Cameroun - Quand le génie et le talent africains sont piétinés sans réserve…
© Correspondance De : MAN BENE | 16 Feb 2016 02:00:00 | 10704Il est difficile, pour un défenseur des valeurs, de garder le silence devant le théâtre infâme actuel de ce qu’il convient d’appeler la mascarade hédoniste d’une femme libidineuse improvisée dans le rôle d’ « auteure » sans scrupule.
L’écriture (et donc la littérature) est un art de la pensée qui se met en route pour décrire, non seulement l’esthétique scripturaire, mais aussi l’utile quête de libération de l’homme de toutes les formes de contraintes qui entraveraient son épanouissement. C’est dire qu’écrire est une qualité, un devoir et une responsabilité pour celui qui prend la plume car son entreprise est d’utilité publique. En effet, comme le souligne Denis Diderot, on écrit pour rendre la vertu aimable et le vice odieux.
Victor Hugo, dans ce sens, a donc raison de voir en la littérature sa qualité instrumentale, mais surtout d’assigner à l’écrivain son titre de prophète d’une divinité éprise de morale. La fonction de l’écrivain revêt ainsi un caractère sacré.
Dès lors, d’où vient-il donc que ces derniers jours au Cameroun, on assiste à une profanation de l’acte d’écrire qui, de l’avis de l’homme raisonnable, doit s’abstenir de quelque forme d’excuse de médiocrité ? Une parfaite inconnue, brillant dans l’immoralité et l’instinct de facilité, plume tenue par des nègres de service tapis dans l’ombre, tente d’écorner la célébrité avérée de Samuel Eto’o, icône africaine. Ce que cette pseudo écrivaine raconte dans ce « livret » d’insanités est tout simplement nauséabond. Non seulement, elle ne fait pas honneur à elle-même (car les faits rapportés gagneraient à rester dans la confidence de sa mémoire dépenaillée d’éthique), mais aussi elle met en mal toute la considération que l’on a pour la gent féminine. La dignité et l’intimité des femmes sont banalisées dans cet amas de mots pouilleux. La pertinence de la production verbiagée de cet anonyme personnage mérite interrogation.
Dans un pays où on ne lit pas déjà assez (si ce n’est pratiquement pas), comment tolérer que l’une des rares occasions où cela s’opère ne se fasse que dans le cadre d’un livret cachectique et infecte ? La jeunesse camerounaise mérite-elle d’être ainsi sacrifiée sous la coupole d’un voyeurisme sans bornes d’une adulte insoucieuse ?
Tout ce qu’on peut regretter, c’est qu’aucune autorité politico-administrative au Cameroun ne se décide à lever le petit doigt pour protéger la jeunesse camerounaise, encore une fois mal servie par des aînés friands d’excentrismes sexuels. Personne ne met un terme à cette vulgate triviale où foisonne déjà une musique porno sans limite et où on invite les jeunes à avoir « envie de faire », en libérant « ça là » parce qu’il faut « coller la petite » ; quitte à ce que ce soit même ta sœur ou ta cousine. Voilà qu’on n’a pas terminé de souffrir des dérives de tels « artistes » de pacotille que subitement l’enchaînement de la perversion est entonné en littérature avec cette écriture pornographique sans scrupule.
Son auteure (encore qu’elle n’en est pas une) peut-elle disposer du moindre état d’âme d’avoir non seulement le devoir de réserve car elle n’a été rien d’autre qu’une amante qui ne s’assume pas (plus ?) comme tel ? Peut-elle (enfin !) se taire à jamais et se contenter au moins des misérables intérêts que lui auront valu ses actes abjects aux côtés d’un homme qui, du haut de sa légendaire carrière faite d’abnégation à l’effort continu, a tout de même l’excuse (tout le monde a ses excès) d’avoir ses fantasmes ?
On ne peut pas continuer de voir le Cameroun laisser l’amateurisme et l’arrivisme diluer le mérite de ceux qui se battent pour élever la conscience nationale au rang des consciences internationales. A bas quelque indélicate inconnue qui étalerait son irresponsabilité et son insouciance sans que rien ne soit fait pour l’obliger au silence résolu.
Ce livret, qui n’a rien d’un livre, et cette auteure (dont la puissance morbide de l’anonymat n’a d’égale que l’inconsistance du propos) imposent qu’on ne les identifie point. La vacuité de ce livret et l’aspiration manifeste de son auteure à la médisance gratuite exigent la loi du silence et du non-dit propre à la « littérature de circonstance » dont l’achèvement dans le temps est toujours sans appel.
La jeunesse a besoin de repères. Ce n’est donc pas un recul que d’imposer l’outil de la censure dans nos contextes bantous où le droit à la liberté d’expression est rapidement confondu au libertinage. La Chine contrôle les discours en circulation à l’intérieur de son territoire. Mais cela ne l’empêche pas d’être le maître actuel du monde dans l’économie réelle.
Tout dire n’est donc pas synonyme de liberté. La liberté ne dit pas tout.
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