Cameroun - Fraude : Des lots de plastiques non-biodégradables saisis
© La Nouvelle Expression : Lucienne Wouassi | 13 Apr 2015 17:58:35 | 3392En provenance du Nigeria et dissimulés dans des camions de marchandises, ils ont été interceptés à l’entrée du Sud-Ouest par les agents des douanes.
L’interdiction des emballages plastiques non-biodégradables, d’une épaisseur inférieure à 61 microns, peine à prendre effet sur l’ensemble du territoire national. Sur le marché, ledit plastique est bien visible et toutefois l’on s’interroge sur sa provenance. Pourtant, dans l’arrêté conjoint n°004 /Mineepded/Mincommerce du 24 octobre 2012 portant réglementation de la fabrication, de l’importation et de la commercialisation des emballages non-biodégradables, les consignes sont claires. Leur production est arrêtée sur l’ensemble du territoire camerounais depuis plusieurs mois. Seulement, des sources ont indiqué que ceux-ci proviennent des pays voisins principalement du Gabon et du Nigeria. Une interpellation qui a fait bouger les services des Douanes, et de même la vigilance de ces hommes dont le devoir est de contrôler tout ce qui entre et sort du territoire camerounais.
Au cours d’un contrôle à l’entrée de la région du Sud-ouest il y’a quelques jours, plusieurs camions captent l’attention. En provenance du Nigeria, ce sont des babouches plastiques et le lait «Doudou», qui sont déclarés aux services des douanes apprend-on. Les deux produits sont d’ailleurs dans les camions, seulement ils servent de couverture pour les plastiques qui sont enfouies dans les ballots. «Des fraudeurs développent des stratégies et des méthodes sophistiquées pour tromper la vigilance des contrôleurs», explique un agent des douanes. Et comme réponse, des méthodes de contrôles sont notamment mises en place. C’est d’ailleurs, au cours d’un contrôle approfondi via un scanner sophistiqué, que quatre camions de près de 1000 ballots seront interceptés.
A la grande surprise, les ballots qui semblaient contenir du lait et des babouches, cachent bien mieux. Des lots de plastiques non-biodégradables délicatement rangés au fond. «Ils mettent le lait et les babouches sur les bords et à l’intérieur, ils insèrent les plastiques et avec le contrôle ordinaire on ne peut le savoir…», explique Robert Tita, inspecteur principal des régies financières. D’où l’importance du nouveau scanner.
Une infraction douanière
D’après les inspecteurs des douanes, cette action reste une infraction douanière et non pénale. Par conséquent, après retrait et destruction de cette marchandise qui est interdite sur le territoire Camerounais, les autres contenus des Camions qui sont entre autres le lait et les babouches seront restitués aux propriétaires.
Une action qui s’inscrit dans la protection de l’environnement, mission à laquelle s’est assigné le ministère de l’environnement, de la protection de la nature et du développement durable. «C’est une mission de la protection de l’environnement, il s’agit du risque auquel s’expose le Cameroun. Ils ont payé les droits de Douanes, comme si c’était les babouches, ce qui veut dire que l’Etat Camerounais a perçu de l’argent pour le droit des babouches. L’arrêté conjoint du Mincommerce et Mineepde implique également la douane, et alors nous devons renforcer le contrôle, surtout qu’on sait que la marché Camerounais reste inondé par ces plastiques non-biodégradables», conclut Robert Tita qui rassure que les jours à venir ne seront pas aisés pour les différents fraudeurs.
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