Cameroun - Boko Haram : 365 jours de guerre, en attendant la victoire totale
© Le Jour : Denis Nkwebo | 19 May 2015 02:29:38 | 5735Depuis la déclaration de Paris, les forces camerounaises sont montées en puissance tandis que les insurgés islamistes ont battu en retraite.
Le 17 juillet 2014, Paul Biya qui participe au mini-sommet de Paris sur l’insécurité transfrontalière autour du bassin du Lac Tchad fait entrave au protocole.Une déclaration forte, dit-on alors, est prononcée par le chef de l’Etat camerounais depuis la capitale française : « nous sommes ici pour déclarer la guerre à BokoHaram ». Les propos du chef de l’Etat provoquent l’ire d’une partie de la population, et les critiques fusent de partout. La pomme de discorde porte sur le lieu choisi par le dirigeant camerounais pour engager son armée et son peuple dans une guerre dont personne ne maîtrise les contours. Sauf que pour le camp Biya, l’ennemi étant clairement identifiée, il ne fallait plus attendre ».
Sans indiquer la nature du dispositif opérationnel que son armée et ses alliés allaient déployer pour venir à bout de l’insurrection aux frontières septentrionales, la déclaration du président Biya est suivie aussitôt d’actes sans précédents dans l’histoire des forces armées nationales. En effet, des chefs militaires en poste auNord et dans l’Extrême- Nord sont limogés. Les responsables ainsi limogés sont issus de l’armée et de la gendarmerie. Les actes présidentiels n’indiquent pas lesmotifs des sanctions prises. Mais, tout porte à croire que ce coup de pied dans la fourmilière septentrionale, est en rapport direct avec la conduite de la guerre déclarée. Au sein du haut commandement militaire, on soutient que la stratégie, « même si elle n’est pas visible, elle est en place ».Certaines indiscrétions évoquent, au moment des faits, un acte visant à casser « un circuit de ravitaillement ennemi ». Une cargaison d’aliments aurait traversé la frontière en direction du Nigeria, dans un camion affrété par l’un des officiels sanctionnés.
Bir
Alors que plusieurs groupes de pression au sein du ministère de la Défense activent leurs réseaux en vue de la promotion d’un « officier supérieur de confiance » à la tête du dispositif de lutte contre « Boko Haram », le président Biya met en mouvement un plan opérationnel avec pour épicentre, la projection du Bataillon d’intervention rapide (Bir) sur la première ligne de front.Atous les postes avancés, on signale surtout l’implication active des éléments duCentre anti-terroriste (Cat) du Bir. Au commandement Alpha basé à Maroua, les stratèges militaires, au moyens technologiques jusque-là jamais utilisés dans les opérations, scrutent le front, collectent l’information nécessaire aux frappes ciblées sur cibles proches ou lointaines, et développent une cartographie de l’insurrection en dehors et à l’intérieur des zones camerounaises.
Le Bir procède donc au nettoyage, au ratissage et à un pré-positionnement stratégique. Toujours àMaroua, le dispositif « Emergence 4 » voit le jour. Placé sous le commandement du Colonel Kodji commandant la 4ème région militaire, c’est Emergence 4 qui va accueillir le détachement tchadien composé de plus de 2500 hommes. Dans ses composantes terre et air, Emergence 4 dispose des forces d’infanterie, des commandos fusiliers de l’air, basés notamment sur les hauteurs deMabass, tandis que dans sa composante mer, des marins sont chargés de la sécurisation de la zone du lac Tchad. Les troupes tchadiennes mettent le cap sur Maltam où elles sont pré-positionnées, avant la campagne de Fotokol où elles forcent l’ouverture d’une brèche fatale sur le pont El Beid. En effet, le passage des Tchadien à Gambarou, sans ratissage, provoque une expédition punitive de « BokoHaram » sur Fotokol, avec plusieurs dizaines de morts.
Victoire
Avec un double dispositif opérationnel, les forces camerounaises, appuyés par divers services de sécurité ayant fait preuve d’efficacité en infiltrant les lignes ennemis, sont montées en puissance depuis le 17 mai 2014. Alors que l’opposition et la société civile accusaient Paul Biya d’engager tout le pays dans une guerre sans consultations aucune, le chef de l’Etat camerounais a misé sur une victoire finale comme éventuelle justification de ses choix tactiques et stratégiques. Les campagnes victorieuses des forces armées nationales sur la ligne de front, à Waza, Amchidé, Fotokol,Alchigachiaetc, ont créé un ordre de bataille en rangs serrés.
Le consensus national est vite arrivé par lui-même, dans la volonté commune de vaincre lamenace de l’extrémisme et l’obscurantisme religieux.Avec courage et bravoure, les troupes camerounaises ont fait reculer l’ennemi, même si la guerre n’est pas finie. La guerre déclarée le 17 mai 2014 a été gagnée. Mais l’armée nationale doit tenir ses positions, jusqu’à l’éradication totale de la menace.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Justice populaire à Fondjomekwet: L'intégralité de la lettre ouverte de Philippe Roger Tamkou Ngouo
- « Le Nattesgate » : un scandale qui intrigue
- Meridianbet devient sponsor officiel de l'UFC Fight Night Belgrade
- Rebecca Enonchong face à la SRC : procès le 27 juillet à Douala
- Michel FOSSO élevé au rang de Chef de la Communauté Bamougoum de l'Ouest
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Cameroun - Paul Biya absent : le vide constitutionnel qui inquiète
Nigéria - Héritage de 35 millions : son mari exige tout, elle divorce
Cameroun - SNH : Chantal Biya veut évincer Nathalie Moudiki
Monde Entier - Coupe du Monde 2026 : L’Angleterre prend le bronze, la France craque après une remontée folle 6-4
Cameroun - Yaoundé capitale du VIH en milieu urbain
il y a un mois
Afrique - Polygamie africaine : de l'assumé au caché, le grand basculement
Onana tacle Eto'o : « L'ego de Donatien K » a coulé le Cameroun
Cameroun - Faux décrets à la CRTV : manipulation politique ou tentative de putsch ?
Zébé : barricades et colère autour des frais de transport Cameroun-Tchad
Cameroun - Kribi : 2,6 milliards FCFA pour faire du port un géant logistique
il y a un an