Cameroun - Grand Nord : Boko Haram prend en otage le tourisme
© Mutations : Jacques Kaldaoussa | 06 Jun 2019 15:33:00 | 3999Les menaces sécuritaires de cette secte islamiste nigériane ont placé le Nord du pays dans la zone rouge.
Depuis que trois départements des régions septentrionales (Mayo-Tsanaga, Mayo-Sava, Logone et Chari) sont sous la menace de la secte Boko Haram il y a déjà plus de cinq ans, le tourisme est en nette régression dans cette partie du Cameroun. Il serait utopique d’évoquer une quelconque activité touristique et culturelle. Après l’enlèvement de la famille Moulin- Fournier à Dabanga, près de Waza, la région de l’Extrême-Nord qui abrite l’essentiel des sites touristiques de cette partie du pays a été déclaré zone rouge et donc interdite aux touristes aussi bien nationaux qu’expatriés.
Les parcs nationaux de Bouba Ndjidda, du Faro et de la Benoué dans la région du Nord sont devenus des repères de braconniers qui tiennent tête aux soldats camerounais qui y assurent la garde. Les cases obus de Mourla, la chefferie de Pouss, le lac artificiel de Maga, les festivals internationaux Gourna et Massa, dans le Mayo-Danay tiennent encore le coup parce que le département n’est pas touché par les incursions de Boko Haram. Au parc national de Waza, les pics de Mindif et de Roumsiki, la danse des femmes coiffées de calebasses et le marché pittoresque de Tourou ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes.
De l’avis de Jean Bello, délégué départemental du tourisme et des loisirs du Mayo-Sava, « on essaie de broder avec quelques festivals départementaux des arts et de la culture pour faire revivre le tourisme mais ces rassemblements se font avec la peur dans le ventre. Les festivaliers préfèrent inviter ces grands groupes culturels loin de la zone rouge ».
Selon ses explications, quelques touristes expatriés ont tenté de visiter des sites mais en testant le dispositif de sécurité, ils se sont rendus à l’évidence que non seulement ce dispositif est léger et défaillant mais les voies de communication sont à l’abandon et les sites ne sont plus viabilisés depuis belle lurette.
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