Afrique - Censure : Internet, le cauchemar des dictateurs
© Le Jour : Jean-Philippe Nguemeta | 20 Dec 2016 12:11:41 | 8841L’accès aux réseaux sociaux é été suspendu en Rdc. Comme il y a quelques mois au Tchad, en République du Congo ou au Gabon.
Depuis dimanche 18 décembre 2016, des millions de Congolais sont privés de réseaux sociaux. Ainsi en a décidé l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (Arptc). L’Arptc a instruit les sociétés de télécommunication de « suspendre momentanément tous les réseaux sociaux » sur toute l’étendue de la Rdc. Une situation qui n’est pas sans rappeler d’autres sur le continent et même ailleurs.
Ce fut le cas au Tchad en février 2016. Depuis octobre 2016, L’Ethiopie filtre l’accès à l’Internet de façon régulière à l’aide de pare-feu informatiques, ralentissant souvent considérablement l’accès au réseau. En avril 2016, Le réseau Internet était carrément coupé à N'Djamena au lendemain de l’élection présidentielle. En République du Congo, le pouvoir de Denis Sassou Nguesso a choisi également de bloquer l’accès à l’Internet lors de la dernière élection présidentielle.
Les Gambiens ont lors des dernières élections dans leur pays été coupés du reste du monde du fait de la désactivation de l’Internet et du téléphone. À deux jours de la proclamation des résultats officiels du scrutin présidentiel ayant eu lieu au Gabon, on a noté une baisse puis une coupure d’Internet à Libreville, le 28 août 2016. Aussitôt, de nombreux internautes ont crié au sabotage, accusant le gouvernement de n’avoir pas avoir tenu parole à la suite de sa promesse de ne pas interrompre le signal avant, pendant et après le vote. Gabon Telecom faisait ainsi parvenir un communiqué dans lequel il informait sa clientèle de ce qu’«un incident technique a causé une interruption involontaire de ses services Internet pendant 45 minutes en début de soirée du dimanche 28 août 2016».
Comment comprendre ces attitudes de certains dirigeants ? Selon un informaticien camerounais, les autorités africaines rament à contrecourant dans un monde de plus en plus numérisé. Dans «une approche anachronique, les autorités pensent ainsi étouffer toute utilisation abusive des réseaux sociaux aux fins de protestation contre le régime établi », affirme-t-il.
L’historien et analyste politique Ahmadou Sehou affirme que c'est surtout en période électorale que plusieurs pays africains choisissent de limiter l'accès à Internet ou d'interdire carrément les réseaux sociaux. « La peur se manifeste par la crainte des mobilisations populaires spontanées et incontrôlées que rendent possibles ces nouveaux canaux par lesquels les mots d'ordre sont rapidement véhiculés et propagés.
Les réseaux sociaux permettent également la circulation rapide de documents ou informations qui peuvent mettre en difficultés les régimes gouvernants tout en échappant à leur censure ou leur contrôle », précise-t-il. Il ajoute que «ce sont de formidables outils de mobilisation et de transparence, que redoutent les régimes réfractaires à ces nouvelles évolutions et plus enclins à la prise de mesures radicales comme la suspension ou l'interdiction d'accès ».
Au Cameroun, il y a quelques semaines, les réseaux sociaux ont été au coeur d’un vif débat, accusés par certaines personnalités, dont le ministre de la Communication, de toutes sortes de maux. Les médias publics, notamment Cameroon Tribune et la Crtv y ont consacré des dossiers. A-t-on envisagé à un moment dans les sphères du pouvoir de contrôler ces fameux réseaux sociaux ?
D’après un cadre en service au ministère des Postes et télécommunications, « Camtel étant le principal fournisseur de la data aux opérateurs et le principal opérateur en charge du déploiement de la fibre optique au Cameroun, s'il arrivait que le gouvernement veuille limiter l’accès à l'Internet, Camtel aura un rôle majeur à jouer, car étant le principal fournisseur du pays ». A ses yeux, le régulateur peut jouer un rôle important, lui qui est en charge de l'assignation des fréquences radio - électriques aux opérateurs. C'est à travers ces fréquences que nos différentes communications sont fluides.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Décès de Dorothée Temou Eboa à Dakar : le drame
- Décès d'Ananie Rabier Bindzi : le Cameroun perd un témoin de son histoire
- Mveng vs Effoudou : Le clash qui secoue les médias camerounais
- Martial Owona suspendu trois mois : la réaction de Me Zeifman
- Presse achetée : Effoudou vise 3 directeurs de publication
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Virginie Sonya, 24 ans, tuée par son ex-compagnon en Allemagne
Les enjeux mondiaux des prochaines élections législatives en Russie
Cameroun : le major du bac C 2026 est d'Édéa
Cameroun - Eko Eko : « J'enquêtais sur un coup d'État sur ordre de Paul Biya »
Cameroun - Tazih Robinson :«Apprendre un métier, maîtriser une compétence, entreprendre et créer"
il y a un mois
Afrique - Pourquoi l'Occident vous ment sur l'huile de palme
Cameroun - Succession Biya : Franck contre Ngoh Ngoh, la guerre des clans
Cameroun - DISSIPATION DE LA CONFUSION ENTRE LE SUBJONCTIF IMPARFAIT ET LE SUBJONCTIF PLUS-QUE-PARFAIT
Cameroun - Michel Ange Angouing : « La vérité affranchit »
Cameroun - Yaoundé 6 : Le Pont - Vallée Tam-tam paralysé par une montagne d'ordures ( texte et vidéo)
il y a un an