Cameroun - MAGLOIRE SÉRAPHIN FOUDA : Haro sur le cumul de fonctions
© L'Epervier : Valery Zoulla | 07 Jan 2016 03:27:52 | 26837Le Secrétaire général des services du Premier ministre occupe à lui seul 3 présidences de conseil d’administration des sociétés d’Etat. Faudra-t-il remettre en cause d’autres valeurs de la République pour se tourner vers une seule personne ?
Le secrétaire général de la présidence de la République en poste depuis 2011 propose au chef de l’Etat les Dg et Pca des entreprises publiques et parapubliques. En dehors de quelques sociétés d’un autre genre sous contrôle du président de la République notamment la Snh, le Pad, la Cnps et la Sni, le reste semble être de la primauté du Sg/Prc et le PM dans une moindre mesure. Cependant, on note un grand malaise dans la gestion des entreprise pour le simple fait que les Pca sont vieillissants, d’autres cumulent et cela ne permet pas une meilleure lisibilité dans la gestion obscure de ces boites.
En parcourant de fond en comble le registre politico-intellectuel des gouvernements Biya depuis 1983, nous dirons qu’il n’y a aucune raison qui justifie le cumul des postes dont bénéficie aujourd’hui Magloire Séraphin Fouda, actuel secrétaire général des services du Premier ministre. Plus loin, alors que le chômage et la pauvreté battent leur plein au Cameroun, il est embarrassant d’apprendre qu’un fonctionnaire gagne à lui seul un salaire de 30 millions FCFA par mois s’il faut tenir compte des rémunérations mensuelles issues des 03 conseils d’administration dont il a la charge. Son salaire de membre du gouvernement le tout couronné par les pots-de-vin qu’il manipulerait lors des tractations financières y afférentes. En fait, cet universitaire reconnu pour son génie des sciences économiques a été appelé par Paul Biya lors du remaniement du 30 juin 2009 pour occuper le non moins poste de secrétaire général adjoint n°2 de la présidence de la République aux côtés de Ferdinand Ngoh Ngoh, le SG/PRC et de Peter Agbor Tabi camer.be, SGA n°1. Ancien conseiller économique du chef de l’Etat, son nom sera valorisé à partir du moment où on lui a confié la présidence du Conseil d’administration des structures étatiques. Le poste de SGA de la présidence étant reconnu pour être un garage qu’on vous impose avant que Paul Biya ne vous propulse ailleurs.
Le vacarme autour de ce fils du Mfoundi, par Nsimeyong, rend susceptible d’atteinte à la fortune publique les structures dont Fouda Séraphin est Pca. A commencer par Eneo, entreprise de distribution d’énergie électrique au Cameroun. La privatisation de cette entreprise, où l’Etat reste actionnaire soulève des vagues au niveau de ses résultats pendant que les salaires du personnel ne souffrent d’aucun problème. La rémunération, les indemnités et avantages du Pca menaceraient le seuil des salaires perçus par les expatriés. A la Mirap, le budget prévisionnel de 40 milliards FCFA annuel fait bouger la structure, où on observe sa couverture dans les villes de Yaoundé-Douala.
Au Chracerh, structure hospitalière de renommée internationale, le salaire de Fouda Séraphin serait associé aux véhicules haut de gamme qu’il s’est vu attribuer grâce à sa complicité avec le professeur Jean Marie Kassia, directeur dudit centre. Or, la République des cumulards obstrue toute idée d’un développement véritable. Le philosophe grec Platon dans son ouvrage intitulé la République, a souligné les travers du cumul des fonctions et appelle chaque acteur à être à son poste pour un peuple fier.
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