France- Cameroun: Du bagne de Paul Biya au goulag de François Hollande
© Correspondance : Bertrand TEYOU | 24 May 2016 09:00:02 | 9750Je sors fraîchement du trou, ce que nous appelons ici à la prison de Montmédy le mitard. J'y ai passé 7 jours, pour avoir exprimé mon mécontentement contre des surveillants qui m'imposaient un ordre contraire au respect de la loi Evin.
J'ai été alors arrêté, confiné, isolé, puis jugé et condamné par le directeur de la prison. Genre vous dénoncez Cahuzac, et c'est lui qui décide de votre sort. « Si nous on viole la loi, vous restez au fond de votre cellule, vous arrêtez de respirer et vous vous taisez! » m'a t-on assené. Sentence martiale, l'incroyable découverte de l'antre de la terreur que je ne sus trouver en visitant l'hacienda du negro Duraço à Zihuatanéo.
La décision qu'on me sert est assortie de la mention selon laquelle conformément aux dispositions de l'article R. 57-7-32 du code de procédure pénale, vous pouvez faire appel, un recours non suspensif contre la condamnation prononcée, ce qui ne vous offre d'autre choix que celui de laisser le bourreau achever sa besogne.
J'ai été frappé dur, pour m'être plaint de suffoquer dans un bâtiment étroit infesté de fumée de drogue, monstruosité vécue en chose conviviale par une Administration pénitentiaire qui ne se cache même plus d'exploiter la fragilité de pauvres détenus métamorphosés en cobayes.
Administration qui livre de l'allume-bedo (drogue) non stop, contrairement à la Constitution qui interdit à l'État de participer de près ou de loin à des actes criminels.
II faut le vivre pour le croire, c'est subtil et diabolique, un tout petit stick halal collé à la porte de votre cellule, auquel on ajoute breuvage télé et bedos ou pétards à volonté, et le tour est joué, l'overdose de terreur, longtemps avant l'appel du muezzin qu'on osera accuser à tort pour distraire l'opinion.
Telle est la réalité, loin des contes de fée des utopistes cyniques qui, à longueur de journées, nous chantent les vertus de la poésie française, pour le soir aller faire la pute auprès des investisseurs qui se fichent royalement de parler le français. Des troubadours qui nous diront par la suite que la Fraternité passe avant les intérêts. oubliant qu'ils tinrent le même discours en accordant, par pur profit, le droit de vote à l'esclave avant leur propre mère.
Alors, au grand dam des rêveurs. ou bien encore de ces libertaires qui ont manqué d'apprendre leurs leçons pour réaliser que des gens ont répondu aux questions qu'ils se posent, il y a lieu de réaffirmer que rien ne nous détourne de l'objectif unique et central : sauver l'enfant Tikar qui, en Afrique noire et au phallus, est décapité par des soldats français, un cycle de terreur sans fin.
Barkhane, Sangari, la tragédie continue. La même furie que celle de l'opération Delta où l'on découvrit avec stupeur que la noble hiérarchie, qui envoie les soldats combattre le terrorisme, est la même hiérarchie qui envoie les terroristes attaquer les soldats. Épisode pendant lequel les services secrets, pris la main grossièrement dans le sac, se défendirent en avouant l'impensable: « notre boulot officiel de tous les jours c'est le faux et usage de faux, le complot, le massacre, etc.»
Haute trahison qui d'ailleurs avait été traitée en affaire dérisoire, parce que les 21 soldats tués à Bakassi n'étaient « par chance » qu'africains, et non français. Omerta d'État où le locataire d'Étoudi verra son élan chrétien tranché par la foudre des bailleurs de fonds, prière impérative de congédier la commission d'enquête du colonel Soureck qui avait commis la bêtise de travailler avec
On n'est jamais sorti du carnage colonial. D'une main on massacre et de l'autre on apporte de l'aide, aide publique au développement, aide humanitaire, aide monétaire et, comme par hasard, le même scénario en France, aide au logement, aide médicale, allocation familiale. Même la Christiane Taubira, qui pensait être sortie du lot, a été rattrapée par son historique d'aide au logement. Nous sommes marqués au fer par l'aide, un anéantissement psychologique prodigieux, car l'aide éternise l'affaiblissement, alimentarise le droit et transforme l'abus de l'opulent en vertu.
Pour la gouverne de véloces manipulateurs qui prennent du plaisir à confondre la bonne foi d'honnêtes profanes, je tiens à préciser que je n'ai jamais été contre la France, je suis contre l'ordre meurtrier de la Ve République, ses désastreuses conséquences qui dévastent les ex-colonies, laminent les territoires d'outre-mer, réduisant le destin des citoyens à l'humeur d'un prince qui confisque les ressources et hypothèque le droit d'initiative, créant une misère économique qui, au final, plonge tout le monde dans le même tourbillon de la dette suicidaire, le bourreau et l'opprimé, Areva et le Niger.
Les Républiques de pacotille de l'Afrique francophone ne sont que le prolongement de la folie suicidaire de la Ve République pilotée depuis le cabinet noir du 55 rue du Faubourg Saint-Honoré, donc ne peuvent survivre qu'en faisant mécaniquement allégeance à la France. Combattre le dictateur africain c'est combattre la Ve République et vice versa.
Celui qui s'est insurgé devant Paul Biya ne le serait que doublement face à François, Hollande. Celui qui a soutenu le « casseur » de février 2008 ne peut que comprendre 1'« incendiaire » de Besançon. Autrement, cela signifierait que le Kunkuma n'était que notre « moins cher », ce qui est inacceptable.
Il est du devoir impérieux de chacun de nous de combattre sans hypocrisie, pour tuer le mal depuis la racine. Débarrasser l'Afrique de ces conflits superflus qui nous empoisonnent et nous divisent, au point où un Africain va couper le bras d'un autre Africain pour soit disant lutter contre le vol, au nom de la religion!? Alors que la Foi bantu, Maâ*, nous enseigne: « si tu savais ô combien foudroyante est la colère de Dieu, jamais tu n'oserais lever ton épée contre le captif, tu lui viendrais au secours »
Ma modeste revendication porte sur le juste droit.
*Maâ est la mère sacrée de tous les Noirs de la terre. ElIe veille sur le laâkam ou paâkam (grande maison des Kam qui signifie humains nobles et est le nom primitif de kamite). En Bambara, Maâ est vénérée en Être premier, en Baham. Sagesse première d'où maâ-te (sagesse concrète), en Haoussa ou Peul Faculté première, fondamentalement la même signification aux 4 coins d'Afrique. Maâ est femme car, « venant tous du ventre de la femme, disent les anciens, nous avons la preuve matérielle que le premier être humain est femme, ce qui n'est pas le cas de l'homme. »
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Qui payait les 150 fantômes de l'Assemblée nationale ?
- Falaise de Njimom : un gendarme tué en mission
- Ntam : un gendarme tue sa compagne puis se suicide
- Salon de l’Orientation, Métiers : Last journée consacrée aux outils de l’insertion professionnelle
- Djeuga Palace vendu 5,5 milliards par l'État
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Monde Entier - Extrême droite : le tsunami qui change l'Europe
Cameroun - Qui est vraiment Junior Biya ?
Cameroun - TCS vidé : complicité interne présumée dans un casse spectaculaire
Cameroun - Décès de Dorothée Temou Eboa à Dakar : le drame
Cameroun - OMP : « Une loi pour l'opposition, une pour le RDPC ? »
il y a un mois
Cameroun - Effoudou : « La DGRE est venue me tuer en France »
Cameroun - Faux capitaine arrêté à Maroua : le butin militaire
Cameroun - Conflit Baboke-Ngoh Ngoh : la guerre cachée d'Etoudi
Cameroun - DGRE : Sani Mouhamadou aurait-il menti sur ses diplômes ?
Cameroun - Thomas Nkono : « Vive les Lionnes ! » après l'exploit
il y a un an