Cameroun - Défrisants, attention danger !
© Le Jour : Bravo Tchundju | 10 Nov 2015 07:35:54 | 13009Ces produits faits à base de substances chimiques et utilisés pour rendre les cheveux crépus raides, sont déconseillés par le corps médical.
«Plus jamais je n’aurai encore recours au défrisage dans ma vie. Plus jamais !», déclare rageusement Adelaïde Tchomguim. Cette jeune femme de 25 ans vient de passer trois jours d’hospitalisation dans un centre de santé de Yaoundé, à cause d’une brûlure due à l’application d’un défrisant sur ses cheveux. Rencontrée hier, Adelaïde tient entre ses mains, un miroir, qu’elle consulte de temps à autre. « C’est ce qu’elle fait depuis lundi (2 novembre) qu’elle est sortie de l’hôpital. Tout le temps, elle jette un coup d’oeil sur le miroir comme pour voir si ses cheveux ont repoussé entre temps. Elle ne sort plus, même pas pour aller en cours à l’université », confie Emilie, sa soeur cadette.
En observant le crâne d’Adelaïde, l’on peut en effet constater qu’elle a perdu la quasi-totalité de ses cheveux et qu’elle a des brûlures de part et d’autre. D’après l’étudiante, tout a débuté dans la soirée du jeudi 29 octobre 2015, lorsque de retour du salon de coiffure, elle a commencé à ressentir des douleurs atroces au niveau du cuir chevelu.
« Déjà au salon de coiffure, après avoir lavé le défrisant de mes cheveux, j’ai fait remarquer à la coiffeuse que j’avais mal. Même la coiffure que j’avais prévu de faire, je ne l’ai plus faite. La coiffeuse m’a fait un bain d’huile et a dit que ça va aller. Sauf que, au fur et à mesure que le temps passait, la douleur augmentait. Je suis arrivée à la maison, j’ai pris des comprimés d’efferalgan parce que j’avais déjà de la fièvre. Je suis allée me coucher, j’ai eu du mal à m’endormir, tellement ma tête faisait mal. Le lendemain matin (vendredi, 30 octobre), je me suis réveillée et j’ai constaté que mon oreiller était tout mouillé. Il y avait un liquide qui suintait de mon crâne et ça sentait mauvais. C’est à cet instant que ma mère a décidé de me conduire dans un centre de santé du quartier », raconte Adelaïde, toute pâle.
Une fois dans cet établissement sanitaire, la jeune femme a directement été hospitalisée. Pendant trois jours, elle a reçu des soins intensifs qui lui ont permis de se sentir mieux, en attendant la guérison totale de ses blessures. Elle dit avoir pourtant l’habitude de se défriser avec ce « pot en gamme ». De la chance ou de la grâce, l’on peut le dire, Adelaïde en a eu. Parce qu’elles sont nombreuses les personnes qui, dans le même cas, ont perdu leur vie. Le 1er mai 2014, c’est une quadragénaire qui passait de vie à trépas, après l’application d’un défrisant sur ses cheveux. Le 28 février 2012, une jeune fille de 22 ans a, elle aussi, trouvé la mort en défrisant son pubis.
Laisser les cheveux naturels
D’après Dr Defo, un dermatologue en service à l’hôpital central de Yaoundé, il existe deux types de défrisants : les défrisants physiques qui sont des peignes électriques ou des peignes en fer passés à la flamme ; et les défrisants chimiques, faits à base de produits chimiques. L’utilisation des deux est un danger pour l’homme, à court ou à moyen terme. « Le défrisage physique se fait par la chaleur et le défrisage chimique se fait par les produits chimiques. A cours terme, ils peuvent causer des brûlures qui, négligées, peuvent donner des infections de la peau. Autre conséquence à court terme, ce sont les cheveux qui deviennent très cassants et très fragiles. Comme conséquence à long terme, vous perdez les cheveux et celui-ci ne repoussent pas.
Ceci parce que le défrisant à détruit le cuir chevelu. Les conséquences de ces défrisages peuvent être aussi des cancers, même si ces cas sont un peu rares », explique le dermatologue. Pour lui, la meilleure chose à faire serait de laisser les cheveux naturels, tels qu’ils sont. « On ne doit pas avoir du mal à rester soi-même, parce que si la nature a voulu qu’on ait des cheveux crépus, ont doit les garder crépus. D’ailleurs, il est demandé actuellement aux femmes de se défriser et de se tresser de moins en moins », poursuit le Dr Defo. A celles qui ne peuvent pas respecter ces consignes, il conseille de passer moins de la moitié du temps recommandé sur les tubes, avec son défrisant sur les cheveux.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Virginie Sonya, 24 ans, tuée par son ex-compagnon en Allemagne
Les enjeux mondiaux des prochaines élections législatives en Russie
Cameroun : le major du bac C 2026 est d'Édéa
Cameroun - Eko Eko : « J'enquêtais sur un coup d'État sur ordre de Paul Biya »
Cameroun - Tazih Robinson :«Apprendre un métier, maîtriser une compétence, entreprendre et créer"
il y a un mois
Afrique - Pourquoi l'Occident vous ment sur l'huile de palme
Cameroun - Succession Biya : Franck contre Ngoh Ngoh, la guerre des clans
Cameroun - DISSIPATION DE LA CONFUSION ENTRE LE SUBJONCTIF IMPARFAIT ET LE SUBJONCTIF PLUS-QUE-PARFAIT
Cameroun - Michel Ange Angouing : « La vérité affranchit »
Cameroun - Yaoundé 6 : Le Pont - Vallée Tam-tam paralysé par une montagne d'ordures ( texte et vidéo)
il y a un an