Réseaux Sociaux : Un (im)possible gouvernement 2.0 au Cameroun?
© Baromètre : Karess Essiane | 14 Apr 2016 14:46:09 | 6094La prescription d’être plus présents sur les réseaux sociaux donnée par le chef de l’Etat semble avoir de la peine à faire écho. Les membres du gouvernement camerounais pour la plupart sont toujours absents des principaux réseaux sociaux.
C’est le ministre de la Communication et porteparole du gouvernement camerounais, Issa Tchiroma Bakary, qui l’a révélé aux médias en début du mois d’avril. «Le chef de l’Etat nous a demandé d’être plus présents sur les réseaux sociaux», a déclaré le ministre. Cette instruction présidentielle survient dans un contexte marqué par la publication, par nombre de membres du gouvernement camerounais, de communiqués de presse annonçant qu’ils n’étaient pas propriétaires de compte Facebook, ni membres d’aucun réseau social.
Ces ministres entendaient ainsi dénoncer les usurpateurs utilisant leurs profils à des fins d’escroquerie. Une hérésie en 2016, où le président Paul Biya demande à la jeunesse de saisir les opportunités qu’offrent les TIC (Technologie de l’Information et de la Communication). Une recommandation qui a encore du mal à se faire appliquer. En faisant des recherches sur Internet, le constat est clair : les ministres et hautes personnalités camerounaises brillent encore par leur absence sur les réseaux sociaux comme Twitter, Facebook, YouTube et Instagram, qui sont les plus utilisés par les camerounais.
On compte, en effet, de plus en plus d’internautes à travers le monde, la place des réseaux sociaux est de plus en plus dominante. Rassemblant toujours plus d’utilisateurs, ils sont devenus un tout nouveau media à part entière, concurrençant directement les médias traditionnels: presse écrite, radio, télévision. Avec l’exemple de Barack Obama lors de l’élection présidentielle de 2008, les responsables politiques ont peu à peu pris conscience de cette tendance et s’y introduisent de façon régulière.
Angela Merkel, Francois Hollande, Christine Lagarde, et plusieurs autres possèdent tous des comptes officiels sur les réseaux sociaux, leurs actualités et opinions sont ainsi accessibles au plus grand nombre. Les réseaux sociaux incarnent, de ce fait un espace extrêmement important et ouvert, à la différence des médias traditionnels. Ils vont permettre une communication politique plus accessible. Amal Belkamel, une consultante indépendante et analyste en e-réputation affirme qu’«il y a quelques décennies, on votait selon nos références politiques familiales, locales ou régionales. aujourd’hui, on vote pour une personne et non plus pour un parti.
La personnification du pouvoir politique trouve toute sa légitimité dans notre ère où l’image et le branding sont les règles du jeu. aussi, la démocratisation de l’internet et l’accessibilité d’un très grand nombre de personnes aux réseaux sociaux tels que facebook ou Twitter, engendrent la démocratisation du moi, de l’avis et de l’opinion. aujourd’hui, tout se dit et se partage publiquement, en temps réel, ancré dans la mémoire indélébile du web, ce qui confère aux médias sociaux une grande puissance de frappe pour amplifier la contagion de l’opinion.»
C’est donc avec beaucoup d’impatience que les internautes camerounais attendent l’arrivée des membres du gouvernement sur le monde magique et parfois impitoyable des réseaux sociaux.
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