Cameroun - Ebolowa : On fait le rang devant les urgences
© Le Jour : Jérôme Essian | 24 Mar 2016 03:22:16 | 4704Pour être reçus, les patients sont obligé de faire la queue.
«Nous sommes là depuis et personne ne s’occupe de nous », s’emporte une patiente. La septuagénaire se plaint de ne pas bénéficier d’une prise en charge rapide au service d’accueil et des urgences de l’hôpital régional d’Ebolowa. « Nous sommes en rang, il faut comprendre, l’on s’occupe d’abord de ceux qui sont arrivés avant nous », s’empresse aussitôt de rectifier le petit-fils de la personne du troisième âge.
Ce lundi, 21 mars 2016, il est 12h30 au service d’accueil et des urgences de l’hôpital régional d’Ebolowa. A l’extérieur de la salle, des malades et gardes malades l’air angoissé, sont assis sur deux longs bancs disposés sur la véranda. Entre-temps, Motocyclettes et véhicules arrivent et débarquent des malades. Des patients qui sont aussitôt descendus des véhicules avec l’aide des membres de leurs familles et conduits à l’intérieur de la salle.
Ils viennent alors à leur tour grossir le rang déjà long des patients en attente d’être reçu par le médecin pour les premières consultations. D’où la plainte de la septuagénaire visiblement à bout de patience. D’autres, quelques rares malades, quittent l’hôpital par les mêmes moyens de locomotion. Dans ce service névralgique de l’hôpital régional, le cycle des arrivées et départs semble loin d’être bouclé. A l’intérieur de la salle, l’ambiance contraste avec l’extérieur.
Ici en effet, l’activité est intense bien que des patients assis sur des bancs par ordre d’arrivée affichent un air de détresse. Le personnel soignant fait des va-et-vient. Tantôt vers la salle des soins, tantôt vers la pharmacie. Non loin des bancs sur lesquels sont assis les patients, le bureau du chef service de l’accueil et des urgences. Le docteur Stéphane Arroye fait savoir que, « les dispositions d’accueil restent les mêmes. Une organisation du service telle qu’elle nous met à l’abri d’un certain type d’incident ».
Le médecin explique, « pour être plus précis, le circuit du malade est organisé de la manière suivante : Déjà, nous recevons deux catégories de malades. Ceux qui viennent pour des consultations externes que nous pouvons recevoir de 8h00 à 16h00. Ils se dirigent vers le box d’accueil constitué de deux infirmières chargées de prendre les paramètres des malades et de les orienter vers le médecin pour lesdites consultations ».
Le chef service des urgences poursuit : « la deuxième catégorie est constituée de ce que je vais appeler les malades en détresse vitale, ceux-là sont directement orientés vers une salle de soins intensifs, où les premiers soins sont administrés, notamment l’évaluation rapide du clinicien, la prise des paramètres et habituellement la pose des voies veineuses ».
Stéphane Arroye tient aussi à préciser, « qu’il faut aussi noter que l’ordonnance des consommables administrés est souvent demandée après les soins qui ont été énumérés, ceci nous évite un certain type de désagrément ». « Par contre, il faut relever que ceci nous expose à d’autres types de problèmes.
Tel que l’insolvabilité des malades qui dès l’urgence levée, ne voient plus l’intérêt à régler leurs notes de soins, et ceci pèse sur l’institution de l’hôpital », déplore le médecin.
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