Centrafrique - L'ex-chef de milice centrafricain Yekatom devant les juges de la CPI
© Avec : AFP | 23 Nov 2018 10:01:00 | 2757L'ancien chef de milice centrafricain Alfred Yekatom, surnommé "Rambo", comparaîtra vendredi pour la première fois devant la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis en Centrafrique.
La première comparution de M. Yekatom, député centrafricain et ex-chef de milices antibalaka, autoproclamées d'autodéfense, intervient une petite semaine après son transfèrement historique à La Haye, où siège la CPI.
Il a été remis à la Cour en exécution d'un mandat d'arrêt délivré le 11 novembre pour sa responsabilité pénale présumée dans des crimes de guerre et crimes contre l'humanité qui auraient été commis dans l'ouest de la Centrafrique entre décembre 2013 et décembre 2014.
C'est le premier transfèrement vers la CPI depuis l'ouverture de l'enquête sur la Centrafrique en septembre 2014.
Au cours de l'audience ce vendredi, prévue à 11H00 (10H00 GMT), la Cour vérifiera l'identité du suspect et la langue dans laquelle il pourra suivre les procédures. M. Yekatom, 43 ans, sera également informé des charges portées contre lui.
Sa faction, comme les autres milices antibalaka, s'était formée après 2012 quand la coalition à majorité musulmane de la Séléka a entamé sa campagne meurtrière depuis le nord du pays vers Bangui et renversé François Bozizé en 2013.
- "Rambo" -
Alfred Yekatom était notamment recherché pour avoir dirigé une attaque à Bangui le 5 décembre 2013, lorsque son groupe armé de fusils, de grenades et de machettes a attaqué des musulmans, tuant entre 6 et 13 civils, selon le mandat d'arrêt.
"Rambo", comme il était surnommé, ancien caporal-chef de l'armée centrafricaine, a selon l'ONU "exercé le contrôle direct d'une douzaine de points de contrôle tenus en moyenne par une dizaine de miliciens armés portant des uniformes et équipés d'armes de l'armée, notamment des fusils d'assaut militaires".
La CPI a elle affirmé qu'il dirigeait "environ 3.000" combattants et estime qu'il pourrait être tenu responsable de "meurtre", de "torture et traitements inhumains", de "mutilations", d'"attaques intentionnelles contre la population civile" et contre des bâtiments religieux.
La comparution à La Haye d'Alfred Yekatom est "une nouvelle étape importante dans la lutte contre l'impunité" en Centrafrique, s'est réjoui le Haut Commissariat aux droits de l'Homme de l'ONU.
Ce transfèrement est "une violation de ses droits les plus élémentaires", selon Me Régis Tiangaye, l'un de ses avocats. "Dans cette affaire, la justice internationale a poignardé la justice centrafricaine avec l'aide des autorités locales", a-t-il déclaré à l'AFP.
Depuis 2012 et le début de l'offensive qui a abouti à la prise de Bangui par l'ex-coalition de la Séléka, la Centrafrique est le théâtre de violences quasi quotidiennes qui ont forcé un quart des 4,5 millions d'habitants à fuir leur domicile.
Une mission onusienne de maintien de la paix, la Minusca, est déployée depuis 2014 et, prenant la suite d'une intervention militaire française, tente de préserver les civils.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Législatives 2027 : le scénario d'un nouveau report se précise
- MRC : après la victoire, la procédure de dédommagement
- Willy Mengue perd la bataille du mandataire ad hoc
- Cameroun-Suisse : après Page à Yaoundé, Datouo à Berne
- MRC : Willy Mengue et ses co-demandeurs désertent le tribunal pour la 2e fois
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Russie - Lavrov à l’Europe : « La guerre sera très courte »
Ukraine : Zelensky réclame 27 milliards, l'Europe s'interroge
Villes intelligentes et économie mobile Comment l'Afrique Centrale accélère sa transition numérique
États-Unis - 25 ans après, New York commémore le 11 septembre 2001 au Pentagone
Cameroun - Inondations Douala 5e : Sable et Bonamoussadi sous les eaux
il y a un mois
Cameroun - Joël Émile Bamkouï : le retour de l’ex-patron du renseignement
Cameroun - Paul Biya de retour à Yaoundé jeudi 20 août, annonce RFI
Sénégal - Officiel : Patrick Vieira prend les commandes des Lions de la Teranga
Crise des droits TV, Afrique subsaharienne : Les supporters se tournent vers les solutions mobiles
Cameroun - Matricide à Yaoundé : Landry Batek Yebel condamné à mort
il y a un an