Cameroun - L’IRIC : LE SALAIRE DE L’INCOMPETENCE ET DE L’IRRESPONSABILITE
© Source : The Spark | 19 Mar 2015 11:02:43 | 7006L’affaire des listes multiples au concours de l’IRIC remet au goût du jour la problématique de la compétence et du courage politique de certains membres du gouvernement. On peut toujours rigoler, lorsqu’un ministre inaugurant quelques chrisanthèmes, claironne qu’il le fait sur les hautes instructions du Président de la République. Mais il n’y a rien de risible en cela parce que les ministres, dans leur immense majorité pour ne pas dire tous, ont appris à se défausser sur leur hiérarchie pour éviter de décider, sauf quand il s’agit de voler ou de détourner l’argent du contribuable. L’astuce étant de se dégager de toute responsabilité en cas de problème, comme il n’en manque jamais dans l’exercice d’un magistère.
Cette politique participe de l’inertie dans laquelle est englué un gouvernement fait d’attentistes et d’irresponsables de lâches notoires. Qui en doute n’a qu’à voir ce qui vient de se passer à l’Institut des Relations Internationales du Cameroun, une école de référence qui a en charge la formation des élites de ce pays. En l’espace de quelques jours, plusieurs listes d’admis ont été publiées par la même autorité qui ne s’est pas émue outre mesure des conséquences et des ravages que pareils agissements pouvaient causer au sein de l’opinion publique. Dépassé par les évènements, le Ministre de l’Enseignement Supérieur a refilé la patate chaude au Président de la République qui, comme à l’accoutumé, a été obligé de trancher .
Cette fois en faveur du jumelage de toutes les listes auxquelles on a ajouté les candidats de la liste d’attente. Problème résolu donc sur le même schéma que celui de l’Ecole Normale de Maroua encore frais dans les mémoires. Mais qu’à cela ne tienne et malgré l’intervention de S.E.M. Paul BIYA, les effluves de cette noséabonde affaire ridicule empestent toujours l’air et contribuent à saper l’image de marque du pays déjà mis à mal par un environnement délectère. D’abord parce qu’aux yeux des partenaires tout le pouvoir est détenu par le Président de la République qui est le seul à décider.
Argument qui donne du poids à ceux qui l’accusent d’être un autocrate qui tient en laisse le reste des institutions. Ensuite parce que des tripatoullages dans une école d’élite, ayant de surcroit en charge la formation des diplomates, montrent à souhait la profondeur du trou béant dans lequel on est tombé. Moralement s'entend les exègètes des explications et du kilav ont beau trouvé des rectificatifs de ce qui s’est passé à l’IRIC. Toujours est t-il que la mayonnaise ne prend pas. On évoque dans les coulisse l’équilibre régional qui n’aurait pas été respecté pour expliquer l’annulation de la première liste. Soit ! Mais tout le monde sait que le principe est inscrit dans des textes qui n’ont jamais été abrogés.
A commencer par le Ministre de l’Enseignement Supérieur qui aurait dû vérifier si cet équilibre à été respecté avant d’apposer sa signature. Lui dont les services sont particulièrement rompus à cet exercice dans le cadre des commissions de bourses ou d’attributions des aides aux étudiants. Ensuite il y a le Directeur même de l’IRIC qui est un Ministre Pléni potentiaire parfaitement au fait du fonctionnement des institutions et de l’administration. Qu’il ait foulé au pied un principe relevant de la volonté politique de la plus haute hiérarchie de ce pays constitue une faute grave. Mais alors plus que grave. On va toujours polémiquer sur la politique de l’équilibre régional, mais il va sans dire qu’elle comporte des avantages en ce qu’elle permet à toutes les régions de participer à la gestion du pays.
Elle est d’autant plus nécessaire qu’on observe toujours des disparités criardes en matière de scolarisation tant entre les régions qu’à l’intérieur de celles – ci. Mais là n’est pas notre propos. Pour revenir à nos moutons, on peut s’offusquer de cette incompétence qui gangraine les hautes sphères de l’Etat. Incompétence à laquelle il faut bien ajouter une irresponsabilité qui gagne du terrain avec comme conséquence cette mauvaise impression du culte de la personnalité qu’on impute à tort au Chef de l’Etat Paul BIYA. L’affaire de l’IRIC, illustre à merveille ces dérives et met au grand jour le jeu pervers auxquel se livrent de soit disant créatures du Président de la République dont l’objectif affiché est de dire demain qu’elles n’avaient pas le pouvoir de décision.
Et ça c’est malsain et malhonnête. C’est d’ailleurs la même situation qui se dessine à la FECAFOOT. Le comité de normalisation rabroué par le Tribunal Arbitral du Sport a suffisamment montré ses limites et son incompétence. L’instance faîtière du football se trouve désormais dans une impasse totale. Et comme toujours tous les regards se tournent vers le Président de la République comme s’il avait solution miracle à tous problèmes. A la suite du brulot de l’IRIC, voilà une nième patate chaude qu’on s’apprête à filer au Président, sans pour autant que les responsables de la situation ne tirent les conséquences de leurs échecs, en rendant simplement leurs tabliers. Mais chez nous le ridicule ne tue pas et les profiteurs sont prêts à toutes les extrémités pour conserver leur bifteck. Honte à vous !
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