Cameroun - Laurent Esso à Bruxelles : Une rencontre instructive, émaillée d’incidents
© Correspondance : Ndjama Benjamin | 07 Aug 2017 11:05:41 | 6005Au moment où j’arrive au siège de l’ACP où se tient la conférence de presse des membres du gouvernement camerounais, notamment Laurent Esso, Ministre d’Etat, ministre de la justice garde de sceaux et lejeune Mbelle Mbella ministre des relations extérieures venus parler à la diaspora, j’accuse un léger retard. Il est à peu près 15 h 30. La zone est bouclée par la police. Je suis accompagné d’un compatriote. Nous parvenons malgré tout à nous rapprocher du bâtiment où se tient la conférence de presse. On nous interdit d’y pénétrer.
Une policière Bruxelloise nous explique pourquoi : Une conférence de presse s’y tient, il y a eu des actes de violence.
Une foule surexcitée composée de Camerounais se réclamant du peuple dit d’Ambazonie manifeste devant la siège de l’ACP. Combien sont-ils ? 50 personnes environ. Ils soulèvent le drapeau de l’Ambazonie et les photographies de personnes torturées ou tuées. Un rituel devenu classique dans ce genre de manifestation. Quand les minorités turques manifestent à la gare centrale de Bruxelles elles brandissent les photographies de personnes torturées.
Il n’avait pas échappé à ma vigilance que toutes les personnes qui manifestaient devant le siège de L’ACP s’exprimaient en anglais. Je voyais ici et là un riverain qui sortait la tête de la fenêtre. Certains riverains applaudissaient en signe d’approbation. Comprennaient-ils les enjeux de cette manifestation ? On peut imaginer qu’ils applaudissaient sous l’instruction d’un sentiment <<droit de l’hommiste>>.Ils voyaient des individus brandir des images de personnes torturées. ça ne laisse pas indifférent dans une vieille démocratie comme la Belgique.
Mon compatriote et moi parvenons malgré tout avec une certaine obstination à persuader les policiers présents de nous laisser entrer dans l’immeuble de l’ACP.L’ambiance est électrique au niveau du hall.La police devient nerveuse. Nous voyons justement au niveau du hall, un individu plaqué au mur par 4 policiers : <<Un citoyen>> de l’Ambazonie. L’homme est très costaud et difficile à maîtriser même par 4 policiers. Un policier nous explique que c’est ce monsieur qui a blessé quelqu’un dans la salle. Bien que nous soyons déjà au niveau du hall nous n’avons pas encore la garantie d’entrer dans la salle où se tient la conférence de presse. Il y a plusieurs barrières. Des responsables de l’ambassade demandent à la police de nous laisser passer. La conférence de presse commence tout juste. Les manifestants ont été chassés de la salle. Le calme est revenu. L’ambiance est lourde et pesante. Ce qui vient de passer est désolant.
L’ambassadeur essaye de rassurer les ministres présents arguant que les individus qui ont perturbé la conférence ne représentent pas la diaspora camerounaise de Belgique. La véritable diaspora est composée d’individus sérieux. Ce sont les personnes présentes dans la salle. Il y avait environ 250 personnes. Le nombre augmentait au fil du temps qui passait. Plusieurs personnes ont eu des difficultés pour s’approcher du bâtiment de l’ACP et ont dû rebrousser chemin.
Les ministres prendront eux aussi la parole pour exprimer leur désolation et condamner ce genre d’agissements. Le ministre des relations extérieures appréciera la maîtrise avec laquelle l’ambassadeur du Cameroun auprès du royaume de Belgique S.E Daniel Evina ABE’E a géré l’incident.
Venons-en à l’incident de la soirée. Un groupe d’individus se réclamant de l’Ambazonie a investi la salle de conférence tout au début de l’évènement et s’est mis à faire du désordre devant les ministres et l’ambassadeur. Une bagarre s’en est suivie. Un compatriote a été roué de coups et a perdu connaissance. Venu en retard je n’ai assisté à l’incident. Par contre j’ai rencontré pendant le buffet offert par l’ambassadeur, le compatriote qui avait été roué de coups , il m’a raconté son histoire. Il était entrain de lire un document où se trouvait un logo de l’Etat du Cameroun, quelqu’un s’est approché de lui et lui a demandé de ne plus lire ces sottises. Il refusé d’obtempérer. C’est suite à son refus de céder aux injonctions des manifestants que plusieurs personnes se sont mises à lui donner des coups. Il est tombé par terre et a perdu connaissance. Au moment où notre compatriote était par terre totalement assommé, <<les citoyens>> de l’Ambazonie le filmaient. L’incident passait en direct sur Facebook. Les membres de sa famille restés au pays l’observaient étalé par terre. Paniqués au regard de ce spectacle dont la victime était l’un des leurs ils se sont mis à téléphoner. Le compatriote assommé a été transporté et conduit à l’hôpital où il a finalement retrouvé connaissance. Il a eu le courage de revenir au siège de l’ACP.
Les manifestants expulsés de la salle, la conférence de presse s’est finalement tenue dans le calme et le respect mutuel. Il y avait dans les interventions des ministres, celui de la justice et celui des relations extérieures un souci de franchise et de pédagogie. Ils ont tenu tour à tour dans leurs communications respectives à clarifier les enjeux de leur tournée. Ils ont fait un Etat des lieux du problème dit anglophone qui était le thème central de la conférence de presse. Nous avons eu droit à un exposé détaillé des revendications des anglophones y compris celle réclamant le départ de Laurent Esso du gouvernement. Une revendication qui a fait rigoler le principal concerné. Pour répondre à certaines revendications considérées comme recevables le gouvernement a initié des reformes sur lesquelles se sont longuement attardés les ministres présents non sans signaler la difficulté de la tâche.
Le ministre d’Etat Laurent Esso et le ministre des relations extérieures Lejeune Mbella Mbella ont réaffirmé avec force parfois sous les applaudissements du public l’attachement du gouvernement à l’indivisibilité du pays.
Les exposés des ministres ont été suivis d’un jeu de questions-réponses avec public. Le ton était libre et critique mais respectueux.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Cameroun - Paul Biya reçoit les championnes d'Afrique ce samedi
Cameroun - Lionnes au Palais : sacre historique, selfie interdit
Paul Biya 93 ans : de retour au Cameroun, que va-t-il faire ?
Cameroun - SNH-SCDP : le scandale qui fait exploser les prix
Cameroun - Manchester United s'offre Carlos Baleba pour 75 M€
il y a un mois
Tentative de coup d'État au Cameroun : qui est Sani Mouhamadou ?
France - FESTIVAL EMUNÈ KWAMBÈ 2026: à Villejuif, la diaspora Sawa écrit une nouvelle page de son histoire
Cameroun - Mvondo Ayolo : « Ceux qui attendent la mort de Biya partiront avant lui »
Gabon - Affaire Bongo : Sonia Rolland rattrapée par un appartement offert en 2003
France - PARIS CROISIÈRE : LE TRIOMPHE D'UN COUPLE, LA FORCE D'UNE COMPLÉMENTARITÉ
il y a un an