Cameroun - Affaire Koumatékel : La famille dénonce l’ordre des médecins
© La Nouvelle Expression : Amélie Dita | 04 Apr 2016 11:03:30 | 7856La mère de la défunte persiste et signe au cours d’une conférence de presse qui s’est tenue à Douala le vendredi 1er Avril 2016 que sa fille est décédée à l'hôpital Laquintinie. Des versions contradictoires qui créent davantage la confusion
«Il y a trop de mensonges», cette déclaration est de Sen Beas, mère de la victime. En présence des médias, elle a tenu à dénoncer le rapport d’enquête publié par l’ordre national des médecins du Cameroun, qui stipule que Dame Monique Koumatékel serait décédée aux premières heures de la matinée du 12 mars. D’après la version des faits de la famille, Monique a rendu l’âme à L’hôpital Laquintinie.
«Ma fille Monique m’a joint au téléphone le vendredi 11 mars pour me dire qu’elle a mal à la tête et qu’elle se rend à l’hôpital pour les soins, Ce qui a été fait. Le samedi elle m’appelle à nouveau aux environs de 6 heures pour me dire que son mal de tête persiste. J’ai pensé à l’instant qu’elle veut déjà accoucher et qu’elle ne veut pas me tenir informer. Je me suis rendue chez elle, et à mon arrivée je la trouve couchée à même le sol. Voyant son état, je lui ai intimé l’ordre de s’habiller afin qu’on aille à l’hôpital. Le temps pour moi d’essuyer l’eau qui coule au sol, elle a commencé à gémir. C’est ainsi que son époux et moi nous sommes rendus dans un centre de santé à Pk 13. Il est environs 8 heures à notre arrivée. L’infirmière qui était de garde nous a demandé de nous rendre à l’hôpital Laquintinie, car le médecin n’est pas là. Vu la distance et l’état dans lequel se trouvait ma fille, nous avons préféré aller à l’hôpital de district de Nylon. Dès notre arrivée dans le dit hôpital, j’ai pris la peine d’ouvrir le portail car il n’y avait personne à la guérite. J’ai commencé à hurler au secours. C’est alors qu’un homme en blouse blanche m’a demandé d’aller à Laquintinie. Il ne s’est pas rapproché du taxi pour voir de près l’état de ma fille. Pendant ce temps, elle gémissait dans le taxi. Elle n’a pas été consultée», raconte Sen Béas.
En outre, elle précise qu’après le refus de les accueillir à l’hôpital de tergal ils se rendent à l’hôpital Laquintinie. « C’est ainsi qu’on se rend à Laquintinie en passant par Nkoulouloun Gare routière. J’aperçois le père de ses enfants et je l’interpelle depuis le taxi ; Je l’informe de la situation de ma fille, il se rapproche et se met à l’appeler par son petit nom. Dès lors il Constate que ma fille est en train de gémir. Il exprime sa désolation de ne pas se joindre à nous pour l’hôpital car il doit voyager. J’ai par la suite joint au téléphone la meilleure amie de ma fille, qui s’appelle Félicité. C’est ainsi que l’un des amis du conjoint de ma fille est venu entrer dans la voiture et j’ai préféré emprunter une moto pour l’hôpital. Je lui ai fait part de la situation. Dès mon arrivée à l’hôpital Laquintinie aux environs de 9 heures et trente minutes, j’ai trouvé que Félicité était déjà là. Toute inquiète, je lui ai posée la question de savoir si elle n’a pas vu le taxi qui transportait ma fille, elle m’a dit non», poursuit-elle.
«C’est en fouillant dans l’enceinte de l’hôpital que nous avons vu venir le taxi. Le conducteur s’est arrêté à l’urgence de l’hôpital Laquintinie, ma fille vivait encore. Rendu à l’hôpital du jour nous n’avons pas été reçus. Nous sommes ensuite allés à la maternité. On a cogné longtemps à la porte, les infirmières et un major étaient en train de faire des commentaires. Ma fille Monique était toujours en train de gémir. Nous avons mis près de cinq heures d’horloge sans être reçu, sans aucun soin administré à Monique. On a fait part de la situation aux infirmières, elles nous ont dit qu’elles arrivent. En perdant patience, Félicité a commencé à hurler, en se rendant à nouveau dans l’une des salles de la maternité. Les infirmières en nous voyant venir, ont fermé la porte. C’est ainsi que l’une des infirmières a dit : « Vous l’avez tué et vous venez déranger les gens ici ». Relate Sen Beas. Cette version des faits survient ainsi deux jours après l’enquête de l’ordre des médecins du Cameroun.
D’après leur rapport, Monique Koumatékel serait décédée aux premières heures de la matinée du 12 mars, certainement entre la maison et l’hôpital de district de Nylon. À l’origine, une complication de grossesse à haut risque sans consultation prénatale de qualité. Bien plus il ressort tour à tour des déclarations telles que « ce décès est survenu au moins cinq heures de temps avant l’éventration du cadavre » « dame Koumatékè est décédée au plus tard à l’hôpital de Nylon, certainement à pk 13, probablement à la maison », propos du PR Joseph Mbédé, président de la commission d’enquête mise sur pied par l’onmc. « Elle a eu un accès palustre à 3 heures du matin du 12 mars, avec des douleurs au bas –ventre et à 6 heures elle a fait les premières convulsions, et ce n’est que vers 8 heures qu’elle est arrivée à l’hôpital, c’était difficile pour elle de résister car il s’agissait d’une éclampsie et on n’est pas intervenu à temps, pace qu’elle s’est évadée de l’hôpital la veille »,poursuit le Dr Nelson Fomulu, membre de la commission d’enquête. «Nylon leur a conseillé la morgue de Laquintinie, et curieusement, au lieu des urgences, ils sont arrivés par la morgue qui est plus proche de l’entrée. C’est peut-être pour cela qu’ils sont arrivés d’abord à la morgue et l’un des préposés à la morgue ayant cru voir le ventre qui bouge, a pensé que les enfants bougeaient encore, alors que les informations font état de ce que la mère de Koumatékel se serait arrêtée à camp Yabassi pour annoncer à la famille le décès de sa fille »,ajoute –il.
suite aux déclarations qui fusent de toute part sur les circonstances de la mort de Dame Monique Koumatékel, la famille de la défunte a tenu à donner sa version des faits, afin d’apporter des clarifications. En effet, Monique Koumatekel décède à l’hôpital Laquintinie sur le perron de la maternité le 12 Mars. Elle quitte la terre des humains avec ses jumeaux à l’âge de 30ans.
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