Cameroun - EXTRÊME-NORD : Beti Assomo au front contre l’indiscipline
© Integration.org : Jean-René Meva’a Amougou | 27 Jun 2017 07:11:07 | 4656
Après avoir reçu des explications des chefs militaires de la ligne de combat contre la secte terroriste nigériane, le Mindef a esquissé une grille de solutions.
Officiellement, le séjour de Joseph Beti Assomo dans certains postes militaires de la région de l’Extrême-nord avait un agenda dépouillé. Selon le communiqué qui annonçait cette descente dans cette partie du pays, il était question pour le ministre délégué à la présidence de la République en charge de la Défense (Mindef) de faire le point sur les opérations militaires en cours dans la lutte contre la secte Boko Haram d’une part et de dire toute la reconnaissance de la nation aux soldats d’autre part. Le communiqué galvaudait suffisamment la vraie raison du déplacement du Mindef (en posture d’envoyé spécial du chef de l’Etat, chef suprême des forces de défense camerounaises). De sources dignes de foi, l’on apprend que le thème de l’indiscipline dans les rangs des soldats est revenu en boucle partout où il est passé.
Psychologie des effectifs
Des informations qui ont filtré des huis clos avec les chefs militaires au front, il ressort que Joseph Beti Assomo a voulu comprendre les causes des insubordinations de certains éléments. A travers les réponses qui lui ont été fournies par les officiers supérieurs, le Mindef a appris que «toute guerre a ses mutins et la guerre contre Boko Haram n’échappe pas à cela».
Pour expliquer cet état de fait, les interlocuteurs du «représentant de Paul Biya» ont emprunté au contexte militaire à l’Extrême-nord. Selon eux, celui-ci est propice à l’émergence de ces cas d’insubordination. Ils sont d’abord la conséquence de la dureté des conditions de vie. Le climat, les permissions peu nombreuses et souvent retardées, l’état lamentable des cantonnements de repos, le contact permanent avec le sang et la mort, sont autant de raisons qui poussent les soldats au mécontentement.
A Kolofata par exemple, il a été signifié à Joseph Beti Assomo que «la lassitude gagne les soldats qui voient la guerre se prolonger alors que les officiers leur avaient fait la promesse que le conflit serait court». A la base du Bataillon d’intervention rapide (Bir) de cette ville frontalière du Nigéria, de nombreux officiers se sont accordés pour donner une explication apolitique des «mutineries».
A les en croire, ces dernières seraient davantage la démonstration d’un sentiment de détresse extrêmement profond plus que l’expression d’une adhésion à un discours révolutionnaire. Commentant les comportements de la bande qui a pris d’assaut la route reliant Kousséri à Maroua en début du mois en cours, un haut-gradé a fait valoir que la difficulté principale pour connaître ces événements réside dans le fait qu’il s’agit d’actions qui ne sont pas préparées et annoncées à l’avance.
Solutions
«Dans la victoire comme dans la défaite, la discipline est un élément fondamental au bon fonctionnement des armées», a martelé le Mindef à chaque étape de son périple dans l’Extrême-nord. Il a proscrit le «syndicalisme» au sein de l’armée. Selon lui, il recèle un danger potentiel: celui de la division en une multitude de courants qui viendraient rompre l’unité des contingents. «Laisser des courants d’opinions variés s’affirmer dans les rangs, c’est cultiver des ferments de division», a insisté Joseph Beti Assomo.
Dans la foulée, ce dernier a suggéré aux officiers supérieurs de savoir distinguer des cas de «réelle rébellion » de ce qui peut n’être que l’expression d’un refus de la discipline ou d’un simple mal-être, et veiller à limiter les effets pervers de celui-ci, capables selon lui de nuire à la cohésion dont ont besoin les contingents au front.
Pour cela, il a émis l’idée d’encouragement via un système de récompenses et de punitions. Afin d’obtenir l’adhésion en plus de l’obéissance, il a promis prendre des dispositions pour améliorer les conditions de vie des hommes. Entre autres, il a notamment évoqué la construction de nombreux baraquements, l’élévation du taux des permissions, l’amélioration de la logistique de manière à permettre un meilleur ravitaillement en matériel et en nourriture.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Universités bloquées : le SYNES dit non à Fame Ndongo
- Inaya, 2 ans et demi, morte à l'école maternelle de Bafoussam
- Indira Baboke admise à la Fonction publique : mérite ou passe-droit ?
- Salon de l’Orientation et des Métiers : une deuxième journée axée sur l’insertion professionnelle
- Drame à Foumbot : un repas de kontchap tourne au deuil
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Afrique - Sahel : Moscou accuse Paris et Kiev de soutenir les djihadistes
Cameroun - Douala : 2 bandits tués par la foule après un braquage
Cameroun - Drame à Balessing : une mère de 28 ans assassinée ?
Succession dynastique au Cameroun : le scénario secret
Cameroun - Affaire Martinez : la guerre des vérités éclate
il y a un mois
Cameroun - Effoudou : « La DGRE est venue me tuer en France »
Cameroun - Faux capitaine arrêté à Maroua : le butin militaire
Cameroun - Conflit Baboke-Ngoh Ngoh : la guerre cachée d'Etoudi
Cameroun - DGRE : Sani Mouhamadou aurait-il menti sur ses diplômes ?
Cameroun - Thomas Nkono : « Vive les Lionnes ! » après l'exploit
il y a un an