Cameroun - Boycott de la fête nationale : Foncièrement antipatriotique
© Cameroon Tribune : Grégoire DJARMAILA | 23 May 2017 09:36:48 | 4653L’absence constatée du Sdf, du Cpp et du parti des « Patriotes » au défilé du 20 mai 2017 est une grave entorse aux valeurs constitutionnelles et républicaines.
Ainsi donc, le Social Democratic Front (Sdf), le Cameroon People’s Party (Cpp) et le parti des « Patriotes » (ex-Paddec) ont mis à exécution leur décision de ne pas prendre part à la 45è fête nationale de l’unité. A Yaoundé, siège des institutions nationales où le Sdf participe souvent en tant que l’une des neuf formations politiques représentées au parlement, aucun militant de ce parti n’a honoré cette célébration qui constitue un événement majeur de la vie de la nation camerounaise.
Dans les neuf autres régions du pays, les militants de ces trois partis ont observé le mot d’ordre de la hiérarchie de leur parti pour se mettre en marge de cette célébration qui consacre l’unité du Cameroun. Mais à Bamenda, fief du Sdf, la consigne de Ni John Fru Ndi a été bravée par les maires de Bamenda II et III qui ont tenu à assister, aux côtés du gouverneur de la région du Nord-Ouest et du préfet de la Mezam, à la parade militaire et civile, à la place des fêtes.
Fidelis Balick Awa, flanqué de son premier adjoint et son collègue de Bamenda III, Cletus Fongu, ont eu le recul nécessaire pour mettre en avant leur statut d’élu local et faire honneur à la République. Le choix du Sdf a pour point de départ la fameuse lettre-circulaire signée et adressée le 07 mai dernier par son président national à ses militants et dans la- quelle il les appelle à ne pas prendre part aux festivités de la 45è fête nationale de l’unité.
Le chairman du Sdf motive sa décision par ce qu’il appelle « l’incapacité du gouvernement à apporter des solutions aux revendications des syndicats des enseignants et avocats anglophones ». Pour pratiquement les mêmes raisons, le Cpp d’Edith Kahbang Walla a surfé sur les préoccupations des avocats et enseignants anglophones pour appeler ses militants à se soustraire à cette commémoration qui symbolise notre unité nationale si chèrement acquise.
Ce parti avait déjà lancé un mot d'ordre identique l'année dernière à la même occasion. Le pionnier dans cette démarche antirépublicaine et antipatriotique est le parti des « Patriotes » de Me Jean De Dieu Momo, qui, à l'issue de son congrès tenu le 1er mai 2017 annonçait qu'il ne participerait pas aux célébrations du 20 mai 2017.
Une décision que le parti a justifiée par la situation qui prévaut depuis novembre 2016 dans les régions anglophones du Cameroun. Le boycott de la fête nationale de l’unité par les militants de ces trois partis sonne pour de nombreux analystes et observateurs comme un déni de patriotisme et une entorse grave aux valeurs constitutionnelles et républicains. Dans une récente sortie, le pré- sident du Comité interministériel pour la normalisation des symboles officiels de l’Etat, Louis Maxime Meka Meka, soulignait que le 20 mai a, au même titre que les autres emblèmes officiels de l’Etat, une valeur constitutionnelle.
Le boycott de cette célébration consa- crée par la constitution est donc de ce fait, une lourde bourde politique aux conséquences dommageables pour l’image et la crédibilité des partis de cette curieuse trinité. D’ailleurs, les Camerounais avertis s’étonnent de ce que d’une part, le 20 mai, une fête par essence transpartisanne, soit devenue un objet de chantage et d’autre part, les préoccupations corporatistes soient exploitées à des fins politiciennes. Plus grave, les leaders de ces formations politiques dans leur démarche feignent d’ignorer la batterie de mesures déployées ces derniers temps par le gouvernement.
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