Cameroun - Crise Anglophone : Pourquoi Mancho Bibixy et Cie sont maintenus en prison
© Le Messager : Christian TCHAPMI | 28 May 2018 10:45:54 | 9462Près de deux ans après leur arrestation dans plusieurs villes du Cameroun et leur mise en détention à la prison centrale de Kondengui, le procès de l’animateur radio et ses coaccusés piétine. Entre réquisitoires du ministère public et plaidoiries de conseil de la défense, le sort de ces leaders anglophones accusés d’avoir conduit des mouvements d’humeur dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, se dessine en pointillé.
Procès kafkaïen ? Cela en a tout l’air. Comparer le chemin de croix des leaders anglophones devant le prétoire à la trame de fond de l’ouvrage du célèbre auteur pragois Frantz Kafka, ne serait pas une hyperbole. Bien au contraire, les similitudes entre les deux clichés sont révélatrices de la complexité de ce dossier. Le trajet entre la prison de Kondengui et le Tribunal militaire de Yaoundé est devenu un exercice banal pour Mancho Bibixy et ses six compagnons d’infortune accusés de terrorisme, hostilité contre la patrie, sécession, pillage en bande, outrage à corps constitué et aux fonctionnaires de l’Etat, dégradation de biens, assassinat, révolution, insurrection et rébellion.
Plus d’un an et demi après leur incarcération, ces hommes dont les familles portent le fardeau de l’angoisse au quotidien, restent maintenus en prison. La mise en liberté le 31 août 2017, d’une trentaine de ces manifestants pointés du doigt comme les instigateurs des mouvements de revendications qui ont secoué en décembre 2016 les deux régions anglophones du Cameroun, avait laissé croire que le célèbre animateur radio et la vingtaine d’autres prisonniers, seraient relaxés dans les semaines qui suivaient. Que non !
Mandat de mise en liberté
Leur calvaire est loin d’être terminé. Paul Biya, en prenant cette décision taxée de courageuse par ses « créatures », avait juste voulu faire baisser la pression, quelques jours avant la rentrée scolaire. D’ailleurs que la date n'était pas un hasard. En 2016, les élèves des régions anglophones n'ont pas eu de cours pendant de longs mois et le pouvoir de Yaoundé semblait vouloir éviter un scénario similaire. A preuve, depuis la relaxation de l’avocat Agbor Balla, les autres qui n’ont pas bénéficié de l’arrêt des poursuites décidé par le président de la République, croupissent à la maison d’arrêt de Kondengui, condamnés à se présenter aux innombrables et interminables audiences pour lesquels ils sont appelés à comparaître.
La dernière en date remonte à mercredi 25 avril où le dénommé Awanatuo Zacheus Kambeh a été acquitté par la Cour. Une sentence insignifiante aux yeux de ses désormais ex voisions de cellule. Le Messager a appris que le Tribunal va délivrer un mandat de mise liberté pour que celui-ci puisse quitter définitivement la Prison centrale de Yaoundé. Mancho Bibixy et les six autres manifestants, eux, ont été reconnus coupables de la majorité des actes incriminés, notamment, ceux susceptibles d’induire la peine capitale.
Sauver le Cameroun de la guerre civile
Au mois de mars dernier, l’animateur radio et enseignant d’histoire n’avait pas souhaité relater les évènements qui l’ont conduit derrière les barreaux. Il s’est juste contenté de déclarations semblables à un plaidoyer. « Je crois que le problème de mon pays est politique et nous avons proposé une solution politique. Nous avons été arrêtés alors que nous faisions des déclarations politiques. A un certain moment, le gouvernement a fait preuve de bonne foi en ouvrant le dialogue.
Plus tard, il a choisi d’arrêter les protestataires. Mon cœur est lourd parce que mon pays se trouve presque dans la guerre civile. Nous nous retrouvons dans ce tribunal à cause de l’échec des hommes politiques. Je demande donc à ce tribunal de trouver des solutions politiques afin de sauver notre pays de la guerre civile », avait-il déclaré en guise de défense.
Et de poursuivre, « A l’heure où nous parlons, civils et militaires s’entretuent. Nous n’avons pas besoin de toutes ces tueries avant de reprendre le dialogue. Je vous prie donc, Madame la présidente, de jouer votre rôle, d’ouvrir une voie pour permettre aux anglophones détenus de rentrer chez eux libres. Je vous promets, Madame, que nous les anglophones détenus, une fois libérés, nous allons aider le gouvernement à restaurer la paix dans tous les domaines. » Affaire à suivre !
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- IMPACT 100 : la députée dissidente Nourane Foster se lance dans la bataille politique
- Ngoh Ngoh, l'homme qui signe à la place de Biya
- Absence de Biya : Mamy Nyanga applaudit le système
- Biya absent depuis 2 mois : Akere Muna hausse le ton
- Absence de Paul Biya : le malaise gagne les chancelleries
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Afrique - Visa US à 20 000 $ : 30 pays africains sur la liste
Monde Entier - ONU : Macky Sall déjà distancé par deux femmes
Espagne - Ceuta : quand la migration devient arme géopolitique
France - AICHA SOL, LE VISAGE D’UNE ICONE ET DE LA CULTURE AFRICAINE
Cameroun - Rivalité présumée : Ngoh Ngoh et Baboke s’affichent unis
il y a un mois
Maroc : « Nous ne représentons pas l'Afrique », déclare le ministre des Sports
Cameroun - Baccalauréat 2026 : Le taux de réussite dégringole de 5 points
Cameroun - Faux décret : Oswald Baboke auditionné par la DSP, une tentative de coup d'État ?
« Match truqué » : Hossam Hassan accuse la FIFA après Égypte-Argentine
Maroc-Afrique : La rumeur qui a enflammé les réseaux sociaux
il y a un an