Nigéria - REPRISE DE GAMBARU PAR BOKO HARAM : Quand Goodluck joue la carte du pourrissement
© lepays.bf : Pousdem PICKOU | 23 Mar 2015 11:46:41 | 8706La vaillante armée tchadienne avait, on s’en souvient, libéré la ville nigériane de Gambaru, des griffes de Boko Haram. Mais le contingent de Deby a dû quitter la zone à la demande du Nigeria, avec l’engagement de ce dernier à sécuriser militairement la ville. Contre toute attente, l’armée de Goodluck n’a pas daigné réinvestir la localité. Et comme la nature a horreur du vide, les djihadistes de Boko Haram y ont repris pied et s’y livrent à nouveau à leur sport favori, c’est-à-dire, des exactions et massacres de populations. Entre mercredi et jeudi derniers par exemple, ils ont donné la mort à onze personnes. Et le pire est à redouter puisqu’ils n’ont en face, personne pour les contrarier.
Sacré Goodluck ! Que veut-il finalement ? Pourrait-on s’interroger tout en s’indignant. En effet, non seulement il est incapable de desserrer l’étau des djihadistes autour de Gambaru, laissant le soin aux autres de le faire à sa place, mais aussi il pousse l’irresponsabilité à son comble, une fois la localité libérée, en la livrant à nouveau aux barbus de Shekau. Cela est d’autant plus révoltant que c’est à sa demande que les Tchadiens avaient quitté la ville. Si ce scénario devait se répéter à propos des autres localités nigérianes que les troupes tchadiennes et nigériennes sont en train de débarrasser de la férule de Boko Haram, l’on courrait le risque d’assister à une situation surréaliste qui contraindrait les libérateurs venus des pays voisins à tirer tous les enseignements de leur collaboration avec l’armée du Nigeria.
Et l’enseignement le plus sage pour eux, serait de faire leur paquetage et de quitter le Nigeria pour ne pas sacrifier inutilement leurs soldats pour un pays dont les responsables donnent l’impression que Boko Haram est le cadet de leurs soucis. Cette attitude, on ne peut plus kafkaïenne de Goodluck dans sa gestion du dossier de Boko Haram, pourrait s’expliquer de deux façons.
L’indolence de Goodluck est une sorte d’arme politique
D’abord, l’on pourrait l’expliquer par un dysfonctionnement de la chaîne de commandement de l’armée fédérale, si fait que les consignes formulées par Goodluck en sa qualité de chef suprême des armées, ne sont jamais observées par les militaires qui sont déployés sur le terrain. L’on peut ajouter à cela le fait que l’armée nigériane a, en son sein, des éléments qui sont de connivence avec Boko Haram et qui font par conséquent tout pour saper le moral de leurs frères d’arme, et les encourager à prendre la poudre d’escampette au moindre coup de feu de Boko Haram.
La deuxième explication que l’on pourrait apporter à l’attitude de Goodluck face à Boko Haram, est que le président nigérian donne l’impression de jouer la carte du pourrissement. En effet, pour des raisons qui pourraient être d’ordre électoraliste, celui-ci pourrait avoir intérêt à ce que les localités contrôlées par les djihadistes restent en l’état. Cette situation, de toute évidence, jouera négativement sur le taux de participation des populations, insécurité oblige, à la présidentielle à venir. Cette hypothèse se défend d’autant plus que l’électorat des zones affectées et infestées par Boko Harkm est favorable à son rival à la présidentielle. Si ces zones étaient situées dans la partie Sud du pays, fief électoral de Goodluck, l’on peut parier qu’il se serait pris autrement avec Boko Haram. L’indolence donc de Goodluck est une sorte d’arme politique pour dissuader les populations du Nord-est du pays, à prendre part massivement au scrutin. En tous les cas, Goodluck a énormément failli en tant que premier responsable du Nigeria, dans sa gestion de la question de Boko Haram.
Vouloir en rajouter en sollicitant de ses compatriotes un mandat de plus, peut s’apparenter à un crime prémédité. Certes, la situation chaotique que vit le Nigeria aujourd’hui, Goodluck en porte la plus grande responsabilité. Mais l’on pourrait aussi pointer du doigt la classe politique dans son ensemble et surtout la société civile. En effet, tous ces acteurs semblent ne pas faire de la résolution de la problématique de Boko Haram, une réelle préoccupation, laissant de ce fait Goodluck se démener seul comme un beau diable face aux hommes de Shekau. En somme, devant le phénomène Boko Haram, l’on peut faire le constat d’une démission collective de la nation nigériane. Et cette démission collective peut s’observer depuis le début de la crise.
Certes, les troupes tchadiennes sont revenues à Gambaru pour rattraper la faute de Goodluck, mais tant que tout le Nigeria ne va pas se réveiller pour apporter la réplique qu’il faut à Boko Haram, les Tchadiens, malgré leur témérité et leur maîtrise de l’art de la guerre, risquent de s’embourber au Nigeria.
Le réveil de tout le Nigeria est d’autant plus impératif qu’avec l’allégeance de Boko Haram à l’Etat islamique, les choses vont devenir plus sérieuses. Car, c’est l’existence du Nigeria en tant qu’Etat qui pourrait être définitivement remise en cause avec cette nouvelle donne.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Paul Atanga Nji : une ingérence de trop ?
- MRC : Okala Ebode contre le retour de Maurice Kamto à la tête du MRC
- Les enjeux mondiaux des prochaines élections législatives en Russie
- Affaire MRC : l'audience du 1er septembre n'a pas eu lieu
- ELECAM boucle la révision : la mobilisation commence maintenant
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Pirates somaliens : le retour d'une menace oubliée en 2026
Guinée - CAN 2032 : Sénégal-Guinée vs AES, la bataille
France - JG Beutch : « La Coupe du monde s’est jouée dans notre salon, mais le Cameroun nous a manqué »
Royaume-Uni - Tottenham Hotspur officialise l’arrivée de Marcos Senesi
Cameroun - Paul Atanga Nji veut éliminer le MRC
il y a un mois
Cameroun : Tchiroma rejette la succession dynastique
Cameroun - Paul Biya absent : « Ces gens nous méprisent »
Belgique - Club Brugge et KV Kortrijk ouvrent le bal en Jupiler Pro League
Cameroun - BTE Engineering Group veut réduire la dépendance aux technologies étrangères dans les ascenseurs
ICT University ouvre un nouveau chapitre de partenariat avec l'enseignement supérieur au Cameroun
il y a un an