Cameroun: 2018 nous parle :: CAMEROON
© Le Messager : Jean François CHANNON | 17 Jun 2017 16:05:00 | 8332Après 34 ans de règne absolu, Paul biya peut-il être éjecté du pouvoir au Cameroun ? question intrigante que beaucoup de citoyens doivent inexorablement se poser si l’on scrute leur subconscient collectif.
Par la force d’un coup d’Etat ou d’une insurrection populaire la repose est non ! Et à ce propos, il y a lieu de comprendre que « L’Homme du 6 novembre 1982 » a mis en place des fondements et mécanismes si solides de conservation de son pouvoir que même l’aventurier le plus téméraire ne saurait les subjuguer.
L’ensemble des forces de défense et de sécurité du Cameroun sont au service d’un homme : Paul biya. Depuis la douloureuse et sinistre tentative de coup d’Etat du 06 novembre 1984, l’actuel président du Cameroun a consolidé une assurance digne d’une forteresse autour de lui, au point où aucune unité d’élite des forces de défense ne pourrait l’atteindre quand elle aurait décidé de choisir le funeste chemin de prendre le pouvoir par la force au Cameroun, et de tenter d’écarter ainsi arbitrairement l’actuel locataire du Palais de l’Unité.
Depuis avril 1984, la Garde républicaine qui avait trahi tout un peuple, en organisant une mutinerie contre les institutions républicaines a été dissoute et démantelée. La Garde présidentielle qui comprend des éléments de toutes les composantes des forces de défense a été mise en place. A la fois corps d’élite et puissance spéciale, la GP est depuis l’un des socles solide de la conservation et de la protection du président. Au fil des ans, elle a réussi à rester « toujours parée » (comme l’indique d’ailleurs son slogan, et a marqué sa fidélité jamais démentie au Prince ; au point de se montrer dans les premières décennies du régime biya incontournable.
Cependant, très astucieux, Paul biya n’a pas voulu se laisser garder et « contrôler » par cette seule unité d’élite à son service. C’est ainsi qu’en même temps il est parvenu à mettre en route une réforme de l’armée camerounaise qui a définitivement abouti au début des années 2000, « le Grand Manitou » a fait émerger une autre solidité d’élite qui lui est plus qu’entièrement dévouée. Le bataillon d’intervention rapide (bir), qui est en effet une armée d’élite placée directement sous l’autorité du chef d’état-major particulier du président de la République, constitue en quelque sorte l’unité d’élite chargée de veiller sur le président biya et son pouvoir, au cas où des esprits malins essayeraient de quelque manière que soit de le défier ou de l’affronter. On se souvient que c’est le bir qui est sorti des casernes avec une pugnacité redoutable, réprimer les jeunes manifestants de fin février 2008, illustrant ainsi leur particularité de force de défense de l’actuel président et de son régime.
En réalité, le bir et la Garde présidentielle se tiennent donc en respect. Tout comme ces deux unités intimement liées au président Paul biya mutualisent leurs pressions pour tenir en respect les autres composantes de l’armée camerounaise, des forces de défense et de sécurité pour que « le chef suprême des armées », garde et contrôle son pouvoir en toute quiétude. Et encore véritablement, quand bien même un téméraire prendrait son courage à deux mains, pour attaquer et atteindre le président biya, et qu’il lui arrive de réaliser (on ne saurait trop comment) son funeste dessein, à savoir le déloger du Palais de l’Unité, pour s’autoproclamer président de la République du Cameroun par la suite, le contexte international actuel ne sied plus aux coups d’Etat. Il sera en effet difficile à l’impertinent de rester trois jours au Palais de l’Unité. La Communauté internationale dans son ensemble étant désormais habitué à déverser son venin et ses menaces sur tous les putschistes qui choisissent la voie de la violence pour accéder au pouvoir.
Il faut donc inéluctablement exclure l’option de la force et surtout la condamner. Par contre, pour ceux qui croient vraiment qu’il est temps de mettre un terme à la longue présence de Paul biya à la tête du Cameroun, la seule voie possible est le chemin de la démocratie.
Notion absolument à la fois mal intégrée et difficilement assimilée par les acteurs du Renouveau de Paul biya (bien que ce dernier en parle avec une conviction patriotique dans son ouvrage « Pour le Libéralisme communautaire »), la démocratie reste à travers les élections la voie la plus plausible pour une alternance politique au sommet de l’Etat du Cameroun. C’est vrai, nous voyons d’ici les sourires et rires goguenards des patriotes camerounais qui, depuis 1992, au risque de leurs vies, ont choisi cette galerie, et aujourd’hui sont considérablement épuisés par de longues et terribles années d’un combat fragmentaire en faveur de la transparence électorale au Cameroun. La fraude électorale aura été pendant longtemps le cheval de bataille du parti dominant qu’est le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). Ce n’est nullement calomnieux que de le dire. Ceci au regard des multiples contentieux post-électoraux qui, à chaque fois ont inondées la Cour suprême du Cameroun lors des différentes consultations électorales organisées au Cameroun depuis 1992. Et c’est bien parce que les élections ont été porteuses à chaque fois de conflits qu’à l’unanimité, la communauté nationale et internationale a vivement conseillé à Paul biya et son régime de décharger le ministère de l’Administration territoriale de son organisation. Aujourd’hui, après l’Onel I, l’Onel II, nous avons Elecam I et II.
En tout cas ce qui est important à savoir, tous les comptes réalisés, est que, parce qu’elle est une année électorale, 2018 nous parle. qui sera le président de la République du Cameroun en 2018 ? qui seront nos députés, nos conseillers municipaux et sénateurs 2018 ? Comment seront donc organisées en 2018 toutes ces consultations électorales ? Les élections seront-elles organisées dans les normes ? Seront-elles républicaines, citoyennes et sereines ? Ces questions sont lancinantes.
Ce qui est certain est qu’il y a en place un pouvoir qui ne veut absolument pas lâcher du lest. « Nous y sommes et nous y resteront », disent très souvent les militants du « Parti du flambeau ardent ». Ou encore « Paul biya encore 100 ans ».
Dans ce contexte que fait donc l’opposition ? Le Messager voudrait donc questionner toutes les incertitudes qui entourent les élections de 2018.
Afin que de manière patriotique les citoyens de ce pays puissent prendre conscience de leurs responsabilités.
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