Domestiques camerounais à l’étranger : le piège des trafics
© Cameroon Tribune : Yvette MBASSI-BIKELE | 22 Jul 2015 10:51:50 | 8771Les nouvelles en provenance des pays du Maghreb et du Moyen-Orient, relativement à la situation des compatriotes allés chercher fortune dans ces supposés eldorados, ne sont guère rassurantes depuis quelques mois. Recrutés pour la plupart dans les ménages libanais, saoudiens, émiratis, koweitiens et autres qataris comme agents de nettoyage, nounous pour enfants, jeunes filles au pair, cuisiniers, chauffeurs, précepteurs pour l’enseignement des langues étrangères comme le français… nombre de ces hommes et femmes déchantent rapidement. Du moins, si l’on se fie aux témoignages de certaines victimes ayant pu échapper aux griffes de leurs « maîtres ».
Le dernier cas en date qui défraie la chronique dans les médias nationaux concerne deux jeunes filles d’une vingtaine d’années, parties au Liban depuis bientôt un an. En lieu et place de la belle vie attendue, misère et maltraitances diverses rythment leur quotidien. Réclamant leur rapatriement, les parents des intéressées ont saisi le commissariat du 8e arrondissement à Douala, pour obliger le promoteur d’une agence de placement à les faire revenir. Ils ont obtenu gain de cause. Hélas, l’expérience ne se termine pas toujours aussi bien pour bien de ces expatriés.
Selon la nommée Gertrude Megne dont le témoignage a été publié le 28 mai dernier dans la version électronique de Jeune Afrique, hebdomadaire international, les drames se multiplient au sein de la communauté des domestiques d’origine africaine en général, et camerounaise en particulier. « Les suicides y sont quotidiens. Au moment où je vous parle, elles sont encore des centaines à subir des traitements inhumains, dégradants de la part de leurs employeurs. Et tout cela pour un salaire de 200 dollars (environ 120 000 Fcfa) payés avec difficultés », explique la jeune femme, avouant avoir vécu un véritable calvaire pendant huit mois.
Gertrude Megne avait été « harponnée » sur Facebook par une compatriote disant faire partie d’un réseau qui favorise les voyages des jeunes filles partout dans le monde. En Europe et en Amérique du Nord notamment. La jeune femme qui, veut immigrer au Canada, atterrit curieusement au Liban. La suite est glauque et atroce. « J’espère que mon témoignage servira de leçon à toutes celles qui répondent aux sollicitations d’inconnus qui leur promettent du travail à l’étranger. Ces personnes peuvent réclamer jusqu’à 1 200 euros (environ 800 000 Fcfa) pour ce voyage. Et une fois sur place le piège se referme, car nous n’avons plus les moyens de repartir », confie-t-elle.
Selon l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW), le Liban, à lui seul, compte quelque 250 000 travailleurs domestiques ne disposant d’aucune protection juridique. Les abus qu’ils subissent s’exercent dans le cadre d'une pratique locale appelée « kafala », une forme de parrainage qui impose aux employés de maison d'avoir un « sponsor » pour entrer légalement au Liban. Ce « sponsor » – souvent le particulier qui les embauche – est considéré comme le garant de leur statut, y compris en cas de fuite. Les employeurs confisquent donc souvent les passeports des nouvelles recrues, dès leur arrivée, ce qui les expose particulièrement aux risques d’exploitation.
La plupart des pays du Moyen-Orient sont accusés de ces maltraitances. Pour y faire face, le premier syndicat des travailleurs domestiques dans la région a vu le jour en janvier dernier au Liban. Sept mois après, il n’est toujours pas reconnu légalement. Pour les victimes de ces abus et leurs familles, « il est urgent que les leaders d’opinion en Afrique prennent ce problème au sérieux et fassent tout pour interdire ce trafic honteux ».
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Faux résultats au concours de la Gendarmerie : le Mindef dément
- Yaoundé : Des enfants mineurs retrouvés en captivité déclenchent la réaction du Minas
- Douala : 2 bandits tués par la foule après un braquage
- Affaire Martinez : la guerre des vérités éclate
- Yaoundé : 25 000 FCFA d'amende pour un dépôt sauvage
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Coup d’État au Niger : ce qu’on sait
Bretton Woods en Afrique : 80 ans de pillage ?
Cameroun - MRC-MINAT : la guerre des lettres est déclarée
Monde Entier - MICHAEL JACKSON AURAIT EU 68 ANS CE 29 AOÛT 2026 : LE ROI EST MORT, VIVE LE ROI
Cameroun - AS Monaco - Olympique Marseille : 1er choc de la saison en Ligue 1
il y a un mois
France - Delphine Yoboué : « je fais du théâtre engagé »
Afrique - Les institutions financières de la CEMAC face aux incertitudes économiques et aux innovations
Cameroun - « Vous n'étiez qu'un prédateur sexuel » : le capitaine Effoudou accuse Badjeck
Cameroun - Affaire Martinez Zogo : le colonel Otoulou accable Amougou Belinga
Incident Cameroun-RCA : les FACA récupèrent des armes
il y a un an