La FAJ demande au Cameroun de libérer les journalistes Félix Ebolé Bola, Rodrigue Tongue et Baba Wamé.
© Source : FAJ | 10 Dec 2015 02:00:00 | 6842La Fédération Africaine des Journalistes (FAJ), le groupe Africain de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), a demandé aujourd’hui aux autorités camerounaises de mettre fin aux interpellations permanentes dirigées depuis plus d’un an contre les journalistes Félix Ebolé Bola du quotidien Mutations, Rodrigue Tongue (précédemment du quotidien Le Messager maintenant à Canal 2 International) et Baba Wamé, président de l’association des cyber journalistes.
« Nos collègues interpellés sont des journalistes tenus par l’obligation de protection de leurs sources ; ils ne sont pas des agents de renseignement et ne peuvent pas se comporter comme tel.», a déclaré Maria Luisa Rogerio, Président intérimaire de la FAJ. « Nous demandons leur libération pure et simple», a ajouté Maria Luisa.
Selon le Syndicat National des journalistes du Cameroun (SNJC), il est reproché aux trois journalistes [de] n’avoir pas , «courant juillet-août 2014, en tout cas dans le temps légal des poursuites, en temps de paix, averti les autorités militaires, administratives ou judiciaires de toute activité de nature à nuire à la défense nationale. Faits prévus et réprimés par les articles 74 et 107 du Code pénal». Les trois journalistes faisaient ainsi l’objet depuis le 28 octobre 2014 d’une surveillance judiciaire avec restriction de leurs libertés, pour «non dénonciation».
Mais en janvier 2015, la juge d’instruction du Tribunal militaire de Yaoundé, Mme Aline Mbia avait clos cette affaire en confirmant leur «sens de civisme avancé», saluant «un zèle de citoyenneté très poussé, respectueux [qu’ils ont] des institutions de la République du Cameroun et partant des autorités judiciaires». Mme Aline Mbia étant affectée comme Commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire d’Ebolowa, au sud du pays, un autre juge, Bernard Tsuite a repris l’instruction et a convoqué les journalistes pour reprendre la procédure à zéro, en les soumettant à un interrogatoire de près de 6 heures sur les mêmes questions. Le 4 décembre 2015 le capitaine Bernard Tsuite a décerné contre les trois journalistes une ordonnance de non-lieu partiel qui a estimé «suffisamment établies» en leur encontre «les charges pour non dénonciation». Il a ordonné en conséquence leur renvoi devant le Tribunal Militaire de Yaoundé statuant en matière criminelle. Les trois journalistes devront comparaître avec le risque d’être condamnés à des peines privatives de libertés.
La FAJ soutient le SNJC qui, tout en restant solidaire pour la lutte contre le terrorisme et contre toute menace à l’intégrité du territoire national, condamne les entraves récurrentes à la liberté de la presse. « Nous appelons le gouvernement camerounais à mettre fin à cette poursuite qui a paralysé ces trois journalistes pendant plus d’un an.», a conclu Maria Luisa.
Pour plus d’information, contacter le Secrétariat de la FAJ : +221 33 867 95 86/7
La FAJ représente plus de 50.000 journalistes dans 40 pays en Afrique
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