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Cameroun - Bamenda : La ville sous haute surveillance

Les forces de l’ordre quadrillent la ville pour annoncer la reprise des cours, tandis que des messages menaçants atterrissent dans les téléphones.

La ville de Bamenda semble bien calme ce dimanche 8 janvier 2017. Les différents marchés sont ouverts et fonctionnels. L’avenue commerciale est en pleine activité. Les échanges entre commerçants et clients se déroulent en toute quiétude. La même harmonie est perceptible et visible au marché central. La curiosité c’est le ravitaillement qui a pris de l’ampleur. Des achats sont effectués dans les secteurs de commerce de fruits et de l’agroalimentaire. C’est que dans l’esprit des citoyens, la grève va repartir de plus belle dès ce lundi 9 janvier 2017, jour de rentrée scolaire.

Pourtant, les déploiements effectués pour rassurer les populations, ne sont pas moindres. Entre les sorties médiatiques des autorités de la région du Nord-Ouest qui se multiplient sur les ondes des radios locales, principalement la Crtv station du Nord-Ouest, et les autres formes de mobilisation menées ici et là, on pensait avoir assuré l’essentiel. Ce qui n’empêche pas la lourdeur qui règne dans l’air.

L’autre action forte est la présence dans la ville de Jean Ernest Ngalle Massema Bibehe. Un programme annonce que le ministre des Enseignements secondaires va visiter plusieurs établissements publics pour s’assurer de l’effectivité de la rentrée scolaire. Tout le pourtour de l’hôtel Ayaba, est sous haute surveillance avec la présence du ministre des Enseignements secondaires dans la ville de Bamenda. On redoute des incidents similaires à ceux observés lors de la descente du Premier ministre dans la ville il y a quelques semaines.

Des groupes d’hommes en tenue quadrillent les principaux quartiers de la ville de Bamenda. Les principaux groupes sont observables à City Chemistry, Vetenary Junction, Hospital round abound, Mobil Nkwen, Brasseries Junction, City Junction entre autres. Leur nervosité se manifeste dès qu’ils observent des groupes de plus de deux personnes. Ils s’empressent d’aller vers ces citoyens qu’ils suivent le temps qu’ils s’éloignent ou se  séparent.

La ville est aussi fortement contrôlée dès Up Station. Une forte équipe mixte dirigée par le groupement mobile d’intervention de la ville fouille tous les véhicules qui entrent et sortent de la ville de Bamenda. Des malles aux passagers, personne n’échappe à ces contrôles. Vers 16h hier dimanche, c’est un contingent de quatre camions de gendarmes qui entrent dans la ville. Il s’agit d’une unité de 200 gendarmes qui viennent en renfort. La veille, nous apprend une source policière, c’est une unité de 200 policiers qui sont arrivés en renfort et ont été déployés dans tous les commissariats de Bamenda.

Un arrêt effectué dans chaque bar ou coin public de la ville de Bamenda permet au curieux d’écouter l’unique sujet à l’ordre du jour. La poursuite de la grève et des revendications des enseignants dès ce lundi matin. Le discours qui commence aisément se poursuit avec des violences verbales et surtout des propos à la limite haineux à l’endroit du gouvernement. Certains se taisent ou s’éloignent, dès qu’arrive la police. Les flics sont sur leurs gardes. Leur inquiétude est accrue avec les messages anonymes que reçoivent les enseignants et certains parents.

Dans le contenu, ils y sont invités à garder leurs enfants à la maison pour les parents, tandis que les enseignants sont conviés à éviter de se rendre dans les établissements scolaires, pour ne pas s’exposer à des représailles des acteurs de la revendication. La présence policière est aussi observable devant les enceintes des établissements scolaires. A l’entrée, l’accès est contrôlé et refusée aux curieux de passage. Des parents d’élèves, y effectuent un tour comme au Governement Bilingual High School de la ville, situé à Up station. Ils espèrent la reprise effective des cours dès ce lundi 9 Janvier 2017 jour de rentrée, afin que le retard pris pendant le premier trimestre ne se s’accentue pas.

D’autres parents, plus sceptiques, attendent dans les villes voisines que les cours reprennent effectivement afin de conduire leurs enfants à l’école. Les plus prudents se battent pour obtenir un transfert de leurs enfants dans les établissements d’autres localités. C’est le cas à Mbouda où les demandes de transfert ont été enregistrées par dizaines au lycée technique et au lycée bilingue de ville. Entre la présence rassurante des hommes en tenue qui quadrillent la ville, ainsi que celle du ministre des Enseignements secondaires et les messages menaçants, le doute des parents sur l’effectivité de la rentrée scolaire n’est pas dissipé.

Plusieurs redoutent une année blanche. A côté, les avocats, également en grève, se font moins entendre. Surtout que depuis une semaine, le procureur des tribunaux de la Mezam a été muté vers l’Adamaoua, et remplacé par un autre qui, semble-t-il, est plus bilingue. Les policiers, se plaignent eux aussi en sourdine de ne pas recevoir des frais de mission pour les nombreux jours qu’ils passent loin de leurs bases et de leurs familles, pour veiller à la quiétude de cette ville. Ce qui en rajoute à la tension.

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