Cameroun: Le visage hideux d’un Bafoussam en décrépitude :: CAMEROON
© Camer.be : Leprince SONORE NGOUPAYOU | 03 May 2017 09:45:40 | 4841La ville chef lieu de la région de l'ouest est dans l'impasse. Autrefois considérée comme 3e ville du Cameroun derrière Yaoundé et Douala, la ville de Bafoussam n'est plus que l'ombre d'elle-même. Les populations souffrent le martyr, au propre comme au figuré. Traverser d'un bout de la ville pour l’autre relève d'un parcours des combattants. Décidément, aucune saison n'est préférable dans cette ville. Pendant la saison sèche, la poussière est au zénith, en plein centre ville, provoquant des cas de maladie. En cause, l'état de la voirie urbaine laisse à désirer, avec un bitume quasi inexistant. Et du coup, cette poussière est transformée en boue une fois la pluie de retour.
L'on a très souvent assisté à des scénarios insolites. Des voitures s'enfonçant dans la boue en pleine ville, obligeant parfois à mettre la main comme dans des campagnes. Dans un ton comique, quelqu'un a même suggérer l'instauration des barrières de pluie au lieu dit "sens interdit marché A", cet axe principal incontournable de la ville, à l'effet de réduire les dégâts. On est loin d'imaginer un tel scénario. Ceux qui paient le plus lourd tribut de cette situation ce sont les transporteurs par taxi, obligés de changer les amortisseurs tous les jours, face à l'inférence des pouvoirs publics et les magistrats municipaux. En réalité, Cette image déshonorante semble plutôt laisser indifférentes les autorités locales qui s'y plaisent en brandissant ironiquement l'image d'une ville qu'elles qualifient de plus belle de l'ouest et même du Cameroun. C'est d'ailleurs le plus grand slogan du super maire, le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Bafoussam qui scande à tous les coups: "Bafoussam la belle". Une ironie qui semble déplaire complètement les citoyens de la ville, victimes de la mal gouvernance. Il suffit pour une radio locale d'ouvrir l'antenne et permettre aux citoyens de s'exprimer sur la question pour noter le ras-le-bol des populations qui s'expriment avec une rage démesurée. En réalité, si Bafoussam tel que clame Emmanuel Nzeté est la ville la plus belle de l'ouest, cela sous-entend que l'ouest est, sans aucune exagération, une vraie poubelle.
Signalons d'ailleurs que dans la comédie de l'élection de la ville la plus propre de l'ouest qui a lieu tous les ans, Bafoussam a remporté le prix à cinq reprises avant d'être mise hors course pour avoir "terminé le tableau" en matière de propreté. Le seul espoir aujourd'hui de développement de cette ville est fondé sur le programme C2D capitales régionales par la banque française de développement et dont la ville de Bafoussam s'est retrouvée parmi les villes choisies à cet effet. Mais plus que jamais, l'inquiétude est permanente au sujet de ce programme qui, malgré les battages médiatiques restent en projet. On en parle depuis 2013 à Bafoussam, et jusqu'aujourd'hui, on reste dans l'expectative. Il nous souvient que ce fut l'un des arguments politiques brandit par les responsables politiques du Rdpc en 2013 lors de la campagne électorale en prélude aux élections municipales et législatives pour prendre la gestion de la mairie de Bafoussam 1er. Bientôt le mandat arrive à son terme, alors que les promesses restent attendues. A moins de penser que ce soit une stratégie pour lancer les travaux l'année prochaine, et préparer à nouveau le terrain pour les échéances de 2018. C’est une probabilité en tout cas, quand on sait la ruse avec laquelle nos dirigeants parviennent à leurs fins. Une ruse propre aux Camerounais.
La malédiction est-elle Bafoussam ?
Bafoussam est l’une des rares villes au Cameroun où n’existent aucun endroit de récréation, aucun évènement pour l’épanouissement des citoyens. Certaines personnes ont tenté de sortir la ville de cette situation par la mise sur pied des activités récréatives. Mais les autorités de la ville n’ont rien fait pour encourager. Certaines personnes se demandent sans cesse où est passée la foire régionale qui était organisée chaque année par la chambre de commerce ? Où est passée la Fopac ? Récemment à Bafoussam, l’on a vu un déploiement massif d’une structure évènementielle qui a organisé une foire à l’esplanade de la poste centrale de Bafoussam, en mettant en jeu de gros investissements. Mais ça n’a rien donné. Voilà le festival international du cinéma indépendant de Bafoussam, le Ficib, qui peine à se tailler une place au soleil depuis cinq ans. Mais aucune autorité locale hormis l’autorité administrative dont le gouverneur, ne soutient l’initiative qui pourrait égailler au moins la ville, et qui par ailleurs, est l’une des prérogatives des élus municipaux. Au contraire, certains essaient plutôt de mettre les bâtons dans les roues. Pendant plus de trois ans, ce projet de cinéma qui ambitionnait de tutoyer le festival de Khan ou le Fespaco, a fait venir dans la ville des expatriés comme les ambassadeurs et les autres grandes personnalités étrangères, mais la curiosité, lorsqu’ils arrivent, ils se rendent compte eux-mêmes de l’absence des autorités locales qui pouvaient plutôt saisir la perche pour nouer certaines relations. C’est vraiment dommage que les seules mobilisations qui réussissent à Bafoussam soient les meetings du RDPC, le parti de la mangeoire nationale qu’il faut préserver dans tous les cas. Face à cette situation, on a envie de se demander si la malédiction est Bafoussam
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