CAMEROUN :: Université de Yaoundé II : Le nouveau code vestimentaire controversé :: CAMEROON
© Mutations : Rosine Ntolo | 12 Oct 2016 08:19:01 | 13394Les vêtements décents prescrits par le recteur aux étudiants créent des relations conflictuelles entre ces derniers et la police campus.
Il est strictement interdit aux étudiants filles et garçons de l’université de Yaoundé II-Soa d’arborer : des vêtements transparents laissant découvrir les sous-vêtements ou dessous, le port des culottes, collants et démembrés, des casquettes. Les coiffures extravagantes, les fards luxuriants (maquillage), grossiers et vulgaires, les babouches et autres chaussures rendant visibles plusieurs doigts, ainsi que des chaussures à talons-aiguilles sont également bannis du campus de l’Uy II.
Les piercings, boucles d’oreilles chez les garçons, le port d’une bague, à l’instar de l’alliance etc. sont également interdits. C’est le contenu d’une note signée du recteur de cette université, Ibrahima Adamou, le 13 septembre dernier. Cette note a pour but, selon l’administration, de susciter et promouvoir un comportement vertueux et une éthique convenable en milieu universitaire en général et chez les étudiants en particulier.
Il est 8h au campus universitaire de Yaoundé II, Soa. Ici, la règle est de rigueur. Et la présence de plusieurs vigiles dans les différentes entrées de l’université le témoigne à suffisance. L’entrée des étudiants est sélective. Les étudiants rebelles sont maintenus à l’extérieur. Seul ceux qui sont «bien habillés» peuvent accéder aux amphis. Une tâche bien difficile pour ces agents de la police campus. «Nous avons pour devoir de faire respecter cette note. C’est difficile de faire entendre raison à des adultes, nous recevons injures, menaces, et dans des cas extrêmes, des coups de poings chaque jour de ces étudiants», explique alain, un vigile de la police campus. «Je suis là depuis le matin je ne peux pas entrer parce que soit disant mon jeans est trop serré.
Mais c’est du vrai n’importe quoi. C’est écrit où dans la note que le jeans est interdit», s’indigne Rose, une étudiante tombée dans les mailles du filet. En effet, ce code, bien qu’apprécié de certains étudiants, crée de nombreux remous. Ceux-ci dénoncent de nombreux abus de l’instance chargée de veiller à l’application de ce règlement. Ils disent notamment être des victimes de nombreux outrages. «Il est normal de s’habiller décemment pour venir à l’université parce que c’est un lieu où l’on vient étudier et non un bordel où une boite de nuit. De plus, ici on forme des responsables de structures de demain.
Nous sommes d’accord, mais de là à devenir un moyen de discrimination ou de pression, on dit non», déclare Rose Ngapnou. «C’est un bon code vestimentaire, c’est juste l’application qui fait problème. Par exemple : le code interdit les habits démembrés, mais ce même code dit que lorsque vous avez un démembré, vous pouvez mettre une écharpe ou un veston au-dessus. Mais dès que vous le faites, on vous chasse au portail.
Vraiment, on est confus», ajoute-t-elle. Cet état des choses vient ainsi favoriser des rapports conflictuels entre les étudiants et la police campus de l’université de Yaoundé II-Soa. Il faut cependant noter qu’une bagarre avec un agent de la police campus expose l’étudiant à une exclusion de trois ans de toute université d’état.
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