Cameroun - Trois jeunes risquent 20 ans de prison pour avoir partagé un message de plaisanterie sur Boko Haram
© Source : Amnesty International | 21 Sep 2016 14:16:20 | 7493Les autorités camerounaises doivent abandonner toutes les charges retenues contre trois jeunes qui risquent 20 ans de prison pour avoir partagé un message de plaisanterie portant sur le recrutement de jeunes diplômés par Boko Haram, a déclaré Amnesty International à la veille du verdict de leur procès.
Le tribunal militaire de Yaoundé prononcera ce 21 septembre le verdict du procès de Fomusoh Ivo Feh et de deux de ses amis, dont un élève. Arrêtés fin 2014, ils comparaissent depuis le 7 septembre dernier pour complicité d’insurrection et non-dénonciation.
« L’arrestation et le procès contre ces trois jeunes démontrent une fois de plus que le Cameroun utilise la lutte contre Boko Haram comme prétexte fallacieux pour procéder à des arrestations arbitraires », a déclaré Balkissa Ide Siddo, chargée de campagne sur l’Afrique centrale à Amnesty International.
« Les autorités doivent abandonner les charges retenues contre Fomusoh Ivo Feh et ses amis et les libérer immédiatement. Elles doivent aussi à l’avenir mettre fin aux arrestations arbitraires, une arme qui réduit au silence ceux qui exercent pacifiquement leur droit à la liberté d’expression, dans le contexte de la lutte contre Boko Haram ».
Le 13 décembre 2014, Fomusoh Ivo Feh, a été arrêté par la police dans la ville de Limbé au sud-ouest du pays, quelques semaines après avoir fait suivre à des amis, un SMS sarcastique reçu d’un ami militaire, qui disait : « Boko Haram recrute des jeunes de 14 ans et plus. Conditions de recrutement : avoir validé 4 matières et la religion au baccalauréat ».
L’un des amis de Fomusoh a transféré le SMS à un lycéen, dont l’enseignant, qui avait confisqué le téléphone pendant un cours, en a pris connaissance. L’enseignant a montré le message à la police qui a d’abord arrêté le lycéen puis Fomusoh et son ami.
Le 14 janvier 2015, les trois jeunes ont été transférés à la prison principale de Yaoundé où ils étaient enchainés, jusqu’en avril 2015, suite à une intervention de leur avocat auprès du régisseur de la prison.
Les trois jeunes ont été présentés plus de 6 fois devant le tribunal militaire de Yaoundé qui, à chaque fois, a renvoyé l’audience pour diverses raisons, la plus fréquente ayant été l’absence d’interprète. Le 7 septembre dernier, Fomusoh Ivo Feh et ses deux amis ont dû insister pour que l’audience se tienne et que les débats soient ouverts, malgré l’absence, une fois encore, d’interprète. Au cours du procès, qui a duré environ 4 heures, les trois jeunes ont nié tout lien et toute appartenance à Boko Haram.
Dans son rapport publié en juillet dernier, « Bonne cause, mauvais moyens : atteintes aux droits humains et à la justice dans le cadre de la lutte contre Boko Haram au Cameroun », Amnesty International a démontré que les procédures judiciaires devant les tribunaux militaires visant les personnes suspectées d’appartenir à Boko Haram sont pour l’essentiel entachées de graves irrégularités de fond et de vices de procédure.
Pour les personnes poursuivies, la charge de la preuve est en effet systématiquement inversée et les condamnations reposent très souvent sur des éléments limités et invérifiables.
« Le manque d'indépendance et d'impartialité inhérent aux tribunaux militaires suscite également de vives préoccupations quant au respect du droit à un procès équitable », a déclaré Balkissa Ide Siddo.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Salon de l’Orientation et des Métiers : une deuxième journée axée sur l’insertion professionnelle
- Drame à Foumbot : un repas de kontchap tourne au deuil
- Kumba : le corps d’un nouveau-né retrouvé avec le cordon ombilical et le placenta
- Nord-Ouest : les enseignants otages retrouvent la liberté
- Qui payait les 150 fantômes de l'Assemblée nationale ?
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Monde Entier - Extrême droite : le tsunami qui change l'Europe
Cameroun - Qui est vraiment Junior Biya ?
Cameroun - TCS vidé : complicité interne présumée dans un casse spectaculaire
Cameroun - Décès de Dorothée Temou Eboa à Dakar : le drame
Cameroun - OMP : « Une loi pour l'opposition, une pour le RDPC ? »
il y a un mois
Cameroun - Effoudou : « La DGRE est venue me tuer en France »
Cameroun - Faux capitaine arrêté à Maroua : le butin militaire
Cameroun - Conflit Baboke-Ngoh Ngoh : la guerre cachée d'Etoudi
Cameroun - DGRE : Sani Mouhamadou aurait-il menti sur ses diplômes ?
Cameroun - Thomas Nkono : « Vive les Lionnes ! » après l'exploit
il y a un an