend absolument rien d’autre que les actes d’acclamation et les motions de soutien.
C’est pourquoi le CL2P affirme que pour un vrai dialogue national, la participation doit être démocratique et inclusive, y compris les prisonniers politiques reconnus par notre organisation. En effet tous les citoyens camerounais actifs ont non seulement le droit de participer et d’exercer leurs devoirs civiques, mais également d’être compris sans d’autre forme de procès. Tout le reste n’est et ne sera qu’une autre expression de monologue et de monopolisation du pouvoir, en lieu et place d’une pratique collective de la démocratie véritable.
Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques – CL2P
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