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    <title>Le flux rss de camer.be : POINTDEVUE</title>
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    <description><![CDATA[Camer.be, l'info claire et nette]]></description>
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      <title>Le flux rss de camer.be : POINTDEVUE</title>
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    <lastBuildDate>Sat, 25 Jul 2026 01:04:10 +0200</lastBuildDate>
        <item>
      <title><![CDATA[Paul Biya : 2 600 jours hors du Cameroun en 43 ans]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/94085/30:27/paul-biya-2-600-jours-hors-du-cameroun-en-43-ans-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Tandis que Paul Biya bat son propre record d'absence avec 45 jours
hors du Cameroun, l'analyste Aristide Mono établit un classement des
absences présidentielles...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Tandis que Paul Biya bat son propre record d'absence avec 45 jours hors du Cameroun, l'analyste Aristide Mono &eacute;tablit un classement des absences pr&eacute;sidentielles qui place le chef de l'&Eacute;tat camerounais en t&ecirc;te de toutes les cat&eacute;gories.</p>
<p>Le 7 juin 2026, Paul Biya quittait Yaound&eacute; pour un &laquo; court s&eacute;jour priv&eacute; en Europe &raquo;. <strong>45 jours plus tard</strong>, le pr&eacute;sident camerounais, 93 ans, reste absent du triangle national. Aucune image, aucune allocution, aucune d&eacute;claration officielle.</p>
<p>Dans ce silence assourdissant, une voix s'&eacute;l&egrave;ve. Aristide Mono, politologue et analyste camerounais, a publi&eacute; un classement qui fait le tour des r&eacute;seaux sociaux : le palmar&egrave;s des absences les plus longues des pr&eacute;sidents africains. En t&ecirc;te de toutes les cat&eacute;gories, un nom revient sans cesse : <strong>Paul Biya</strong>. Et les chiffres donnent le vertige.</p>
<h2>45 jours et toujours pas de retour</h2>
<p>Le 7 juin 2026, la pr&eacute;sidence camerounaise publie un communiqu&eacute; : le chef de l'&Eacute;tat quitte Yaound&eacute; pour un &laquo; court s&eacute;jour priv&eacute; en Europe &raquo;. L'expression est devenue, au fil des ans, un code. Les s&eacute;jours de Paul Biya en Europe, officiellement priv&eacute;s, durent souvent plus de 30 jours.</p>
<p>Mais celui-ci est diff&eacute;rent. 45 jours se sont &eacute;coul&eacute;s. Aucune image du pr&eacute;sident, aucune apparition publique. Selon des informations de Jeune Afrique, Paul Biya se serait rendu en Suisse pour recevoir des soins dans une clinique priv&eacute;e de Gen&egrave;ve. Une partie de sa famille, dont son fr&egrave;re et deux de ses enfants, se trouveraient aussi en Suisse.</p>
<p>Le gouvernement n'a fourni aucune information sur la date de son &eacute;ventuel retour.</p>
<h2>&laquo; O&ugrave; est m&ecirc;me Paul Biya ? &raquo; : le cri d'Aristide Mono</h2>
<p>C'est l'analyste politique et activiste Aristide Mono qui a ouvert le bal. Dans un statut devenu viral, il lance : &laquo; O&ugrave; est m&ecirc;me Paul Biya ? 39 jours d&eacute;j&agrave; hors du pays. Aucune image de lui. Il fait seulement quoi comme &ccedil;a &agrave; l'&eacute;tranger ? &raquo;&nbsp;</p>
<p>Une question simple. Une r&eacute;ponse qui se fait attendre.</p>
<p>Aristide Mono, politologue camerounais n&eacute; en 1983, est directeur du Cabinet de prestations intellectuelles la Soci&eacute;t&eacute;. Connu pour ses positions critiques et son refus des clivages, il est suivi par une large audience au Cameroun et dans la diaspora. Son statut a &eacute;t&eacute; massivement partag&eacute;, amplifiant le d&eacute;bat sur l'absence pr&eacute;sidentielle.</p>
<h2>Le classement des absences records</h2>
<p>Mono a &eacute;tabli une classification qui fait date. <strong>Cat&eacute;gorie A Les plus longues absences continues pour raisons de sant&eacute;</strong> :</p>
<table style="border-collapse: collapse; width: 100%;" border="1">
<tbody>
<tr>
<td style="width: 31.295%;"><strong>Pr&eacute;sident</strong></td>
<td style="width: 31.295%;"><strong>Pays&nbsp;</strong></td>
<td style="width: 31.295%;"><strong>Dur&eacute;e&nbsp;</strong></td>
</tr>
<tr>
<td style="width: 31.295%;">Ali Bongo Ondimba</td>
<td style="width: 31.295%;">Gabon&nbsp;</td>
<td style="width: 31.295%;">5 mois (environ 150 jours)</td>
</tr>
<tr>
<td style="width: 31.295%;">Muhammadu Buhari&nbsp;</td>
<td style="width: 31.295%;">Nigeria&nbsp;</td>
<td style="width: 31.295%;">103 jours (2017)</td>
</tr>
<tr>
<td style="width: 31.295%;">Umaru Yar'Adua</td>
<td style="width: 31.295%;">Nigeria&nbsp;</td>
<td style="width: 31.295%;">90 jours (2009-2010)</td>
</tr>
<tr>
<td style="width: 31.295%;">Abdelaziz Bouteflika</td>
<td style="width: 31.295%;">Alg&eacute;rie&nbsp;</td>
<td style="width: 31.295%;">81 jours (2013)</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Ali Bongo a &eacute;t&eacute; victime d'un AVC le 24 octobre 2018 lors d'un s&eacute;jour en Arabie Saoudite. Muhammadu Buhari a pass&eacute; 103 jours &agrave; Londres pour des raisons m&eacute;dicales non divulgu&eacute;es. Umaru Yar'Adua a quitt&eacute; le Nigeria le 23 novembre 2009 pour se faire soigner en Arabie Saoudite et n'est revenu que trois mois plus tard. Abdelaziz Bouteflika a &eacute;t&eacute; hospitalis&eacute; 80 jours &agrave; Paris en 2013 apr&egrave;s un AVC.</p>
<p><strong>Cat&eacute;gorie B Les plus longues absences continues pour raisons non m&eacute;dicales</strong> :</p>
<table style="border-collapse: collapse; width: 100%;" border="1">
<tbody>
<tr>
<td style="width: 31.295%;"><strong>Pr&eacute;sident&nbsp;</strong></td>
<td style="width: 31.295%;"><strong>Pays&nbsp;</strong></td>
<td style="width: 31.295%;"><strong>Particularit&eacute;&nbsp;</strong></td>
</tr>
<tr>
<td style="width: 31.295%;">Paul Biya</td>
<td style="width: 31.295%;">Cameroun</td>
<td style="width: 31.295%;">Record absolu</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Puisque ses gouvernements d&eacute;mentent toujours les rumeurs sur son &eacute;tat de sant&eacute; lorsqu'il s'absente longtemps, Biya se distingue dans cette cat&eacute;gorie.</p>
<p><strong>Cat&eacute;gorie C Les plus longues absences cumul&eacute;es</strong> :</p>
<table style="border-collapse: collapse; width: 100%;" border="1">
<tbody>
<tr>
<td style="width: 31.295%;"><strong>Pr&eacute;sident&nbsp;</strong></td>
<td style="width: 31.295%;"><strong>Pays&nbsp;</strong></td>
<td style="width: 31.295%;"><strong>Cumul&nbsp;</strong></td>
</tr>
<tr>
<td style="width: 31.295%;">Paul Biya</td>
<td style="width: 31.295%;">Cameroun</td>
<td style="width: 31.295%;">Environ 2 600 jours</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h2>2 600 jours hors du Cameroun : le chiffre qui donne le vertige</h2>
<p>Depuis son arriv&eacute;e au pouvoir en novembre 1982, Paul Biya aurait pass&eacute; environ 2 600 jours hors du Cameroun soit <strong>pr&egrave;s de 7 ans</strong>, dont 6 au titre de &laquo; s&eacute;jours priv&eacute;s &raquo; (sans nouvelles de lui). Cela repr&eacute;sente environ 15 &agrave; 16 % de la totalit&eacute; de son r&egrave;gne.</p>
<p>Pour parler terre &agrave; terre, lorsqu'on additionne le nombre de jours que Paul Biya a d&eacute;j&agrave; pass&eacute;s &agrave; l'&eacute;tranger depuis 1982, on se rend compte qu'il a d&eacute;j&agrave; fait pr&egrave;s de 7 ans en train de diriger le Cameroun depuis un lieu inconnu, hors du pays.</p>
<p>Un rapport de la BBC avait d&eacute;j&agrave; r&eacute;v&eacute;l&eacute; en 2018 que les pays pr&eacute;f&eacute;r&eacute;s du chef de l'&Eacute;tat camerounais sont la Suisse, o&ugrave; il a pass&eacute; 650 jours, et la France, 372 jours. Des s&eacute;jours dont le co&ucirc;t est estim&eacute; &agrave; des dizaines de milliards de francs CFA.</p>
<h2>Une absence qui interroge sur la continuit&eacute; de l'&Eacute;tat</h2>
<p>Au-del&agrave; des records, cette absence prolong&eacute;e soul&egrave;ve des questions constitutionnelles. L'Union d&eacute;mocratique du Cameroun, parti d'opposition, a appel&eacute; &agrave; de la transparence pour garantir &laquo; la stabilit&eacute; de la R&eacute;publique &raquo;. Le d&eacute;put&eacute; d'opposition Jean Michel Nintcheu a saisi le Conseil constitutionnel pour qu'il constate la vacance du pouvoir.</p>
<p>Des universitaires comme Jean Calvin Aba'a Oyono ont &eacute;galement formul&eacute; cette demande.</p>
<p>De son c&ocirc;t&eacute;, le parti pr&eacute;sidentiel tente de rassurer. &laquo; Le pouvoir n'est pas vacant et le Lion n'est pas parti. Il est encore l&agrave; &raquo;, a &eacute;crit Christophe Mien Zok, directeur des organes de presse du RDPC. &laquo; Jusqu'&agrave; preuve du contraire, Paul Biya reste l'unique cocher de l'attelage et de la caravane Cameroun &raquo; .</p>
<p>Pourtant, en avril 2026, les d&eacute;put&eacute;s ont approuv&eacute; la r&eacute;introduction du poste de vice-pr&eacute;sident, qui serait le premier &agrave; succ&eacute;der &agrave; Biya. Mais le poste n'a toujours pas &eacute;t&eacute; pourvu.</p>
<h2>Le silence qui devient assourdissant</h2>
<p>En 2024, apr&egrave;s une absence prolong&eacute;e similaire, le gouvernement avait interdit les discussions sur la sant&eacute; de Biya. Cela n'avait pas emp&ecirc;ch&eacute; les rumeurs de circuler. Cette fois, le silence est encore plus pesant.</p>
<p>Comme le r&eacute;sume Aristide Mono dans son analyse, la question n'est plus seulement &laquo; O&ugrave; est Paul Biya ? &raquo; mais aussi &laquo; Le Cameroun est-il encore gouvern&eacute; ? &raquo; .</p>
<hr />
<p>Qu'en pensez-vous ? Un pr&eacute;sident peut-il gouverner depuis l'&eacute;tranger ? D&eacute;battez en commentaires.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">La rédaction</dc:creator>
      <pubDate>2026-07-24 18:27:51</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Leçon du Cameroun au Sénégal : Paul Biya parle à Diomaye Diakhar Faye]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/94080/30:27/lecon-du-cameroun-au-senegal-paul-biya-parle-a-diomaye-diakhar-faye-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[A propos de la candidature de MACKY SALL au poste de Secrétaire
général de l’ONU
 
Mieux vaut toujours tard que jamais, et l’histoire n’a pas, dans
la traductio...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>A propos de la candidature de MACKY SALL au poste de Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;ONU<br />&nbsp;<br />Mieux vaut toujours tard que jamais, et l&rsquo;histoire n&rsquo;a pas, dans la traduction de la post&eacute;rit&eacute;, de pardon possible pour certaines trahisons, certains manquements, certaines rancoeurs, certaines d&eacute;faillances et certains errements. Le temps de la sagesse peut prendre long &agrave; s&rsquo;imposer, mais d&egrave;s lors qu&rsquo;il intervient avec toutes ses cons&eacute;quences et implications, l&rsquo;urgence doit commander non pas des repentirs, des corrections brutales ou des r&eacute;parations pr&eacute;cipit&eacute;es et des accusations m&ecirc;mes l&eacute;gitimes, mais des dispositions pratiques qui montrent la bonne foi, l&rsquo;humilit&eacute; et la responsabilit&eacute;. Les bruits, tourments et retournements autour de la candidature de Macky Sall, ancien pr&eacute;sident du S&eacute;n&eacute;gal et ancien pr&eacute;sident de l&rsquo;Assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale au poste tr&egrave;s convoit&eacute; de Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;ONU, offrent une nouvelle perspective de triomphe de la sagesse tardive, mais n&eacute;anmoins appropri&eacute;e et attendue.<br />&nbsp;<br />Nous n&rsquo;avons jamais h&eacute;sit&eacute;, nous n&rsquo;avons jamais attendu ni tra&icirc;n&eacute; les pieds, tant l&rsquo;enjeu avait une odeur de devoir historique et d&rsquo;interpellation quasiment divine. Je ne m&rsquo;explique d&rsquo;ailleurs pas pourquoi et comment, il ne s&rsquo;est pas trouv&eacute; des vagues de mouvements de soutien &agrave; travers le continent, pour manifester une affection sans faille, un accompagnement total de la candidature de Macky Sall. Mais que font nos hommes des m&eacute;dias, des lettres et des sciences, des savoirs du monde ?</p>
<p>Nous ne comprenions pas, et nous ne supportions pas cette v&eacute;ritable h&eacute;r&eacute;sie d&rsquo;absence de prononciation du gouvernement s&eacute;n&eacute;galais pour la candidature d&rsquo;un fils du terroir, d&rsquo;un enfant d&rsquo;Afrique. Le d&eacute;bat doit dor&eacute;navant &ecirc;tre clos, vraiment clos. Regardons devant et avan&ccedil;ons, avan&ccedil;ons en rang serr&eacute; pour la bataille qui a commenc&eacute; depuis. Mais avant, nous devons adresser des remerciements au jeune et prodigue pr&eacute;sident de la r&eacute;publique du S&eacute;n&eacute;gal, pour avoir transcend&eacute; et surpasser certains enfantillages de la sc&egrave;ne politique de son pays, pour annoncer au monde le soutien du pays au fils, au fr&egrave;re, &agrave; l&rsquo;ancien, au t&eacute;nor. Je lui avais du reste adress&eacute; personnellement une correspondance d&rsquo;&eacute;tonnement et de sensibilisation.</p>
<p>Ce que nous en attendons, n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que l&rsquo;engagement sinc&egrave;re et honn&ecirc;te, engagement dont la lecture de l&rsquo;histoire r&eacute;cente de la diplomatie camerounaise, nous offre un bel exemple &agrave; proposer, &agrave; copier, &agrave; promouvoir et &agrave; populariser.&nbsp;</p>
<p>Le Cameroun doit parler au S&eacute;n&eacute;gal, Paul Biya en personne doit parler &agrave; son jeune fr&egrave;re, pour lui montrer le chemin, pour lui prescrire l&rsquo;exemple que peu d&rsquo;Africains ont os&eacute;, ont mis en route, ont exp&eacute;riment&eacute; et ont act&eacute;. Nous parlons de la candidature du Professeur Maurice Kamto comme un des neufs influents Juges de la Cour internationale de justice de La Haye. C&rsquo;&eacute;tait il y a quelques ann&eacute;es alors que le brillant juriste &eacute;tait encore membre du gouvernement de la r&eacute;publique. Le Cameroun ne d&eacute;ploya pas seulement les moyens mat&eacute;riels, financiers et humains, il fit plus. En effet le Chef de l&rsquo;Etat Paul Biya s&rsquo;impliqua personnellement, emmenant son Ministre-Candidat &agrave; travers le monde dans toutes les rencontres de haut niveau, pour qu&eacute;mander le soutien, pour s&rsquo;assurer de l&rsquo;adh&eacute;sion des autres, en le pr&eacute;sentant, au-del&agrave; de son Ministre de la justice, comme SON FILS. C&rsquo;&eacute;tait unique et exceptionnel dans les annales de la diplomatie camerounaise et m&ecirc;me africaine. C&rsquo;&eacute;tait un bel exemple, une d&eacute;monstration retentissante de nationalisme, de conscience des int&eacute;r&ecirc;ts nationaux et de patriotisme sublime. Koffi Annan alors Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;ONU, fut &eacute;mu par le geste, et s&rsquo;impliqua pour r&eacute;pondre &agrave; Paul Biya qui selon ses propres dires, ne lui avait jamais personnellement rien demand&eacute;, de surcro&icirc;t avec une telle &eacute;motion et intensit&eacute;. H&eacute;las, notre candidat, bien que meilleur parmi les meilleurs, fut boycott&eacute; lors du vote, par quelques pays qui nous en voulaient pour un autre pan de notre diplomatie qu&rsquo;ils n&rsquo;approuvaient pas. N&eacute;anmoins dans cette lanc&eacute;e le prof fut &eacute;lu peu apr&egrave;s Pr&eacute;sident de la tr&egrave;s prestigieuse Commission du Droit international de l&rsquo;ONU.</p>
<p>Voil&agrave; le chemin, voil&agrave; ce que Diomane doit imp&eacute;rativement faire. S&rsquo;il se contente de rester &agrave; Dakar et de pondre des d&eacute;clarations, il ne nous aura pas aid&eacute;, il n&rsquo;aura pas r&eacute;pondu aux attentes de toute l&rsquo;Afrique et m&ecirc;me du grand h&eacute;misph&egrave;re sud qui regarde. Il doit se jeter &agrave; l&rsquo;eau, exactement comme le fit Paul Biya pour son brillant et illustre poulain./.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Shanda Tonme</dc:creator>
      <pubDate>2026-07-24 11:14:40</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Cameroun :: Paul Biya’s Dynastic Succession Plot]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/94078/30:27/cameroun-paul-biyas-dynastic-succession-plot-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Paul Biya’s Dynastic Succession Plot: The Iron Fist of Family
Capture That Threatens to Hurl Cameroon into Irreversible National
Collapse

A stark warning: igno...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Paul Biya&rsquo;s Dynastic Succession Plot: The Iron Fist of Family Capture That Threatens to Hurl Cameroon into Irreversible National Collapse</p>
<p>A stark warning: ignore this blueprint for hereditary rule, and Cameroon risks sliding into the abyss of institutional ruin, fractured sovereignty, especially with the ongoing Ambazonia crisis, and catastrophic state failure.</p>
<p>As Cameroon&rsquo;s President Paul Biya, aged 93, continues to defy time as Africa&rsquo;s longest-serving non-royal head of state, the machinery of succession is no longer quietly shifting &ndash; it is being engineered in the shadows by a predatory elite determined to preserve its stranglehold on power. In power since November 6, 1982 &ndash; longer than most Cameroonians have been alive &ndash; Biya has ruled through a highly centralised, opaque and deeply corrupt system that has concentrated political power and economic spoils within a tight circle of loyalists of the Cameroon People&rsquo;s Democratic Movement (CPDM). Recent constitutional changes signal that the end of an era is being prepared, but on terms that prioritise continuity of the dynastic and elite cabal over any open democratic transition. This is not reform; it is the institutionalisation of capture.</p>
<p>In April 2026, Cameroon&rsquo;s National Assembly &ndash; a rubber-stamp legislature &ndash; overwhelmingly approved a bill reinstating the position of Vice President (VP), a role abolished in 1972 during the country&rsquo;s forced shift from a federal to a unitary state. Biya signed the legislation into law shortly thereafter. Under the new framework, the Vice President is appointed directly by the President and can be dismissed at will. Critically, in the event of the President&rsquo;s death, resignation, or incapacitation, the VP automatically assumes the presidency to complete the remainder of the seven-year term, after which elections would be held. This move, cynically framed by the government as a safeguard for stability, has intensified speculation about a controlled, unconstitutional handover amid persistent and intensifying health rumours surrounding Biya &ndash; rumours the regime has tried to smother with bans on public discussion.</p>
<p>The timing is telling and deeply sinister. Biya secured an eighth term in the disputed October 2025 presidential election, officially winning with approximately 53.66% of the vote against challenger Issa Tchiroma Bakary amid widespread allegations of fraud. Post-election protests led to reported deaths, highlighting the regime&rsquo;s readiness to spill blood to retain power. With Biya rarely seen in public and frequently retreating to Geneva for private stays, the revival of the vice presidency addresses a long-standing vulnerability: the lack of a clear succession mechanism in a personalist dictatorship. Yet nearly three months later the post remains vacant &ndash; a deliberate vacuum that leaves the nation teetering on the edge of chaos.</p>
<h1>Prolonged Absence, Ruling Party Manoeuvres, Diaspora Outrage and the Spectre of Collapse</h1>
<p>Developments since late June 2026 have only sharpened the sense of institutional fragility to the point of national peril. President Biya left Cameroon on 7 June 2026 for what the civil cabinet described as &ldquo;a brief private stay in Europe.&rdquo; As of 22&ndash;23 July 2026 &ndash; more than 45 days later &ndash; he has still not returned, making this his longest overseas absence on record. Reliable reports place the 93-year-old head of state and First Lady Chantal Biya in Geneva, Switzerland. Persistent and intensifying rumours claim that Biya is critically ill and may be on life support in a private clinic; the government has provided no return date, continues to assert that he can effectively govern the cocoa- and oil-producing nation from abroad, and maintains a ban on public discussion of his health first imposed after a similar extended trip in 2024. This wall of silence is not governance &ndash; it is a cover-up designed to buy time for elite plotting.</p>
<p>On 22 July 2026, Cameroon&rsquo;s ruling party, the CPDM, called a rare meeting of its senior leaders in Yaound&eacute;. The session was summoned by Jean Nkuete, secretary-general of the CPDM central committee, who described it only as &ldquo;an important working session&rdquo; without disclosing an agenda or any explicit link to the president&rsquo;s prolonged absence. The timing, however, has fuelled speculation that the party apparatus is preparing contingencies &ndash; or worse, that the dynastic cabal is finalising its unconstitutional power-grab amid growing uncertainty.</p>
<p>Opposition voices have grown bolder, and rightly so. On 17 July, opposition lawmaker Jean Michel Nintcheu publicly called on the Constitutional Court to declare the position of head of state vacant. The following day, the Cameroon Democratic Union issued a statement demanding that officials &ldquo;provide the nation with the necessary clarifications regarding the effective continuity of the state.&rdquo; Analysts note that, with the newly restored vice-presidency still unfilled and no new government appointed since Biya&rsquo;s October 2025 re-election, the institutional vacuum is becoming a powder keg. The regime&rsquo;s refusal to fill the constitutional safety-net it itself created is not oversight; it is deliberate engineering of a succession crisis that can be exploited by those closest to power.</p>
<p>The Cameroonian diaspora has also taken direct action. On Saturday, 27 June 2026, members of the Brigade Anti-Sardinard (BAS) staged a demonstration outside the InterContinental Hotel in Geneva, where the presidential couple was believed to be residing. Protesters held placards, chanted &ldquo;Paul Biya assassin! Chantal Biya assassin!&rdquo; and attempted to advance toward the hotel lobby before being stopped by security personnel. Activists said they had located the hotel through recent social-media images shared by the First Lady during celebrations for Junior Biya&rsquo;s birthday. The protest, captured on video and widely circulated online, highlighted the deep anger among critics over what they describe as the presidential family&rsquo;s luxurious sojourns abroad while Cameroon faces multiple crises &ndash; from the Anglophone conflict to economic hardship and youth unemployment. Similar demonstrations at the same hotel in previous years have embarrassed the regime and drawn Swiss police intervention.</p>
<p>Compounding the controversy, an opinion piece published on 22 July 2026 by Cameroon Intelligence Report, titled &ldquo;Call Chantal Biya to order,&rdquo; has intensified public scrutiny of the First Lady&rsquo;s conduct. The article argues that if reports are accurate that Chantal Biya attended a high-profile sporting event while her husband was seriously ill and receiving medical treatment abroad, such a decision would raise legitimate questions about priorities, solidarity and discretion during a period of national uncertainty. It further criticises her attire at internationally televised events, contending that when personal presentation becomes the dominant story, it risks distracting from more pressing national concerns and undermines the dignity of the office she symbolises. In the context of Biya&rsquo;s prolonged silence and the still-vacant vice-presidency, these criticisms of the First Lady add another layer of opacity and elite detachment to an already fragile succession landscape.</p>
<p>Should the widely circulating reports prove true and President Biya &ndash; allegedly on life support in Geneva &ndash; die without a designated Vice President in place, Cameroon faces the very real eventuality of a brutal civil war or a bloody military coup d&rsquo;&eacute;tat. The unconstitutional plotting strategies already being put in place by First Lady Chantal Biya and her inner circle represent a direct assault on the constitutional order. By keeping the vice-presidency vacant while consolidating family influence, promoting loyalists, and projecting an image of continuity through social-media theatrics and selective public appearances, the First Lady&rsquo;s camp appears determined to engineer a dynastic succession that bypasses any genuine popular will. This is not preparation for stability; it is the construction of a private succession machine that treats the Cameroonian state as personal property.</p>
<p>In such a vacuum, the Anglophone regions &ndash; already bleeding from nearly a decade of war &ndash; could explode into full-scale separatist insurgency or inter-communal violence. Simultaneously, ambitious generals and security-force barons who have grown fat under Biya&rsquo;s patronage may decide that only a military strongman can &ldquo;restore order,&rdquo; plunging the country into a classic African coup scenario complete with tanks in the streets of Yaound&eacute;, mass arrests, and the inevitable bloodletting that follows. The combination of dynastic ambition, institutional emptiness, and unresolved national grievances is a textbook recipe for catastrophe. History will not forgive those who, through silence or complicity, allow this powder keg to detonate.</p>
<p>These events underscore the original structural problem the vice-presidential reform was meant to address: the absence of a transparent, legitimate succession pathway in a personalist system. Nearly three months after the legislation took effect, the post remains vacant, and Biya&rsquo;s extended silence from Geneva continues to keep the entire political class &ndash; and the country &ndash; guessing. The guessing game is no longer academic; it is existential.</p>
<h1>Family Favourites and Elite Contenders &ndash; The Dynastic Cabal</h1>
<p>At the heart of speculation are members of Biya&rsquo;s own family, pointing toward a potential dynastic succession that would complete the privatisation of the Cameroonian state. Leading the pack is Franck Emmanuel Biya (born August 21, 1971), the President&rsquo;s eldest son from his first marriage to the late Jeanne-Ir&egrave;ne Atyam. A discreet businessman educated at the University of Southern California (bachelor&rsquo;s in Political Science and Economics, 1994), Franck has worked at the Bank of Central African States, in forestry, and founded Venture Capital PLC in 2004, focusing on banking, energy, and investments across Africa. He maintains a low public profile but has cultivated a network of allies, with supporters known as &ldquo;Franckists.&rdquo; Rumours of his appointment as Vice President circulated in April 2026 but were officially denied, with fabricated decrees debunked by authorities &ndash; yet the denials only deepen the suspicion that the real arrangements are being sealed in Geneva backrooms.</p>
<p>Competing influences include Franck Hertz, a son of current First Lady Chantal Biya, whose significant sway in government circles has fuelled reported family tensions and accusations of factional warfare inside the presidential household. Other names floated from the ruling elite include Ferdinand Ngoh Ngoh (Secretary General at the Presidency), Paul Atanga Nji (Minister of Territorial Administration), and Finance Minister Louis-Paul Motaz&eacute;. These figures represent continuity within the CPDM patronage system &ndash; a system that has enriched a tiny clique while impoverishing the nation and fuelling the Anglophone revolt.</p>
<h1>The Broader Crisis: Plight of Southern Cameroonians and the Unfinished Decolonisation of Ambazonia</h1>
<p>Any discussion of succession in Cameroon cannot ignore the devastating ongoing conflict in the English-speaking Northwest and Southwest regions &ndash; collectively known as the former British Trust Territory of Southern Cameroons, or Ambazonia by its advocates. Since late 2016, what began as peaceful protests against the marginalisation of Anglophone legal and educational systems has escalated into a brutal armed conflict between Cameroonian security forces and Ambazonian separatist groups. This is not merely an &ldquo;internal security problem&rdquo;; it is the direct consequence of unfinished decolonisation and the regime&rsquo;s systematic denial of self-determination.</p>
<p>According to the Global Centre for the Responsibility to Protect (March 2026) and the International Crisis Group, more than 6,500 people have been killed since the conflict escalated in 2016&ndash;2017, though the true figure is believed to be significantly higher. Over 700,000 people have been internally displaced within the Anglophone regions, with an additional 73,000 having fled as refugees to neighbouring Nigeria. The United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (OCHA) estimates that more than 1.5 million people in the two regions require humanitarian assistance. Recent incidents underscore the ongoing horror: in January 2026 alone, suspected separatist attacks in villages such as Gidado and Wowo killed at least 23 civilians, many of them women and children, while another raid in a remote Northwest village killed 14 people, including eight children. These are not statistics; they are the body count of a regime that prefers military annihilation over political settlement.</p>
<p>The plight of Southern Cameroonians is dire. Entire villages have been burned or abandoned. Civilians face extrajudicial killings, torture, rape, arbitrary arrests, and abductions by both government forces and armed separatist groups. Schools have been targeted or forced to close under &ldquo;ghost town&rdquo; lockdowns and attacks, destroying the future of a generation. The humanitarian catastrophe has received far less international attention than it deserves, despite repeated warnings of imminent atrocity crimes. A succession crisis in Yaound&eacute; will not spare Ambazonia; it will likely intensify the bloodshed as both the regime and its opponents scramble for advantage.</p>
<p>At the root lies what many legal scholars and activists describe as the unfinished decolonisation of the Southern Cameroons. Until 1961, the territory was a United Nations Trust Territory under British administration, distinct from French Cameroun. In the 1961 plebiscite organised by the UN, voters were offered only two options: union with Nigeria or union with Cameroon (then the Republic of Cameroun). Independence as a separate sovereign state was not on the ballot. The majority voted to join Cameroon in a federation, but the federation was dismantled in 1972, leading to the assimilation and marginalisation of Anglophone identity, language, and institutions. Many in the region view the current union as a form of recolonisation rather than genuine decolonisation, fuelling the call for self-determination and restoration of sovereignty. Any post-Biya settlement that ignores this historical injustice will merely plant the seeds of the next war.</p>
<h1>Pope Leo XIV&rsquo;s Visit: A Missed Opportunity for Peace?</h1>
<p>In April 2026, Pope Leo XIV visited Cameroon as part of his first African tour, including the war-torn city of Bamenda in the Anglophone region. The Pope made powerful appeals for peace, reconciliation, an end to corruption, and a future for the country&rsquo;s youth. Separatist groups announced a temporary ceasefire and safe passage to honour the visit. For a brief moment, there was hope: the Pope&rsquo;s presence brought life back to the streets and, according to the President of the Cameroonian Bishops&rsquo; Conference, prompted government and separatist representatives to &ldquo;speak the same language&rdquo; for the first time in years.</p>
<p>Yet the opportunity was squandered by a regime that has never negotiated in good faith. By May 2026, clashes had resumed. Leo&rsquo;s call for inclusive dialogue went largely unheeded by the Biya government. The visit highlighted both the moral urgency of peace and the political unwillingness of the Yaound&eacute; power structure to pursue it when its own survival is at stake.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>&nbsp;</strong></p>
<h1>Who or What is Hindering Peace Talks?</h1>
<p>Previous peace efforts have repeatedly failed. The 2019 National Dialogue was widely criticised as government-orchestrated, lacking genuine inclusivity, and sidelining key separatist leaders (many of whom remain imprisoned following controversial trials). Swiss-mediated talks collapsed. The government has preferred a military approach combined with limited &ldquo;special status&rdquo; reforms rather than addressing root causes, including federalism or self-determination. This is not a policy failure; it is a deliberate strategy of attrition designed to exhaust and demoralise the Anglophone population into submission.</p>
<p>Hindrances include: the Biya regime&rsquo;s reluctance to engage in neutral, internationally mediated talks on equal footing; deep divisions and leadership crises among separatist factions that prevent a unified negotiating position; the imprisonment of credible Ambazonian leaders such as Sesekou Julius Ayuk Tabe; and the international community&rsquo;s reluctance to apply meaningful pressure, often treating the conflict as an &ldquo;internal affair.&rdquo; Corruption, elite capture of resources, and fear of losing centralised control further entrench the status quo. The result is a grinding war of attrition that serves no one except those profiting from instability &ndash; and that will only intensify if a succession bloodbath erupts in Yaound&eacute;.</p>
<h1>An Urgent Plea to the International Community</h1>
<p>The people of Southern Cameroons (Ambazonia) as well as citizens of La R&eacute;publique du Cameroun deserve better than to be sacrificed on the altar of dynastic ambition and elite survival. The international community &ndash; particularly the United Nations, African Union, European Union, United States, United Kingdom, France, and the Commonwealth &ndash; must act with urgency and courage before the crisis spirals further into full-scale atrocity or regional destabilisation. The window for prevention is closing fast.</p>
<p><strong><em>We call for:</em></strong></p>
<ol>
<li>An immediate and verifiable ceasefire, monitored by neutral international observers.</li>
<li>Inclusive, good-faith peace negotiations under neutral international mediation (e.g., UN, AU, or Switzerland), with all stakeholders &ndash; including detained and diaspora leaders &ndash; participating without preconditions on core issues of self-determination.</li>
<li>Full humanitarian access and massive support for the displaced and war-affected populations.</li>
<li>Independent investigations into all alleged war crimes and human rights violations by all parties, with accountability mechanisms.</li>
<li>Genuine engagement with the historical and legal questions surrounding the decolonisation and self-determination of the Southern Cameroons, in accordance with international law and UN principles.</li>
<li>Sustained diplomatic and economic pressure on all parties to choose peace over prolonged suffering &ndash; and an immediate international monitoring mechanism to prevent a post-Biya power grab from descending into civil war or military dictatorship.</li>
</ol>
<p>Silence and half-measures have already cost thousands of lives and shattered countless families. The time for polite diplomacy is over. The people of Ambazonia and Cameroun are watching &ndash; and history will judge those who stood by while a nation burned, or who allowed a dynastic cabal to drag an entire country into the abyss.</p>
<h1>Historical Parallels and Looming Risks of Civil War or Bloody Coup</h1>
<p>Biya&rsquo;s own rise in 1982 followed Ahmadou Ahidjo&rsquo;s surprise resignation. Biya, then Prime Minister, consolidated power after foiling a 1984 coup attempt linked to Ahidjo loyalists. The current manoeuvres echo that era&rsquo;s intrigue but occur against a far more dangerous backdrop of unresolved crises: the Anglophone separatist conflict already claiming thousands of lives, Boko Haram threats in the north, economic collapse, and youth disillusionment with decades of one-man rule. Analysts warn &ndash; and the evidence now screams &ndash; that a dynastic or insider handover engineered by the First Lady&rsquo;s circle, especially if Biya dies while the vice-presidency remains vacant, could trigger not merely political instability but a brutal civil war or a military takeover in a bloody coup d&rsquo;&eacute;tat.</p>
<p>As one Cameroonian observer noted, Biya&rsquo;s style is &ldquo;understated, opaque, and designed to keep everyone guessing.&rdquo; With no Vice President yet named as of late July 2026 &ndash; and with the president now absent for over six weeks amid intensifying reports of critical illness &ndash; the coming days and weeks will be pivotal. Cameroon&rsquo;s future hinges on whether this blueprint delivers a managed transition or sows the seeds of national disintegration. If the unconstitutional plotting strategies of Chantal Biya and her allies succeed in imposing a family succession without popular legitimacy, the result will not be stability; it will be the opening of the gates to chaos, bloodshed, and the possible dismemberment of the state. The choice is no longer between continuity and change; it is between a controlled exit from dictatorship and a descent into the kind of violence that has consumed other African nations when personalist regimes collapse without a legitimate succession plan.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>&nbsp;</strong></p>
<h1>About the Author</h1>
<p>Dr Larry AYAMBA is back as the Secretary of State for Foreign Affairs of the AGovC. He is also an Artificial Intelligence &amp; Cyber Forensics consultant, researcher, Ambazonia/Cameroon political analyst and commentator with over two decades of experience studying governance, decolonisation, and conflict resolution in Central Africa. Holding advanced degrees in Artificial Intelligence and Cyber Forensics, he has contributed to country policy discussions on AI governance, Ethics, and compliance, including academic publications, focusing on leadership transitions and institutional reform across the region.</p>
<p>A passionate advocate of the complete decolonisation of the former British Trust Territory of the Southern Cameroons (Ambazonia). He is also passionate about transparent governance and inclusive development. Dr AYAMBA regularly engages with Pan-African platforms to shed light on underreported political dynamics. His work draws on extensive fieldwork and a commitment to fostering informed public discourse on Africa&rsquo;s democratic futures, decolonisation and conflict resolution. He has worked very closely with international organisations such as the European Institute for Peace (EIP), Norwegian Peacebuilding Resource Centre (NOREF), Unrepresented Nations and Peoples Organisation (UNPO), Amnesty International and several other International Organisations.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Dr Larry AYAMBA</dc:creator>
      <pubDate>2026-07-24 10:02:58</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Cameroun :: Paul Biya à Genève, décrets signés à Yaoundé : qui trompe-t-on ?]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/94064/30:27/cameroun-paul-biya-a-geneve-decrets-signes-a-yaounde-qui-trompe-t-on-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Quatre décrets, deux nominations à la SNH, deux accords de
financement tous datés de « Yaoundé, le 22 juillet 2026 ». Mais le
président de la République n'est p...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Quatre d&eacute;crets, deux nominations &agrave; la SNH, deux accords de financement tous dat&eacute;s de &laquo; Yaound&eacute;, le 22 juillet 2026 &raquo;. Mais le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique n'est pas &agrave; Yaound&eacute;. Alors, que cache cette localisation ?</p>
<p>Le 22 juillet 2026, quatre d&eacute;crets attribu&eacute;s au pr&eacute;sident Paul Biya ont &eacute;t&eacute; publi&eacute;s par les canaux officiels de la pr&eacute;sidence camerounaise. Deux nomments des membres au Conseil d'administration de la Soci&eacute;t&eacute; nationale des hydrocarbures (SNH). Deux autorisent le ministre de l'&Eacute;conomie &agrave; signer des accords de financement dont un pour l'am&eacute;nagement du lac municipal de Yaound&eacute;. Jusque-l&agrave;, rien d'extraordinaire. Mais un d&eacute;tail saute aux yeux : les quatre actes portent la mention &laquo; <strong>Yaound&eacute;, le 22 juillet 2026</strong> &raquo;. Un probl&egrave;me : Paul Biya, 93 ans, a quitt&eacute; le Cameroun le 7 juin 2026 pour un &laquo; court s&eacute;jour priv&eacute; en Europe &raquo;. Il se trouve &agrave; Gen&egrave;ve, en Suisse pas &agrave; Yaound&eacute;.</p>
<p>Pourquoi le pouvoir persiste-t-il &agrave; dater des actes pr&eacute;sidentiels d'une ville o&ugrave; le chef de l'&Eacute;tat ne se trouve pas ? Simple formule administrative ? Convention protocolaire ? Ou volont&eacute; d&eacute;lib&eacute;r&eacute;e d'entretenir l'illusion d'une pr&eacute;sence pr&eacute;sidentielle l&agrave; o&ugrave; elle n'est pas &eacute;tablie ?</p>
<p>La question m&eacute;rite d'&ecirc;tre pos&eacute;e. Brutalement.</p>
<h1>&nbsp;QUATRE D&Eacute;CRETS ET UNE CONTRADICTION</h1>
<p>Le 22 juillet 2026 restera dans les annales comme une journ&eacute;e administrative ordinaire en apparence. Le pr&eacute;sident Paul Biya a sign&eacute; deux d&eacute;crets, les n&deg;2026/255 et n&deg;2026/256, portant nomination de deux nouveaux repr&eacute;sentants de la pr&eacute;sidence au sein du Conseil d'administration de la SNH. Il s'agit de Guy Emmanuel Sabikanda, maire de Kribi, et d'El Hadj Abdoulaye Yerima Bakary, Lamido de Maroua.</p>
<p>Deux autres d&eacute;crets autorisent le ministre de l'&Eacute;conomie &agrave; signer des accords de financement pour des projets de protection sociale, d'inclusion &eacute;conomique et d'am&eacute;nagement du lac municipal de Yaound&eacute;.</p>
<p>Quatre actes administratifs. Quatre signatures attribu&eacute;es au chef de l'&Eacute;tat. Quatre mentions identiques en bas de page : &laquo; Yaound&eacute;, le 22 juillet 2026 &raquo;.</p>
<p>Le probl&egrave;me ? Paul Biya n'est pas &agrave; Yaound&eacute;.</p>
<p>Le chef de l'&Eacute;tat a quitt&eacute; le Cameroun le 7 juin 2026 pour un s&eacute;jour priv&eacute; en Europe avec son &eacute;pouse Chantal Biya. Depuis, il est &agrave; Gen&egrave;ve, en Suisse. Aucune date officielle de retour n'a &eacute;t&eacute; communiqu&eacute;e. Le compteur d&eacute;passe d&eacute;sormais les 45 jours d'absence un record pour un pr&eacute;sident dont les s&eacute;jours &agrave; l'&eacute;tranger alimentent r&eacute;guli&egrave;rement les sp&eacute;culations.</p>
<p>Alors comment un acte sign&eacute; &agrave; Gen&egrave;ve peut-il &ecirc;tre dat&eacute; de Yaound&eacute; ?</p>
<h2>&nbsp;LE PAYS R&Eacute;EL ET LE PAYS DES D&Eacute;CRETS</h2>
<p>Au Cameroun, la communication officielle semble parfois vivre dans un monde parall&egrave;le &agrave; celui des citoyens. Le peuple observe, constate, s'interroge. Le pr&eacute;sident est absent. Dans le m&ecirc;me temps, des d&eacute;bats politiques se multiplient autour de la continuit&eacute; de l'&Eacute;tat.</p>
<p>Et voil&agrave; que surgissent des d&eacute;crets portant la mention &laquo; Yaound&eacute; &raquo;. Comme si le lieu indiqu&eacute; au bas du document pouvait suffire &agrave; effacer une r&eacute;alit&eacute; g&eacute;ographique.</p>
<p><strong>Un d&eacute;cret n'est pas une apparition mystique.</strong> C'est un acte juridique. Il engage l'&Eacute;tat. Il doit pouvoir &ecirc;tre situ&eacute; dans un contexte pr&eacute;cis, compr&eacute;hensible et v&eacute;rifiable.</p>
<p>La question n'est pas de savoir si Paul Biya peut juridiquement signer un d&eacute;cret alors qu'il se trouve hors du Cameroun. Il le peut, d&egrave;s lors que les proc&eacute;dures constitutionnelles et administratives sont respect&eacute;es.</p>
<p>La v&eacute;ritable question est ailleurs : <strong>pourquoi inscrire syst&eacute;matiquement &laquo; Yaound&eacute; &raquo; si l'acte est sign&eacute; ailleurs ?</strong></p>
<p>La transparence commande-t-elle de localiser l'acte l&agrave; o&ugrave; se trouve r&eacute;ellement le signataire ? Ou existe-t-il une r&egrave;gle qui autorise cette pratique ? Dans les deux cas, le gouvernement gagnerait &agrave; l'expliquer.</p>
<h2>&nbsp;LA VACANCE DU POUVOIR N'EST PAS UNE AFFAIRE DE RUMEURS</h2>
<p>Le d&eacute;bat actuel est d'autant plus sensible que certaines figures politiques demandent au Conseil constitutionnel de constater officiellement une &eacute;ventuelle vacance du pouvoir.</p>
<p>Le d&eacute;put&eacute; de l'opposition Jean-Michel Nintcheu a saisi le Conseil constitutionnel pour qu'il se prononce. L'Union d&eacute;mocratique du Cameroun (UDC) estime que &laquo; la stabilit&eacute; d'une R&eacute;publique ne peut reposer sur le silence ou les suppositions &raquo;. Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto ironise : &laquo; Quarante-cinq jours loin du territoire national, ce n'est pas un s&eacute;jour, c'est un exil de fait &raquo;.</p>
<p>Le RDPC, parti au pouvoir, r&eacute;pond par la voix du ministre d'&Eacute;tat Jacques Fame Ndongo : &laquo; <a title="le parti au pouvoir r&eacute;pond &agrave; la controverse" href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260722-cameroun-le-parti-au-pouvoir-r&eacute;pond-&agrave;-la-controverse-sur-l-absence-du-pr&eacute;sident-depuis-plus-de-40-jours" target="_blank" rel="noopener"><strong>Il n'y a aucune vacance de pouvoir au sommet de l'&Eacute;tat</strong></a> &raquo;. Il qualifie les accusations de l'opposition de &laquo; barbarisme juridique &raquo; et rappelle qu'&laquo; aucune disposition l&eacute;gale ou r&eacute;glementaire ne fixe la dur&eacute;e l&eacute;gale d'absence hors du pays du chef de l'&Eacute;tat &raquo;.</p>
<p>Le politologue Aristide Mono va plus loin : &laquo; Constitutionnellement parlant, m&ecirc;me si Paul Biya ne revient au Cameroun qu'en 2032, on ne pourrait malheureusement pas parler de vacance du pouvoir &raquo;.</p>
<p>Mais la vacance du pouvoir ne se d&eacute;cr&egrave;te pas sur les r&eacute;seaux sociaux. Elle ob&eacute;it &agrave; des r&egrave;gles constitutionnelles pr&eacute;cises.</p>
<p>Si le pr&eacute;sident exerce effectivement ses fonctions, qu'il signe des actes et que les institutions fonctionnent normalement, le pouvoir doit pouvoir le d&eacute;montrer avec clart&eacute;. Si une situation exceptionnelle l'emp&ecirc;che d'exercer ses fonctions, les m&eacute;canismes pr&eacute;vus par la Constitution doivent s'appliquer.</p>
<p>Entre les deux, il ne peut y avoir durablement un espace de brouillard.</p>
<h2>&nbsp;LE SILENCE FABRIQUE LE DOUTE</h2>
<p>Le probl&egrave;me du Cameroun n'est peut-&ecirc;tre pas seulement l'absence du pr&eacute;sident. <strong>C'est surtout le silence qui accompagne cette absence.</strong></p>
<p>Dans un &Eacute;tat moderne, l'information officielle ne devrait pas se limiter &agrave; publier des actes administratifs. Elle devrait aussi permettre aux citoyens de comprendre ce qui se passe.</p>
<p>Or, lorsque des documents officiels sont publi&eacute;s avec des indications qui semblent contredire la r&eacute;alit&eacute; observable un d&eacute;cret dat&eacute; de Yaound&eacute; alors que le pr&eacute;sident est &agrave; Gen&egrave;ve le doute s'installe. Et dans un pays o&ugrave; la communication gouvernementale est d&eacute;j&agrave; souvent accus&eacute;e d'&ecirc;tre opaque, chaque incoh&eacute;rence devient une source suppl&eacute;mentaire de suspicion.</p>
<p><strong>Le pouvoir devrait savoir une chose : le silence n'emp&ecirc;che pas les questions. Il les multiplie.</strong></p>
<p>Lorsqu'une soci&eacute;t&eacute; ne re&ccedil;oit pas de r&eacute;ponses officielles, elle fabrique ses propres explications. C'est ainsi que naissent les rumeurs, les th&eacute;ories et les fantasmes.</p>
<p>Le plus curieux, dans cette affaire, est que le pouvoir pourrait tr&egrave;s facilement mettre fin &agrave; la pol&eacute;mique. Une simple clarification sur la localisation juridique des actes pr&eacute;sidentiels suffirait. Mais au lieu de r&eacute;pondre, on publie. Au lieu d'expliquer, on laisse les citoyens interpr&eacute;ter.</p>
<h2>&nbsp;QUI VEUT-ON TROMPER ?</h2>
<p>La question est brutale. Mais elle est l&eacute;gitime.</p>
<p>Veut-on tromper les Camerounais ? Veut-on tromper l'opinion internationale ? Ou veut-on simplement pr&eacute;server une vieille habitude administrative qui ne tient plus compte des exigences modernes de transparence ?</p>
<p>Car le Cameroun de 2026 n'est plus celui o&ugrave; l'information circulait uniquement par la radio, la t&eacute;l&eacute;vision et les journaux officiels. Aujourd'hui, chaque citoyen peut v&eacute;rifier, comparer, archiver et questionner. Le num&eacute;rique a rendu la dissimulation beaucoup plus difficile.</p>
<p>On peut donc publier un d&eacute;cret en indiquant &laquo; Yaound&eacute; &raquo;. Mais on ne peut pas emp&ecirc;cher les Camerounais de demander : <strong>o&ugrave; &eacute;tait r&eacute;ellement le pr&eacute;sident lorsqu'il l'a sign&eacute; ?</strong> Et surtout : pourquoi ne pas le dire ?</p>
<h2>&nbsp;LA V&Eacute;RIT&Eacute; N'A PAS BESOIN D'ADRESSE FICTIVE</h2>
<p>La continuit&eacute; de l'&Eacute;tat ne repose ni sur des apparences ni sur des artifices de communication. Elle repose sur des institutions solides, des r&egrave;gles respect&eacute;es et une information transparente.</p>
<p>Un pr&eacute;sident peut &ecirc;tre hors du territoire et continuer &agrave; exercer l&eacute;galement ses fonctions. Cela ne constitue pas, en soi, une vacance du pouvoir.</p>
<p><strong>Mais dans une R&eacute;publique, la confiance est aussi une institution.</strong></p>
<p>Lorsque les citoyens voient des actes officiels dat&eacute;s de Yaound&eacute; alors que le chef de l'&Eacute;tat n'y est pas, ils ont le droit de demander des explications. Leur r&eacute;pondre ne fragilise pas l'&Eacute;tat. Au contraire, cela le renforce.</p>
<p>La v&eacute;rit&eacute; n'a pas besoin d'une adresse fictive. Elle a seulement besoin d'&ecirc;tre dite.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">La rédaction</dc:creator>
      <pubDate>2026-07-23 08:53:09</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Cameroun :: Vacance du pouvoir : ce que cache la Constitution]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/94060/30:27/cameroun-vacance-du-pouvoir-ce-que-cache-la-constitution-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[« Constitutionnellement parlant, même si Paul Biya ne revient au
Cameroun qu'en 2032, on ne pourrait pas parler de vacance du pouvoir.
» L'analyse qui secoue le...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>&laquo; Constitutionnellement parlant, m&ecirc;me si Paul Biya ne revient au Cameroun qu'en 2032, on ne pourrait pas parler de vacance du pouvoir. &raquo; L'analyse qui secoue le d&eacute;bat politique camerounais.</p>
<p>Paul Biya a quitt&eacute; le Cameroun le 7 juin pour un &laquo; court s&eacute;jour priv&eacute; &raquo; en Europe. Quarante-six jours plus tard, le pr&eacute;sident de 93 ans n'est toujours pas rentr&eacute;. L'opposition crie &agrave; la vacance du pouvoir. Le RDPC r&eacute;pond par un &laquo; barbarisme juridique &raquo;. Mais au c&oelig;ur de la tourmente, une voix d'analyste propose une lecture gla&ccedil;ante de la Constitution : le r&eacute;gime aurait verrouill&eacute; tous les angles morts.</p>
<p>Et si la vacance du pouvoir, au Cameroun, &eacute;tait juridiquement impossible quoi qu'il arrive ?</p>
<h2>&laquo; Il n'y a aucune vacance du pouvoir &raquo;</h2>
<p>C'est la phrase que r&eacute;p&egrave;tent en boucle les responsables du RDPC. Le 21 juillet, le ministre d'&Eacute;tat <a title="Jacques Fame Ndongo" href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260722-cameroun-le-parti-au-pouvoir-r&eacute;pond-&agrave;-la-controverse-sur-l-absence-du-pr&eacute;sident-depuis-plus-de-40-jours" target="_blank" rel="noopener"><strong>Jacques Fame Ndongo</strong></a>, secr&eacute;taire national &agrave; la communication du parti pr&eacute;sidentiel, a martel&eacute; : &laquo; Il n'y a aucune vacance de pouvoir au sommet de l'&Eacute;tat &raquo;. Qualifiant les accusations de l'opposition de &laquo; barbarisme juridique, voire politique ou logique &raquo;, il a rappel&eacute; qu'&laquo; aucune disposition l&eacute;gale ou r&eacute;glementaire ne fixe la dur&eacute;e l&eacute;gale d'absence hors du pays du chef de l'&Eacute;tat &raquo;.</p>
<p>Christophe Mien Zok, directeur des organes de presse du RDPC, a rench&eacute;ri dans un &eacute;ditorial du journal <strong>L'Action</strong> : &laquo; Le pouvoir n'est pas vacant et le Lion n'est pas parti. Il est encore l&agrave; &raquo;.</p>
<h2>L'opposition saisit le Conseil constitutionnel</h2>
<p>Face &agrave; cette absence prolong&eacute;e la plus longue de son mandat, surpassant les 42 jours de 2024 l'opposition s'organise. Le d&eacute;put&eacute; Jean-Michel Nintcheu a saisi le Conseil constitutionnel pour qu'il constate la vacance du pouvoir. L'Union d&eacute;mocratique du Cameroun (UDC) a &eacute;galement appel&eacute; &agrave; la transparence pour garantir &laquo; la stabilit&eacute; de la R&eacute;publique &raquo;.</p>
<p>Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto a ironis&eacute; : &laquo; Quarante-cinq jours loin du territoire national, ce n'est pas un s&eacute;jour, c'est un exil de fait. &raquo; Le parti s'est amus&eacute; du &laquo; Cameroun qui serait devenu le premier pays au monde gouvern&eacute; en t&eacute;l&eacute;travail clandestin &raquo;.</p>
<h2>Aristide Mono : une lecture constitutionnelle qui change tout</h2>
<p>C'est dans ce contexte qu'intervient le Dr Aristide Mono, politologue et directeur de la Soci&eacute;t&eacute; camerounaise d'intelligence et de recherches. Sa proposition est aussi simple que d&eacute;rangeante : la Constitution camerounaise, dans sa r&eacute;daction actuelle, ne pr&eacute;voit pas la vacance du pouvoir en cas de simple absence prolong&eacute;e.</p>
<p>&laquo; Constitutionnellement parlant, m&ecirc;me si Paul Biya ne revient au Cameroun qu'en 2032, on ne pourrait malheureusement pas parler de vacance du pouvoir &raquo;, affirme-t-il.</p>
<p>Selon l'analyste, la Constitution ne reconna&icirc;t la vacance que dans <strong>trois cas</strong> :<br />1. La mort du pr&eacute;sident,<br />2. Sa d&eacute;mission,<br />3. Son emp&ecirc;chement d&eacute;finitif.</p>
<p>&laquo; C'est tout &raquo;. Aucun texte ne mentionne l'absence physique du territoire, quelle que soit sa dur&eacute;e. L'argument du RDPC &laquo; aucune disposition l&eacute;gale ne fixe la dur&eacute;e maximale d'absence &raquo; est donc juridiquement fond&eacute;, aussi politiquement contestable soit-il.</p>
<h2>Le &laquo; coup &raquo; constitutionnel du RDPC</h2>
<p>Pour comprendre la strat&eacute;gie du parti au pouvoir, il faut remonter &agrave; la r&eacute;vision constitutionnelle du 4 avril 2026. Ce jour-l&agrave;, le Parlement r&eacute;uni en Congr&egrave;s a adopt&eacute; la r&eacute;introduction du poste de vice-pr&eacute;sident. Ce dernier, nomm&eacute; par le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, est d&eacute;sormais charg&eacute; d'assurer l'int&eacute;rim en cas de vacance du pouvoir.</p>
<p>La formulation est pr&eacute;cise : le vice-pr&eacute;sident <strong>termine le mandat</strong> en cours. Comme le souligne Aristide Mono, si Paul Biya, r&eacute;&eacute;lu en 2025, venait &agrave; quitter ses fonctions apr&egrave;s la nomination d'un vice-pr&eacute;sident, ce dernier gouvernerait jusqu'en 2032.</p>
<p>Mais &agrave; ce jour, <strong>aucun vice-pr&eacute;sident n'a &eacute;t&eacute; nomm&eacute;</strong>. Le r&eacute;gime a donc &agrave; la fois :<br />- <strong>Verrouill&eacute;</strong> la succession en cas de vacance (par la r&eacute;vision d'avril 2026),<br />- <strong>&Eacute;tendu</strong> la d&eacute;finition de la vacance &agrave; ses limites les plus strictes (mort, d&eacute;mission, emp&ecirc;chement d&eacute;finitif),<br />- <strong>&Eacute;vit&eacute;</strong> de nommer un vice-pr&eacute;sident qui pourrait devenir un concurrent ou un successeur trop pr&eacute;coce.</p>
<p>&laquo; Les diff&eacute;rentes mutations op&eacute;r&eacute;es &agrave; la t&ecirc;te des deux chambres du Parlement rentrent dans ce processus &raquo;, analyse Aristide Mono. &laquo; L'apr&egrave;s Paul Biya est officiellement en train de se dessiner sous nos yeux &raquo;.</p>
<h2>Un vide juridique ? Ou une construction volontaire ?</h2>
<p>Le professeur Jean Calvin Aba'a Oyono, universitaire et opposant, va plus loin. Dans une tribune r&eacute;cente, il a soulign&eacute; l'&laquo; ambigu&iuml;t&eacute; de la Constitution &raquo; sur la vacance : claire pour ce qui est du d&eacute;c&egrave;s et de la d&eacute;mission, la loi fondamentale est <strong>muette</strong> sur la dur&eacute;e d'absence du chef de l'&Eacute;tat &agrave; l'&eacute;tranger.</p>
<p>Cette &laquo; muette &raquo; n'est pas un oubli. C'est, pour ses d&eacute;tracteurs, une <strong>construction d&eacute;lib&eacute;r&eacute;e</strong> du RDPC pour se pr&eacute;munir contre toute tentative de destitution par l'absence. D'autant que, comme le rappelle Fame Ndongo, le pr&eacute;sident &laquo; est au travail o&ugrave; qu'il se trouve &raquo;, suivant les dossiers &laquo; de visu ou par les moyens &eacute;lectroniques connus de tous &raquo;.</p>
<h2>La question qui f&acirc;che : et si Biya ne revenait pas ?</h2>
<p>Les rumeurs sur l'&eacute;tat de sant&eacute; du pr&eacute;sident se multiplient depuis des semaines. Selon <strong>Jeune Afrique</strong>, Paul Biya se serait rendu en Suisse pour recevoir des soins dans une clinique priv&eacute;e de Gen&egrave;ve. Le RDPC, lui, a convoqu&eacute; une r&eacute;union d'urgence des cadres du parti &agrave; Yaound&eacute; le 22 juillet.</p>
<p>Mais juridiquement, tant que la mort, la d&eacute;mission ou l'emp&ecirc;chement d&eacute;finitif ne sont pas <strong>constat&eacute;s officiellement</strong>, la vacance n'existe pas. Et la constatation de l'emp&ecirc;chement d&eacute;finitif notion floue par excellence rel&egrave;ve d'une d&eacute;cision politique, pas d'un automatisme constitutionnel.</p>
<h2>Le r&ocirc;le du Conseil constitutionnel : juge ou spectateur ?</h2>
<p>L'opposition a saisi le Conseil constitutionnel. Mais que peut-il faire ? Comme le note le professeur Aba'a Oyono, le r&ocirc;le du Conseil face &agrave; l'absence prolong&eacute;e du pr&eacute;sident reste incertain. Sans texte clair, le Conseil pourrait se d&eacute;clarer incomp&eacute;tent ou renvoyer la balle au Parlement.</p>
<p>C'est tout le g&eacute;nie ou le pi&egrave;ge de la construction constitutionnelle camerounaise : elle donne l'illusion d'un &Eacute;tat de droit tout en laissant au pouvoir ex&eacute;cutif la ma&icirc;trise de ses propres limites.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-07-23 01:37:23</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Huit mois sans gouvernement : le Cameroun s'enlise]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/94042/30:27/huit-mois-sans-gouvernement-le-cameroun-senlise-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Le 6 novembre 2025, Paul Biya prêtait serment pour un huitième
mandat. Huit mois plus tard, le Cameroun n'a toujours pas de
gouvernement, pas de conseil des min...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Le 6 novembre 2025, Paul Biya pr&ecirc;tait serment pour un huiti&egrave;me mandat. Huit mois plus tard, le Cameroun n'a toujours pas de gouvernement, pas de conseil des ministres, et un pr&eacute;sident parti en Europe depuis 44 jours.</p>
<p>Le Cameroun est dirig&eacute; par un gouvernement fant&ocirc;me. Depuis la r&eacute;&eacute;lection de Paul Biya le 12 octobre 2025, le pays attend la nomination d'un nouveau gouvernement. Le pr&eacute;sident, &acirc;g&eacute; de 93 ans, a quitt&eacute; Yaound&eacute; le 7 juin 2026 pour un &laquo; court s&eacute;jour priv&eacute; en Europe &raquo; il n'est toujours pas rentr&eacute; 44 jours plus tard.</p>
<p>Pendant ce temps, aucun conseil des ministres ne se tient. Les d&eacute;put&eacute;s prolongent leur mandat. Le Conseil sup&eacute;rieur de la magistrature, paralys&eacute; depuis six ans, vient seulement d'&ecirc;tre renomm&eacute;. L'opposition conteste une &eacute;lection qu'elle juge vol&eacute;e. Et les Camerounais, r&eacute;sign&eacute;s, regardent leur pays s'enliser dans un vide institutionnel sans pr&eacute;c&eacute;dent.</p>
<p>&Agrave; quoi sert une &eacute;lection si elle ne d&eacute;bouche sur aucune gouvernance effective ?</p>
<h2>Une &eacute;lection contest&eacute;e, un pays en attente</h2>
<p>Le 12 octobre 2025, les Camerounais se rendaient aux urnes pour &eacute;lire leur pr&eacute;sident. Paul Biya, 92 ans au moment du scrutin, briguait un huiti&egrave;me mandat cons&eacute;cutif. Face &agrave; lui, Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre pass&eacute; &agrave; l'opposition, revendiquait la victoire.</p>
<p>Le Conseil constitutionnel a proclam&eacute; Paul Biya vainqueur avec 53,66 % des voix, contre 35,19 % pour Tchiroma Bakary. Ce dernier a contest&eacute; vigoureusement les r&eacute;sultats, les qualifiant de &laquo; mascarade &raquo; et affirmant avoir obtenu 54,8 % des suffrages. Cinq recours ont &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute;s aupr&egrave;s du Conseil constitutionnel.</p>
<p>Le 6 novembre 2025, Paul Biya pr&ecirc;tait serment. Huit mois plus tard, le nouveau gouvernement promis n'a toujours pas vu le jour.</p>
<h2>L'absence prolong&eacute;e de Paul Biya</h2>
<p>Le 7 juin 2026, le chef de l'&Eacute;tat quitte le Cameroun pour un &laquo; court s&eacute;jour priv&eacute; en Europe &raquo; en compagnie de son &eacute;pouse. 44 jours plus tard, il n'est toujours pas rentr&eacute;.</p>
<p>L'opposition et des constitutionnalistes relancent depuis le d&eacute;bat sur la vacance du pouvoir. Certains m&eacute;dias &eacute;voquent un traitement m&eacute;dical dans le plus grand secret. La pr&eacute;sidence reste silencieuse.</p>
<p>Pendant ce temps, le pays fonctionne au ralenti.</p>
<h2>Un vide institutionnel sans pr&eacute;c&eacute;dent</h2>
<p>Le Cameroun traverse une situation institutionnelle in&eacute;dite depuis 1992. L'absence prolong&eacute;e de conseil des ministres et de r&eacute;unions du Conseil sup&eacute;rieur de la magistrature des organes pourtant vitaux pour la direction d'une nation moderne t&eacute;moigne d'une paralysie administrative.</p>
<p>Le Conseil sup&eacute;rieur de la magistrature, qui ne s'&eacute;tait plus r&eacute;uni depuis pr&egrave;s de six ans, a finalement &eacute;t&eacute; renomm&eacute; le 2 juin 2026. Cette paralysie a entra&icirc;n&eacute; le gel des recrutements et des int&eacute;grations de magistrats, ainsi que l'arr&ecirc;t des nominations dans les juridictions.</p>
<p>L'administration semble s'&ecirc;tre mu&eacute;e en une structure fant&ocirc;me o&ugrave; les si&egrave;ges vides au sein du cabinet minist&eacute;riel ne sont plus pourvus. Les hauts responsables dont les mandats sont expir&eacute;s restent en fonction, instaurant une forme d'ill&eacute;galit&eacute; comme norme administrative.</p>
<h2>Des tractations sans fin</h2>
<p>Pourquoi ce retard ? Les observateurs &eacute;voquent la complexit&eacute; des tractations politiques, notamment pour assurer les &eacute;quilibres r&eacute;gionaux et ethniques. Des discussions seraient men&eacute;es avec des figures de l'opposition, dont Issa Tchiroma Bakary, actuellement en exil en Gambie.</p>
<p>Selon Jeune Afrique, le chef de l'&Eacute;tat aurait propos&eacute; &agrave; Tchiroma Bakary &laquo; neuf minist&egrave;res, seize postes dans la haute administration et plusieurs nominations diplomatiques &agrave; l'&eacute;tranger &raquo;. L'opposant aurait refus&eacute;.</p>
<p>Pendant ce temps, la refonte de l'appareil institutionnel occupe les esprits : cr&eacute;ation de nouveaux minist&egrave;res, transformation de portefeuilles existants, instauration d'un poste de vice-pr&eacute;sident. Le 4 avril 2026, le Parlement r&eacute;uni en Congr&egrave;s a adopt&eacute; une r&eacute;vision constitutionnelle instaurant un poste de vice-pr&eacute;sident, successeur constitutionnel du chef de l'&Eacute;tat. Une r&eacute;forme que certains parlementaires jugent &laquo; suspecte &raquo;.</p>
<h2>Les cons&eacute;quences &eacute;conomiques et sociales</h2>
<p>Cette paralysie a des cons&eacute;quences concr&egrave;tes. L'&eacute;quipe gouvernementale en place depuis janvier 2019, maintenue en fonction, voit sa l&eacute;gitimit&eacute; &agrave; engager des r&eacute;formes d'ampleur fragilis&eacute;e.</p>
<p>Les grandes d&eacute;cisions d'orientation, de r&eacute;allocation budg&eacute;taire, de lancement de nouvelles politiques sectorielles tendent &agrave; &ecirc;tre diff&eacute;r&eacute;es. Les op&eacute;rateurs &eacute;conomiques &eacute;trangers adoptent une posture attentiste. Dans un environnement r&eacute;gional o&ugrave; plusieurs pays de la CEMAC cherchent &agrave; attirer les m&ecirc;mes flux d'investissements, cette p&eacute;riode d'entre-deux p&eacute;nalise le Cameroun.</p>
<p>Les Camerounais, eux, regardent avec r&eacute;signation. &laquo; Les Camerounais aujourd'hui sont r&eacute;sign&eacute;s &raquo;, affirme &agrave; TV5MONDE St&eacute;phane Akoa, politologue camerounais.</p>
<hr />
<p>Que pensez-vous de cette situation ? Le Cameroun a-t-il besoin d'un gouvernement ou le statu quo vous convient-il ?</p>
<p>&nbsp;</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-07-22 00:57:26</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Me Alice Nkom appelle au réveil du Cameroun]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/94033/30:27/me-alice-nkom-appelle-au-reveil-du-cameroun-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[« Camerounaises, Camerounais, réveillez-vous ! » : à 81 ans,
l’emblématique avocate et militante des droits humains appelle le
peuple à saisir sa lumière et à r...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>&laquo; Camerounaises, Camerounais, r&eacute;veillez-vous ! &raquo; : &agrave; 81 ans, l&rsquo;embl&eacute;matique avocate et militante des droits humains appelle le peuple &agrave; saisir sa lumi&egrave;re et &agrave; reprendre son destin en main.</p>
<p>&laquo; Apr&egrave;s tant de nuits, le peuple a choisi le jour. Que nul ne le lui confisque. &raquo;</p>
<p>Ces mots, simples et percutants, sont sign&eacute;s Me Alice Nkom. &Agrave; 81 ans, l&rsquo;avocate, premi&egrave;re femme &agrave; avoir pr&ecirc;t&eacute; serment au barreau du Cameroun en 1969, celle qui se d&eacute;finit comme la &laquo; m&egrave;re des ind&eacute;sirables &raquo;, adresse un message qui r&eacute;sonne comme un coup de tonnerre dans le paysage politique camerounais.</p>
<p>&laquo; Le sommeil a &eacute;t&eacute; long, lourd, implacable &raquo;, &eacute;crit-elle. &laquo; Mais vous vous &ecirc;tes lev&eacute;s. &raquo;</p>
<p>Ce message intervient dans un contexte o&ugrave; le Cameroun retient son souffle : le pr&eacute;sident Paul Biya, 93 ans, est absent depuis plus de 40 jours pour un &laquo; s&eacute;jour priv&eacute; en Europe &raquo;. Le proc&egrave;s de Me Alice Nkom et de Maximilienne Ngo Mbe, devant le tribunal de Douala-Bonanjo, s&rsquo;&eacute;ternise avec onze audiences en un an. Et les voix critiques se font de plus en plus rares.</p>
<p>Alors, que dit exactement ce message ? Et pourquoi fait-il tant de bruit ?</p>
<h2>Une ic&ocirc;ne de la lutte pour les droits humains</h2>
<p>N&eacute;e le 14 janvier 1945 &agrave; Poutkak, dans la r&eacute;gion du Littoral, Alice Nkom est une figure incontournable du Cameroun. Premi&egrave;re femme noire admise au barreau du Cameroun, elle a fait du droit un outil de r&eacute;sistance face aux injustices, aux discriminations et aux violences institutionnelles.</p>
<p>Engag&eacute;e dans la d&eacute;fense des droits LGBT+, elle a fond&eacute; en 2003 l&rsquo;Association pour la d&eacute;fense des personnes homosexuelles (ADEFHO). Elle pr&eacute;side &eacute;galement le conseil d&rsquo;administration du R&eacute;seau des droits humains en Afrique centrale (REDHAC), une organisation dont le proc&egrave;s s&rsquo;enlise devant le tribunal de Douala-Bonanjo.</p>
<p>En janvier 2026, &agrave; l&rsquo;occasion de ses 81 ans, elle avait d&eacute;j&agrave; adress&eacute; un message d&rsquo;espoir au peuple camerounais : &laquo; <strong>le soleil commence enfin &agrave; donner du fil &agrave; retordre aux nuages</strong> &raquo;.</p>
<h2>Le message : &laquo; Camerounaises, Camerounais, r&eacute;veillez-vous ! &raquo;</h2>
<p>Le nouveau message de Me Alice Nkom, publi&eacute; sur les r&eacute;seaux sociaux et relay&eacute; par plusieurs m&eacute;dias, est d&rsquo;une rare intensit&eacute;. Elle y d&eacute;nonce des ann&eacute;es durant lesquelles &laquo; on vous a tout pris &raquo; : &laquo; on a vampiris&eacute; vos forces, vampiris&eacute; votre &eacute;nergie, jusqu&rsquo;&agrave; assombrir vos horizons &raquo;.</p>
<p>Mais elle salue aussi un r&eacute;veil : &laquo; <strong>Apr&egrave;s le r&egrave;gne des ombres, vous avez choisi d&rsquo;accueillir la lumi&egrave;re.</strong> &raquo;</p>
<p>L&rsquo;appel est clair : &laquo; Ce changement est en marche. Il ne saurait &ecirc;tre diff&eacute;r&eacute;. Il ne sera plus confisqu&eacute;. &raquo; Et elle conclut par une formule qui pourrait devenir un slogan : &laquo; Le jour se l&egrave;ve. Que nul n&rsquo;&eacute;teigne cette lumi&egrave;re. Que nul ne reprenne au peuple ce qu&rsquo;il vient d&rsquo;arracher &agrave; la nuit ! &raquo;</p>
<h2>Un message politique dans un contexte tendu</h2>
<p>Ce message ne tombe pas dans un vide politique. Il intervient alors que le Cameroun traverse une p&eacute;riode d&rsquo;incertitude. Le pr&eacute;sident Paul Biya est &agrave; Gen&egrave;ve, en Suisse, depuis plus de 40 jours. Le Conseil constitutionnel, dont les onze membres sont nomm&eacute;s par d&eacute;cret pr&eacute;sidentiel, reste silencieux.</p>
<p>Me Alice Nkom, qui se pr&eacute;sente comme la &laquo; porte-parole d&rsquo;un pr&eacute;sident l&eacute;gitime &raquo; en r&eacute;f&eacute;rence &agrave; Issa Tchiroma Bakary , n&rsquo;a jamais cach&eacute; ses positions critiques. En juin 2025, elle d&eacute;clarait &agrave; la DW : &laquo; <strong>Paul Biya ne tient pas compte de son peuple</strong> &raquo;.</p>
<p>Son engagement lui vaut des poursuites. L&rsquo;affaire du REDHAC, dans laquelle elle est mise en cause aux c&ocirc;t&eacute;s de Maximilienne Ngo Mbe, est devenue un symbole des tensions entre la soci&eacute;t&eacute; civile et le pouvoir. Le 9 janvier 2025, Amnesty International appelait les autorit&eacute;s &agrave; &laquo; cesser de harceler &raquo; Me Alice Nkom.</p>
<h2>&laquo; Le peuple a choisi le jour &raquo; : de quel jour parle-t-elle ?</h2>
<p>L&rsquo;ambigu&iuml;t&eacute; du message est aussi sa force. Me Alice Nkom ne cite aucun nom, aucun &eacute;v&eacute;nement pr&eacute;cis. Elle parle d&rsquo;un &laquo; jour &raquo; qui se l&egrave;ve, d&rsquo;un &laquo; changement &raquo; en marche.</p>
<p>Pour les uns, il s&rsquo;agit d&rsquo;un appel &agrave; la mobilisation citoyenne, &agrave; la reprise en main du destin national. Pour les autres, c&rsquo;est une critique &agrave; peine voil&eacute;e du r&eacute;gime en place, une exhortation &agrave; la r&eacute;sistance.</p>
<p>Une chose est s&ucirc;re : ce message a trouv&eacute; un &eacute;cho. Sur les r&eacute;seaux sociaux, il est partag&eacute;, comment&eacute;, d&eacute;battu. Certains y voient un espoir, d&rsquo;autres une provocation.</p>
<h2>Une figure qui divise mais qui ne se tait pas</h2>
<p>Me Alice Nkom est une figure clivante. Ses positions sur les droits LGBT+ lui valent de nombreuses critiques, y compris au sein de la soci&eacute;t&eacute; camerounaise. Mais personne ne conteste son courage ni sa long&eacute;vit&eacute; dans le combat pour les droits humains.</p>
<p>&laquo; <strong>Je ne cherche pas &agrave; plaire. Je cherche &agrave; &ecirc;tre juste</strong> &raquo;, &eacute;crivait-elle pour ses 81 ans. Une devise qu&rsquo;elle semble appliquer aujourd&rsquo;hui encore.</p>
<hr />
<p>Qu&rsquo;en pensez‑vous ? Le message de Me Alice Nkom est‑il un espoir ou une provocation ? La justice camerounaise doit‑elle la poursuivre ?</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-07-21 18:19:24</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Cameroun :: L'IDENTITÉ NATIONALE EN QUESTION]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/94020/30:27/cameroun-lidentite-nationale-en-question-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Ce que le Cameroun ne sait pas faire de ses peuples-Engelbert Mveng,
les Bamiléké et la grande question de l'identité nationale

I. UN APPEL DEPUIS DOUALA QUI M...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Ce que le Cameroun ne sait pas faire de ses peuples-Engelbert Mveng, les Bamil&eacute;k&eacute; et la grande question de l'identit&eacute; nationale</p>
<p><strong>I. Un appel depuis Douala qui m&eacute;rite qu'on s'y arr&ecirc;te</strong></p>
<p>Il y a quelques jours, le Maire de la Ville de Douala a lanc&eacute; un appel solennel aux investisseurs bamil&eacute;k&eacute; pour b&acirc;tir ensemble la capitale &eacute;conomique du Cameroun.</p>
<p>Ce geste dit quelque chose d'important : il existe dans ce pays des communaut&eacute;s dont l'&eacute;nergie productive est extraordinaire, et cette &eacute;nergie est une ressource nationale que l'&Eacute;tat n'a jamais su mobiliser.</p>
<p>Mais cet appel dit aussi, involontairement, l'ampleur du probl&egrave;me. Si c'est le maire d'une ville qui doit convoquer ponctuellement ces forces vives, c'est que quelque chose d'essentiel manque en haut : une politique publique capable de capter, d'orienter et de valoriser ce que chaque communaut&eacute; de ce pays porte en elle.<br />Cette tribune est une invitation &agrave; nommer ce manque avec les chiffres, les exemples et la franchise que la situation exige.</p>
<p><strong>II. Le R&eacute;v&eacute;rend P&egrave;re Engelbert Mveng avait tout dit et personne n'a &eacute;cout&eacute;</strong></p>
<p>Le p&egrave;re Engelbert Mveng, l'un des plus grands intellectuels africains du XXe si&egrave;cle, a consacr&eacute; des pages remarquables &agrave; l'analyse de la civilisation bamil&eacute;k&eacute;. Il y reconnaissait un dynamisme exceptionnel tout en formulant une mise en garde capitale.</p>
<p>Ce dynamisme a &laquo; quelque chose de pervers, quelque chose d'excessif, qui ali&egrave;ne. &raquo;<br />Mveng observait que les Bamil&eacute;k&eacute; consacrent tr&egrave;s peu de temps au loisir. En dehors des fun&eacute;railles et des veill&eacute;es au coin du feu, il n'existe quasiment aucun espace de d&eacute;tente identifiable dans le rythme de vie ordinaire. Et il concluait :<br />&laquo; De la mesure, n'est-ce pas ? Il en faut en toute chose. &raquo;<br />Mais Mveng observait aussi que l'ostracisme dont les Bamil&eacute;k&eacute; sont victimes concourt&nbsp;<br />&laquo; paradoxalement &agrave; accro&icirc;tre leur potentiel d'&eacute;nergie et d'ing&eacute;niosit&eacute;&raquo;. La pression ext&eacute;rieure, la marginalisation, les portes administratives ferm&eacute;es fonctionnent comme un carburant. Ce n'est pas une justification de cet ostracisme. C'est un constat amer et une question terrifiante sur ce que ces m&ecirc;mes personnes produiraient si on leur ouvrait vraiment les portes.<br />Ces observations ont &eacute;t&eacute; formul&eacute;es il y a des d&eacute;cennies.</p>
<p>Le <strong>Cameroun</strong> a laiss&eacute; Mveng parler dans le vide sans politique publique, sans cartographie des dynamiques communautaires, sans programme de valorisation. Le silence institutionnel face &agrave; cette lucidit&eacute; est d&eacute;j&agrave;, en soi, un aveu.</p>
<p><strong>III. Ce que le monde sait faire de ses communaut&eacute;s et ce que &ccedil;a rapporte</strong></p>
<p>Avant de parler du Cameroun, regardons ailleurs. Parce que la question n'est pas th&eacute;orique. Elle a des r&eacute;ponses. Et ces r&eacute;ponses ont des chiffres.</p>
<p>SINGAPOUR (1965&rarr;) Poudri&egrave;re ethnique :&nbsp;<br />- Chinois (75%),&nbsp;<br />- Malais (15%),&nbsp;<br />- Indiens (8%).&nbsp;<br />Ch&ocirc;mage 14%. PIB/hab : 516 USD. Expuls&eacute; de Malaisie pour ses tensions ethniques.&nbsp;<br />- Politique de m&eacute;rite multiracial : chaque communaut&eacute; pr&eacute;serve sa langue et sa culture, mais acc&egrave;de &eacute;galement &agrave; l'emploi, l'&eacute;ducation, les march&eacute;s publics.&nbsp;<br />- PIB/hab &times; 180 en 60 ans : de 516 USD (1965) &agrave; 93 000 USD (2025).&nbsp;<br />Auj. 2e PIB/hab mondial.&nbsp;<br />1 habitant sur 25 est millionnaire. Le&ccedil;on : valoriser toutes les communaut&eacute;s multiplie la richesse nationale par un facteur inconnu de toute autre politique.</p>
<p><strong>MALAISIE (1970&rarr;)</strong><br />&mdash; M&ecirc;me point de d&eacute;part que Singapour en 1965. &rarr; Politique Bumiputera (1970) : discrimination positive en faveur des Malais, exclusion des Chinois et Indiens des march&eacute;s publics.<br />-PIB/hab 2025 : 13 000 USD soit 7x moins que Singapour. Co&ucirc;t estim&eacute; : 1 &agrave; 2 points de croissance perdus par an depuis 50 ans.&nbsp;</p>
<p>Le&ccedil;on : exclure une communaut&eacute; productive co&ucirc;te plus qu'on ne le croit.</p>
<p><strong>RWANDA (2000&rarr;)</strong><br />&nbsp;&mdash; Pays sorti du g&eacute;nocide (800 000 morts, 1994). PIB/hab : 220 USD.&nbsp;<br />-Suppression des identit&eacute;s ethniques l&eacute;gales, valorisation des pratiques communautaires (ubudehe, umuganda), Plan national inclusif Vision 2020 puis 2050.&nbsp;<br />-PIB/hab &times; 6 depuis 2000 (220&rarr;1 350 USD).<br />&nbsp;Croissance +8,4%/an en moyenne. Le&ccedil;on : un pays peut transformer le pire traumatisme ethnique en force de d&eacute;veloppement.</p>
<p><strong>NIGERIA : Les Igbo (1967&rarr;)</strong><br />- Communaut&eacute; entrepreneuriale comparable aux Bamil&eacute;k&eacute; (~15% de la population). Apr&egrave;s la guerre du Biafra : confiscation des avoirs, exclusion syst&eacute;matique des postes f&eacute;d&eacute;raux.&nbsp;<br />-PIB/hab de 2 200 USD seulement (2024) malgr&eacute; le p&eacute;trole. Sous-int&eacute;gration des Igbo estim&eacute;e &agrave; 2-3% de croissance perdue par an.<br />Le&ccedil;on : punir une communaut&eacute; entrepreneuriale ne l'affaiblit pas, elle rebondit ailleurs. C'est l'&Eacute;tat qui s'appauvrit.</p>
<p><strong>MAROC : Plan Vert (2008&rarr;)</strong><br />&nbsp;&mdash; Communaut&eacute;s rurales amazighes et arabes marginalis&eacute;es &eacute;conomiquement.&nbsp;<br />-Investissement cibl&eacute; de 150 milliards de dirhams sur 12 ans, int&eacute;gration dans les fili&egrave;res d'exportation, coop&eacute;ratives.&nbsp;<br />-PIB agricole +5,25%/an sur 10 ans, revenus agriculteurs +66%, 350 000 emplois cr&eacute;&eacute;s.<br />&nbsp;Le&ccedil;on : investir dans une communaut&eacute; marginalis&eacute;e rapporte plus que les industries extractives classiques.</p>
<p><strong>B&Eacute;NIN : Mod&egrave;le CNRS/AMSE</strong><br />&nbsp;- &Eacute;tude &eacute;conom&eacute;trique sur 41 &Eacute;tats africains (Gaspart &amp; Pecher, 2019). Simulation : inclusion d'un groupe ethnique suppl&eacute;mentaire dans la coalition au pouvoir.&nbsp;<br />-En contexte d&eacute;mocratique : +13% de PIB au bout de 10 ans. En contexte autoritaire : seulement +2%.<br />&nbsp;Le&ccedil;on : la d&eacute;mocratie est le multiplicateur &eacute;conomique de l'inclusion.<br />Sources : Tr&eacute;sor fran&ccedil;ais, Banque mondiale (2024-2025), Gaspart &amp; Pecher, Journal of African Economies 2019, Plan Maroc Vert bilan 2008-2018, donn&eacute;es INS Cameroun.</p>
<p>Ce que le tableau dit :<br />Il ne dit pas que toutes les politiques d'inclusion r&eacute;ussissent. Il dit que toutes les politiques d'exclusion &eacute;chouent &nbsp;toujours, partout, &agrave; un co&ucirc;t document&eacute;. Le cas malaisien est le plus &eacute;clairant : la Malaisie et Singapour partaient du m&ecirc;me point; l'une a exclu, l'autre a int&eacute;gr&eacute;. R&eacute;sultat aujourd'hui : 13 000 USD de PIB/hab contre 93 000 USD.</p>
<p>Le cas nig&eacute;rian frappe et est plus proche de nous. Les Igbo sont aux Nig&eacute;rians ce que les Bamil&eacute;k&eacute; sont aux Camerounais. Ce n'est pas la communaut&eacute; qui s'est appauvrie : c'est l'&Eacute;tat.</p>
<p><strong>IV. Ce que le Cameroun perd : les ordres de grandeur</strong></p>
<p>Le PIB du Cameroun s'&eacute;tablit &agrave; environ 47000 milliards de FCFA en 2024 (FMI/BAD). Le pays repr&eacute;sente 43% du PIB de la CEMAC. Sa croissance stagne autour de 3,6%. L'IDH le classe 151e sur 193.</p>
<p>L'&eacute;tude Gaspart &amp; Pecher (2019) chiffre le gain &agrave; +13% de PIB sur 10 ans en contexte d&eacute;mocratique, pour la simple inclusion d'un groupe ethnique suppl&eacute;mentaire dans la gouvernance. Appliqu&eacute; au PIB camerounais, ce diff&eacute;rentiel repr&eacute;sente plus de 6 000 milliards de FCFA de richesse nationale suppl&eacute;mentaire sur dix ans, l'&eacute;quivalent de sept budgets annuels du minist&egrave;re des Travaux publics.<br />Ce n'est pas de l'id&eacute;ologie. C'est de l'arithm&eacute;tique.</p>
<p><strong>V. La bamiphobie comme politique inavou&eacute;e</strong></p>
<p>Il existe au Cameroun quelque chose qui ressemble &agrave; un tribalisme anti-bamil&eacute;k&eacute; assum&eacute;, tol&eacute;r&eacute;, et dans certaines de ses manifestations encourag&eacute; jusqu'aux plus hauts niveaux de l'&Eacute;tat.<br />Il est r&eacute;v&eacute;lateur de mesurer la diff&eacute;rence de traitement selon le profil du Bamil&eacute;k&eacute; qui se pr&eacute;sente &agrave; la vie politique nationale. Des candidats comme Jean Njeunga ou Jean de Dieu Momo suscitaient des moqueries plus que de l'indignation leurs maladresses divertissaient.&nbsp;<br />Puis Maurice Kamto est arriv&eacute;, Professeur de droit international, artisan de la victoire juridique du Cameroun sur le Nigeria &agrave; propos de Bakassi. D&egrave;s lors, le ton a chang&eacute; du tout au tout, avec un rappel obsessionnel de ses origines bamil&eacute;k&eacute; sur les plateaux et r&eacute;seaux sociaux, en toute impunit&eacute;.<br />Achille Mbembe a nomm&eacute; la chose sans d&eacute;tour, &eacute;voquant la phobie des Bamil&eacute;k&eacute;s comme une&nbsp;<br />&laquo; technologie de pouvoir&raquo;. En f&eacute;vrier 2025, un appel explicite au g&eacute;nocide des Bamil&eacute;k&eacute; a m&ecirc;me circul&eacute; sur TikTok sans r&eacute;action notable des autorit&eacute;s.<br />Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun et Maurice Kamto illustrent ce m&eacute;canisme : qui mobilise les Bamil&eacute;k&eacute; devient suspect.</p>
<p><strong>VI. La vraie question : qu'est-ce qu'&ecirc;tre Camerounais ?</strong></p>
<p>Deux conceptions s'affrontent sans jamais se nommer clairement. La premi&egrave;re : renoncer &agrave; ses singularit&eacute;s au profit d'une identit&eacute; minimale d&eacute;finie par ceux qui d&eacute;tiennent le pouvoir. La seconde : &ecirc;tre la combinaison vivante de toutes nos singularit&eacute;s : Bamil&eacute;k&eacute;, Beti, Bassa, Haoussa, Batanga, Sawa, Baka, Fulb&eacute; et tant d'autres.</p>
<p>Singapour a choisi la seconde. La Malaisie a choisi la premi&egrave;re. Je plaide pour que le Parlement issu des prochaines &eacute;lections l&eacute;gislatives inscrive cette question &agrave; son agenda non pour rouvrir des blessures, mais pour fonder enfin le Cameroun sur ce qu'il est r&eacute;ellement : un pays de peuples.</p>
<p><strong>VII. Ce que le MRC portera &agrave; l'Assembl&eacute;e</strong></p>
<p>Le projet de soci&eacute;t&eacute; du MRC repose sur la reconnaissance pleine et enti&egrave;re de toutes ses composantes humaines, pas une reconnaissance client&eacute;liste, mais institutionnelle, juridique, &eacute;conomique et culturelle. Cela signifie une cartographie nationale des dynamiques humaines, des programmes d'inclusion qui mobilisent les identit&eacute;s, une loi sur les langues nationales, une politique culturelle digne de ce nom.</p>
<p>Notre pays ne peut continuer &agrave; gaspiller ses peuples, &agrave; les pousser &agrave; bout par l'ostracisme pour ensuite s'&eacute;merveiller de leur r&eacute;silience.<br />&laquo; De la mesure, n'est-ce pas ? Il en faut en toute chose. &raquo; &nbsp;Engelbert Mveng, S.J., th&eacute;ologien, historien et artiste camerounais (1930&ndash;1995).</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Tiriane Balbine Nadege</dc:creator>
      <pubDate>2026-07-20 10:45:11</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Article 66 : la loi anti-corruption que le Cameroun assassine]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/94015/30:27/article-66-la-loi-anti-corruption-que-le-cameroun-assassine-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Trente ans que l'article 66 de la Constitution camerounaise oblige les
hauts responsables à déclarer leurs biens. Trente ans que cette
disposition est délibérém...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Trente ans que l'article 66 de la Constitution camerounaise oblige les hauts responsables &agrave; d&eacute;clarer leurs biens. Trente ans que cette disposition est d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment ignor&eacute;e. L'affaire Babok&eacute; n'est pas qu'un scandale judiciaire c'est le sympt&ocirc;me d'un assassinat constitutionnel.</p>
<h2>OSWALD BABOK&Eacute; ET L'ARTICLE 66 : LA LOI ANTI-CORRUPTION QUE LE CAMEROUN ASSASSINE</h2>
<p>Le 12 juin 2026, un individu se pr&eacute;sente &agrave; la CRTV, la t&eacute;l&eacute;vision nationale camerounaise, porteur d'un d&eacute;cret pr&eacute;sidentiel annon&ccedil;ant la nomination d'un vice-pr&eacute;sident. Le document porte le sceau officiel. La signature ressemble &agrave; celle du chef de l'&Eacute;tat. Probl&egrave;me : Paul Biya n'a rien sign&eacute;. C'est un faux.</p>
<p>L'affaire aurait pu s'arr&ecirc;ter l&agrave;. Mais le nom qui remonte dans l'enqu&ecirc;te : Oswald Babok&eacute;, directeur adjoint du cabinet civil de la pr&eacute;sidence, proche de la Premi&egrave;re dame Chantal Biya ouvre une bo&icirc;te de Pandore bien plus vaste. Dans le viseur du Tribunal criminel sp&eacute;cial (TCS) : deux dossiers, un faux d&eacute;cret et des soup&ccedil;ons de trafic d'or. Entre 2021 et 2025, le Cameroun aurait produit 44 tonnes d'or, mais seuls 148 kilos ont &eacute;t&eacute; officiellement d&eacute;clar&eacute;s &agrave; l'exportation.</p>
<p>Au c&oelig;ur de ce maelstr&ouml;m judiciaire et politique, une question fondamentale, trop rarement pos&eacute;e : <strong>comment la richesse de ceux qui g&egrave;rent le Cameroun est-elle contr&ocirc;l&eacute;e ?</strong></p>
<p>La r&eacute;ponse est &eacute;crite dans la Constitution. Elle s'appelle l'article 66. Et depuis 1996, cette loi est d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment assassin&eacute;e.</p>
<h2>La loi fant&ocirc;me : trente ans d'impunit&eacute;</h2>
<p>Adopt&eacute; en 1996, l'article 66 de la Constitution camerounaise dispose que le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, le Premier ministre, les membres du gouvernement, les parlementaires et les dirigeants des institutions publiques doivent d&eacute;clarer leurs biens et avoirs au d&eacute;but et &agrave; la fin de leur mandat ou de leur fonction.</p>
<p>Une loi de transparence. Un garde-fou contre l'enrichissement illicite. Un outil qui permettrait de comparer les revenus officiels d'un fonctionnaire &agrave; son patrimoine r&eacute;el.</p>
<h2>Elle n'a jamais &eacute;t&eacute; appliqu&eacute;e.</h2>
<p>En avril 2026, le d&eacute;bat resurgit. Le FMI fait pression pour la mise en application de l'article 66. Des d&eacute;crets d'application sont &eacute;voqu&eacute;s. Mais le constat reste glacial : aucune d&eacute;claration de biens n'a jamais &eacute;t&eacute; rendue publique par un haut responsable camerounais. &laquo; Moussa Njoya rappelle que la d&eacute;claration des biens n'est pas encore appliqu&eacute;e en raison de l'absence de d&eacute;crets n&eacute;cessaires &raquo;.</p>
<p>Une loi constitutionnelle, vot&eacute;e il y a trente ans, qui dort dans les archives. Une disposition qui n'attend que des d&eacute;crets d'application qui ne viennent jamais. Et pendant ce temps, l'opacit&eacute; r&egrave;gne.</p>
<h2>L'affaire Babok&eacute;, sympt&ocirc;me d'un syst&egrave;me</h2>
<p>Oswald Babok&eacute;, haut fonctionnaire camerounais n&eacute; le 28 f&eacute;vrier 1972, incarne cette contradiction entre une Constitution qui exige la transparence et une pratique du pouvoir qui l'ignore.</p>
<p><strong><a title="Faux d&eacute;cret au Cameroun" href="https://www.jeuneafrique.com/1810008/politique/faux-decret-au-cameroun-dans-les-coulisses-de-laffaire-baboke" target="_blank" rel="noopener">Selon les enqu&ecirc;tes de Jeune Afrique</a></strong>, Babok&eacute; a &eacute;t&eacute; convoqu&eacute; par le TCS le 26 juin, puis attendu les 30 juin et 1er juillet. Les investigations portent sur les conditions d'attribution de permis miniers dans l'Est du pays. Sa fille, Indira Babok&eacute;, aurait &eacute;t&eacute; interpell&eacute;e &agrave; Duba&iuml;. Son &eacute;pouse, Crescence Babok&eacute;, d&eacute;nonce une &laquo; cabale &raquo;, des &laquo; accusations sans preuves &raquo;.</p>
<p>Mais ces accusations, qu'elles soient fond&eacute;es ou non, ne sont que la partie &eacute;merg&eacute;e de l'iceberg. Le vrai probl&egrave;me est structurel : en l'absence de d&eacute;claration obligatoire et publique des biens, toute fortune de haut fonctionnaire devient suspecte et toute accusation, v&eacute;rifiable ou non, peut prosp&eacute;rer.</p>
<p>Le gouvernement camerounais a d'ailleurs tent&eacute; d'&eacute;teindre l'incendie. Le 17 juillet 2026, le ministre des Mines Fuh Calistus Gentry a d&eacute;menti toute &laquo; disparition d'or de l'&Eacute;tat &raquo;. Mais il a aussi reconnu le vrai probl&egrave;me : la sous-d&eacute;claration de la production par des op&eacute;rateurs priv&eacute;s. Un aveu qui ne fait que renforcer la d&eacute;fiance.</p>
<h2>L'angle mort : pourquoi l'article 66 est assassin&eacute;</h2>
<p>Pourquoi une disposition constitutionnelle, claire et contraignante, reste-t-elle inappliqu&eacute;e depuis trois d&eacute;cennies ?</p>
<p>La r&eacute;ponse est politique. Dans un syst&egrave;me o&ugrave; le pouvoir est vertical, o&ugrave; les nominations et les enrichissements sont souvent li&eacute;s, la transparence est une menace. L'article 66, s'il &eacute;tait appliqu&eacute;, permettrait de comparer le patrimoine d&eacute;clar&eacute; d'un ministre &agrave; ses revenus officiels. Il prot&eacute;gerait les honn&ecirc;tes serviteurs de l'&Eacute;tat et confondrait les autres.</p>
<h2>Le probl&egrave;me, c'est que les autres sont trop nombreux.</h2>
<p>Selon les donn&eacute;es de l'Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (EITI) cit&eacute;es par Jeune Afrique, le Cameroun n'a officiellement d&eacute;clar&eacute; que 22 kilos d'or &agrave; l'exportation en 2023, tandis que pr&egrave;s de 15 tonnes d'or originaires du Cameroun ont &eacute;t&eacute; enregistr&eacute;es &agrave; Duba&iuml; la m&ecirc;me ann&eacute;e. Un &eacute;cart abyssal. Une fuite de richesse nationale. Et personne ne peut dire qui en a profit&eacute; parce que personne n'est tenu de d&eacute;clarer ce qu'il poss&egrave;de.</p>
<h2>Le grand d&eacute;fi de la transition</h2>
<p>Cette affaire d&eacute;passe de loin le cas d'Oswald Babok&eacute;. Elle concerne chaque ministre, chaque directeur g&eacute;n&eacute;ral, chaque maire. Elle concerne la cr&eacute;dibilit&eacute; de l'&Eacute;tat camerounais tout entier.</p>
<p>Le prochain dirigeant du Cameroun n'aura d'autre choix que d'instaurer un m&eacute;canisme rigoureux, public et obligatoire de d&eacute;claration des biens. Le FMI le r&eacute;clame. La soci&eacute;t&eacute; civile le demande. Les Camerounais, lass&eacute;s de l'opacit&eacute;, l'exigent.</p>
<p><strong>Car la v&eacute;rit&eacute; reste immuable : sans transparence, il n'y a pas de confiance.</strong></p>
<p>L'article 66 n'est pas une option. C'est une obligation constitutionnelle. Le laisser dormir, c'est assassiner la loi. C'est dire aux Camerounais que la Constitution n'est qu'un morceau de papier. C'est l&eacute;gitimer l'impunit&eacute; au sommet de l'&Eacute;tat.</p>
<h2>Une affaire, deux scandales</h2>
<p>L'affaire Babok&eacute;, dans ses zones d'ombre, ses accusations non v&eacute;rifi&eacute;es et ses d&eacute;mentis, r&eacute;v&egrave;le un scandale plus profond. Au-del&agrave; du faux d&eacute;cret, au-del&agrave; du trafic d'or pr&eacute;sum&eacute;, il y a l'assassinat silencieux de l'article 66.</p>
<p>Une loi constitutionnelle que le Cameroun a choisi d'enterrer. Une transparence promise et jamais livr&eacute;e. Une d&eacute;fiance qui ne fait que cro&icirc;tre.</p>
<p>Oswald Babok&eacute; est peut-&ecirc;tre innocent. Il est peut-&ecirc;tre coupable. Le TCS tranchera. Mais une chose est certaine : si l'article 66 avait &eacute;t&eacute; appliqu&eacute;, si chaque haut fonctionnaire avait d&ucirc; d&eacute;clarer publiquement ses biens &agrave; son entr&eacute;e et &agrave; sa sortie de fonction, cette affaire n'aurait peut-&ecirc;tre jamais eu lieu. Ou alors, elle aurait &eacute;t&eacute; r&eacute;gl&eacute;e en quelques jours, par la simple confrontation d'un patrimoine d&eacute;clar&eacute; et d'une r&eacute;alit&eacute; v&eacute;rifiable.</p>
<p>Le Cameroun n'a pas besoin de nouveaux d&eacute;crets. Il a besoin que l'on respecte ceux qu'il a d&eacute;j&agrave;.</p>
<hr />
<p>Et vous, pensez-vous que l'article 66 devrait enfin &ecirc;tre appliqu&eacute; ?</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-07-20 01:14:31</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Vacance du  pouvoir au  Cameroun : article 6 Constitution décrypté]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/94005/30:27/vacance-du-pouvoir-au-cameroun-article-6-constitution-decrypte-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[L'article 6, alinéa 4 de la Constitution camerounaise ne reconnaît
que trois causes de vacance : le décès, la démission ou
l'empêchement définitif. Aucun délai...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>L'article 6, alin&eacute;a 4 de la Constitution camerounaise ne reconna&icirc;t que trois causes de vacance : le d&eacute;c&egrave;s, la d&eacute;mission ou l'emp&ecirc;chement d&eacute;finitif. Aucun d&eacute;lai de 45 jours n'y figure. Pourtant, le d&eacute;bat enflamme le pays.</p>
<p><strong>Relance narrative</strong> : Mais ce que les r&eacute;seaux sociaux vous ont dit est peut-&ecirc;tre faux. Car la Constitution ne mentionne aucun d&eacute;lai de 45 jours. Et l'emp&ecirc;chement doit &ecirc;tre d&eacute;finitif. Alors pourquoi ce d&eacute;bat ? Pourquoi ce silence ? Et si le vrai probl&egrave;me n'&eacute;tait pas juridique, mais d&eacute;mocratique ?</p>
<h1>Vacance du pouvoir au Cameroun : ce que dit vraiment l'article 6 de la Constitution</h1>
<h2>Quarante jours d'absence, une question qui divise la Nation</h2>
<p>Parti le 7 juin 2026 pour "<strong>un court s&eacute;jour priv</strong>&eacute;", Paul Biya est absent du Cameroun depuis 40 jours. Selon plusieurs sources, le pr&eacute;sident de 93 ans s&eacute;journe &agrave; Gen&egrave;ve, en Suisse, o&ugrave; il recevrait des soins dans une clinique priv&eacute;e, apr&egrave;s un malaise survenu lors de la f&ecirc;te nationale du 20 mai 2026.</p>
<p>Pendant ce temps, seuls des d&eacute;crets li&eacute;s aux Forces de D&eacute;fense ont &eacute;t&eacute; sign&eacute;s par le Chef de l'&Eacute;tat. Le reste de son activit&eacute; se limite &agrave; des t&eacute;l&eacute;grammes officiels &agrave; ses homologues. L'administration tourne au ralenti.</p>
<p>Les r&eacute;seaux sociaux se sont empar&eacute;s du sujet. Chacun interpr&egrave;te la Constitution selon ses convictions. Les uns affirment que quarante jours d'absence suffisent &agrave; constater la vacance. Les autres r&eacute;pondent que tout est normal.</p>
<p><strong>Une seule autorit&eacute; m&eacute;rite d'&ecirc;tre &eacute;cout&eacute;e : la Constitution elle-m&ecirc;me.</strong></p>
<h2>Article 6, alin&eacute;a 4 : Que dit exactement le texte ?</h2>
<p>L'article 6, alin&eacute;a 4 de la Constitution du Cameroun dispose :</p>
<blockquote>
<p>"En cas de vacance de la Pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique pour cause de d&eacute;c&egrave;s, de d&eacute;mission ou d'emp&ecirc;chement d&eacute;finitif constat&eacute; par le Conseil constitutionnel saisi par le Gouvernement, le Pr&eacute;sident du S&eacute;nat assure provisoirement les fonctions de Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique..."</p>
</blockquote>
<p>&Agrave; la lecture de cet article, <strong>quatre enseignements majeurs s'imposent</strong>.</p>
<h3>Premier enseignement : Trois causes, et trois seulement</h3>
<p>La Constitution ne reconna&icirc;t que trois causes de vacance : <strong>le d&eacute;c&egrave;s, la d&eacute;mission et l'emp&ecirc;chement d&eacute;finitif</strong>.</p>
<p>Pas une quatri&egrave;me. Nulle part il n'est &eacute;crit qu'une absence de trente, quarante, soixante ou cent jours hors du territoire national entra&icirc;ne automatiquement la vacance du pouvoir.</p>
<p>"Le d&eacute;bat sur les 45 jours est une rumeur, c'est une rumeur qui s'est &eacute;tablie dans la soci&eacute;t&eacute; au Cameroun comme une v&eacute;rit&eacute;. &Ccedil;a n'existe effectivement nulle part", a d&eacute;clar&eacute; Christian Ntimbane Bomo, acteur de la soci&eacute;t&eacute; civile.</p>
<h3>Deuxi&egrave;me enseignement : L'emp&ecirc;chement doit &ecirc;tre d&eacute;finitif</h3>
<p>Le constituant n'a pas &eacute;crit "<strong>absence prolong&eacute;e</strong>", "<strong>s&eacute;jour priv&eacute;</strong>", "<strong>hospitalisation</strong>" ou "<strong>indisponibilit&eacute; temporaire</strong>". Il a volontairement choisi le terme <strong>d&eacute;finitif</strong>.</p>
<p>Une absence, m&ecirc;me longue, ne devient pas automatiquement un emp&ecirc;chement d&eacute;finitif. "La vacance de pouvoir est une situation qui est constat&eacute;e par 3 cas : le d&eacute;c&egrave;s, la d&eacute;mission de ses fonctions, ou un acte constatant l'incapacit&eacute; &agrave; gouverner", rappelle le professeur Mathias &Eacute;ric Owona Nguini.</p>
<h3>Troisi&egrave;me enseignement : Le Conseil constitutionnel ne d&eacute;cide pas de lui-m&ecirc;me</h3>
<p>L'article 6 pr&eacute;cise que le Conseil constitutionnel est "<strong>saisi par le Gouvernement</strong>".</p>
<p>Le Conseil ne se r&eacute;unit pas spontan&eacute;ment parce que les r&eacute;seaux sociaux s'enflamment. Il intervient dans le cadre d'une proc&eacute;dure constitutionnelle pr&eacute;cise, d&eacute;clench&eacute;e par le Gouvernement.</p>
<p>Et c'est l&agrave; que le b&acirc;t blesse. Car le Gouvernement, qui doit saisir le Conseil, est-il pr&ecirc;t &agrave; le faire ?</p>
<h3>Quatri&egrave;me enseignement : Constater n'est pas fabriquer</h3>
<p>Le Conseil constitutionnel <strong>constate</strong> l'emp&ecirc;chement d&eacute;finitif. Il ne le suppose pas. Il ne l'imagine pas. Il ne le d&eacute;duit pas.</p>
<p>Cette nuance est essentielle. En droit constitutionnel, constater un fait n'est pas fabriquer un fait.</p>
<h2>Le pi&egrave;ge de la nouvelle Constitution</h2>
<p>La donne a r&eacute;cemment chang&eacute;. Une r&eacute;vision constitutionnelle a r&eacute;introduit le poste de <strong>vice-pr&eacute;sident</strong>.</p>
<p>Selon le nouveau texte, le vice-pr&eacute;sident devient le successeur constitutionnel du Pr&eacute;sident en cas de vacance. Il doit achever le mandat du pr&eacute;sident en cours. Paul Biya a d&eacute;j&agrave; promulgu&eacute; cette loi.</p>
<p><strong>Mais le vice-pr&eacute;sident n'a pas encore &eacute;t&eacute; nomm&eacute;</strong>.</p>
<p>C'est l&agrave; que se situe le probl&egrave;me. Sous l'ancienne Constitution, c'&eacute;tait le Pr&eacute;sident du S&eacute;nat qui assurait l'int&eacute;rim. Avec la nouvelle Constitution, seul le vice-pr&eacute;sident peut saisir le Conseil constitutionnel pour faire constater la vacance.</p>
<blockquote>
<p>"Imaginez une vacance du pouvoir alors que le vice-pr&eacute;sident cens&eacute; saisir le Conseil constitutionnel n'existe pas encore. La proc&eacute;dure est bloqu&eacute;e. Le pays peut sombrer dans une crise constitutionnelle", r&eacute;sume un universitaire.</p>
</blockquote>
<p>Un "<strong>vrai-faux d&eacute;cret</strong>" annon&ccedil;ant la nomination d'un vice-pr&eacute;sident a d'ailleurs circul&eacute; sur les r&eacute;seaux sociaux, r&eacute;v&eacute;lant l'inqui&eacute;tude et la confusion.</p>
<h2>Le d&eacute;bat politique : Jean Michel Nintcheu et l'opposition</h2>
<p>Le d&eacute;put&eacute; Jean Michel Nintcheu, affirme que le Conseil constitutionnel doit constater la vacance au sommet de l'&Eacute;tat.</p>
<p>L'opposition, par la voix de figures comme Maurice Kamto ou Kah Walla, s'interroge sur l'absence prolong&eacute;e. Pour certains juristes, l'absence injustifi&eacute;e peut &ecirc;tre assimil&eacute;e &agrave; une "<strong>d&eacute;mission tacite</strong>".</p>
<p>Mais cette interpr&eacute;tation est contest&eacute;e. Le ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; aupr&egrave;s du Ministre de la Justice, Jean de Dieu Momo, rejette cat&eacute;goriquement l'hypoth&egrave;se d'une vacance du pouvoir.</p>
<h2>Le v&eacute;ritable enjeu : La transparence d&eacute;mocratique</h2>
<p>Voil&agrave; pourquoi, en l'&eacute;tat actuel de la Constitution camerounaise, il est juridiquement difficile d'affirmer que la vacance de la Pr&eacute;sidence est d&eacute;j&agrave; acquise.</p>
<p><strong>Mais faut-il pour autant consid&eacute;rer que tout est normal ?</strong></p>
<p>Car si le droit ne permet pas encore de parler de vacance du pouvoir, la d&eacute;mocratie, elle, impose une autre exigence : <strong>la transparence</strong>.</p>
<p>Un Chef de l'&Eacute;tat n'est pas un simple particulier parti passer des vacances anonymement. Il incarne la continuit&eacute; de l'&Eacute;tat. Sa situation int&eacute;resse l&eacute;gitimement la Nation tout enti&egrave;re.</p>
<p>Dans les grandes d&eacute;mocraties, lorsqu'un Pr&eacute;sident est absent ou hospitalis&eacute;, les institutions communiquent. Elles rassurent le peuple sur la continuit&eacute; du pouvoir.</p>
<p>Au Cameroun, le silence semble parfois &ecirc;tre &eacute;lev&eacute; au rang de doctrine administrative. Plus le temps passe, plus les rumeurs prosp&egrave;rent. Et lorsque l'&Eacute;tat se tait, WhatsApp devient ministre de la Communication, Facebook se transforme en Conseil des ministres et TikTok finit par remplacer le Journal officiel.</p>
<h2>Ce que les Camerounais sont en droit de savoir</h2>
<p>Les Camerounais ne demandent pas les ordonnances m&eacute;dicales du Pr&eacute;sident. Ils demandent simplement ce que tout peuple souverain est en droit de savoir : <strong>o&ugrave; se trouve le Chef de l'&Eacute;tat</strong> et comment est assur&eacute;e, en toute transparence, la continuit&eacute; de l'&Eacute;tat.</p>
<p>Le probl&egrave;me n'est donc pas seulement constitutionnel. Il est politique. Il est institutionnel. Il est d&eacute;mocratique.</p>
<p>Une R&eacute;publique s&eacute;rieuse ne fonctionne ni au rythme des rumeurs, ni au gr&eacute; des passions politiques. Elle fonctionne selon le droit. Mais elle vit aussi de la confiance entre les institutions et les citoyens.</p>
<hr />
<p>Selon vous, le Pr&eacute;sident Biya devrait-il communiquer sur son &eacute;tat de sant&eacute; et son lieu de s&eacute;jour ? Oui ou non ?&nbsp;</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">La rédaction</dc:creator>
      <pubDate>2026-07-18 12:46:20</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Paul Biya à Genève, le Cameroun sans président]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/94002/30:27/paul-biya-a-geneve-le-cameroun-sans-president-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Parti pour un « court séjour privé » le 7 juin 2026, le président
camerounais prolonge son absence alors que le pays attend des
décisions majeures et que la nou...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Parti pour un &laquo; court s&eacute;jour priv&eacute; &raquo; le 7 juin 2026, le pr&eacute;sident camerounais prolonge son absence alors que le pays attend des d&eacute;cisions majeures et que la nouvelle Constitution cr&eacute;e un vide juridique inqui&eacute;tant.</p>
<p>Paul Biya est absent du Cameroun depuis quarante jours. Quarante jours sans que les Camerounais n'aper&ccedil;oivent physiquement leur chef de l'&Eacute;tat sur le territoire national. Quarante jours pendant lesquels le pays, lui, n'a pas pris de vacances.</p>
<p>Le 7 juin 2026, le pr&eacute;sident quitte Yaound&eacute; pour un &laquo; s&eacute;jour priv&eacute; &raquo; en Suisse, accompagn&eacute; de son &eacute;pouse Chantal Biya. Une absence qui devait &ecirc;tre courte. Elle s'&eacute;tire. Pendant ce temps, &agrave; Gen&egrave;ve, c'est tout le clan Biya qui s'est install&eacute;. Une r&eacute;union familiale que Jeune Afrique a document&eacute;e dans une enqu&ecirc;te exclusive.</p>
<p>Mais derri&egrave;re ces retrouvailles priv&eacute;es se cache une question autrement plus lourde : que se passe-t-il quand le chef de l'&Eacute;tat est absent depuis plus d'un mois, que la nouvelle Constitution a r&eacute;introduit le poste de vice-pr&eacute;sident, mais que personne n'a encore &eacute;t&eacute; nomm&eacute; ?</p>
<h2>40 jours d'absence : ce que dit le calendrier</h2>
<p>Parti le 7 juin 2026, Paul Biya a quitt&eacute; le Cameroun pour un s&eacute;jour &agrave; Gen&egrave;ve, en Suisse. Selon plusieurs sources, le pr&eacute;sident de 93 ans y re&ccedil;oit des soins dans une clinique priv&eacute;e, apr&egrave;s un malaise survenu lors de la f&ecirc;te nationale du 20 mai.</p>
<p>Le s&eacute;jour, initialement pr&eacute;vu pour deux semaines, a &eacute;t&eacute; prolong&eacute;. Fin juin, Actu Cameroun annon&ccedil;ait un retour &laquo; d'ici la fin du mois &raquo;. Mi-juillet, le pr&eacute;sident est toujours &agrave; Gen&egrave;ve. Depuis son d&eacute;part, seuls des d&eacute;crets li&eacute;s aux Forces de d&eacute;fense ont &eacute;t&eacute; sign&eacute;s. Aucune signature sur les dossiers &eacute;conomiques, sociaux ou administratifs.</p>
<p>&laquo; O&ugrave; est pass&eacute; Paul Biya ? Absent du Cameroun depuis pr&egrave;s de quarante jours, le chef de l'&Eacute;tat brille par le silence assourdissant &raquo;, s'est interrog&eacute; l'homme politique Aristide Mono sur Equinoxe Radio.</p>
<h2>Une r&eacute;union de famille qui interroge</h2>
<p>Le 1er juillet 2026, Jeune Afrique r&eacute;v&eacute;lait : <a title="Cameroun : Paul Biya r&eacute;unit toute sa famille en Suisse" href="ttps://www.jeuneafrique.com/1808740/politique/cameroun-paul-biya-reunit-toute-sa-famille-en-suisse/" target="_blank" rel="noopener"><strong>Paul Biya a r&eacute;uni toute sa famille en Suisse</strong>.</a> L'h&ocirc;tel InterContinental de Gen&egrave;ve est devenu, le temps d'un s&eacute;jour, la r&eacute;sidence secondaire de la R&eacute;publique.</p>
<p>Autour du pr&eacute;sident : la Premi&egrave;re Dame Chantal Biya, leurs enfants Junior et Brenda Biya, la gouvernante Mama Medoulou. Et surtout r&eacute;v&eacute;lation lourde de sens dans le contexte des luttes de clans C&eacute;line Ngoh Ngoh, l'&eacute;pouse de Ferdinand Ngoh Ngoh, Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence.</p>
<p>Plus inattendu encore : Pierre Meba, fr&egrave;re cadet de Paul Biya, a &eacute;galement &eacute;t&eacute; hospitalis&eacute; &agrave; Gen&egrave;ve, tandis que sa fille Cathy Meba, vice-pr&eacute;sidente du Conseil r&eacute;gional du Sud, est sur place. Une double hospitalisation le pr&eacute;sident et son fr&egrave;re sur laquelle le cabinet civil de la pr&eacute;sidence oppose une discr&eacute;tion totale.</p>
<p>Le 31e anniversaire de Junior Biya a &eacute;t&eacute; c&eacute;l&eacute;br&eacute; &agrave; l'InterContinental avec un certain retentissement. Objectif, selon Jeune Afrique : &laquo; faire taire les rumeurs persistantes sur l'&eacute;tat de sant&eacute; de Paul Biya &raquo;.</p>
<h2>Le Cameroun en &eacute;tat de veille</h2>
<p>Pendant que Gen&egrave;ve s'anime, Yaound&eacute; tourne au ralenti. L'administration est en &eacute;tat de veille. Les nominations, les arbitrages, les d&eacute;cisions majeures s'accumulent sur le bureau pr&eacute;sidentiel.</p>
<p>Les &eacute;lections municipales et l&eacute;gislatives de 2027 approchent. Le remaniement minist&eacute;riel, annonc&eacute; &agrave; trois reprises, est toujours dans le tiroir des &laquo; prochains jours &raquo;. Le proc&egrave;s de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo se poursuit devant le tribunal militaire de Yaound&eacute;. Les scandales li&eacute;s &agrave; l'or et aux finances publiques continuent d'alimenter les conversations.</p>
<p>Et la nomination d'un vice-pr&eacute;sident, pr&eacute;vue par la r&eacute;vision constitutionnelle d'avril 2026, reste une &eacute;nigme.</p>
<h2>Le pi&egrave;ge constitutionnel que personne n'a vu venir</h2>
<p>C'est l&agrave; que se situe le probl&egrave;me et l'angle que les m&eacute;dias ont trop peu explor&eacute;.</p>
<p>En avril 2026, le Parlement camerounais a adopt&eacute; une r&eacute;vision constitutionnelle r&eacute;introduisant le poste de vice-pr&eacute;sident, supprim&eacute; depuis plusieurs d&eacute;cennies. Le pr&eacute;sident Biya a promulgu&eacute; la loi. Selon le nouveau texte, le vice-pr&eacute;sident devient le successeur constitutionnel du pr&eacute;sident en cas de vacance du pouvoir.</p>
<p>Mais &agrave; ce jour, le vice-pr&eacute;sident n'a pas encore &eacute;t&eacute; nomm&eacute;.</p>
<p>Et c'est l&agrave; que le b&acirc;t blesse. Sous l'ancienne Constitution, en cas de vacance, c'&eacute;tait le pr&eacute;sident du S&eacute;nat qui assurait l'int&eacute;rim pendant 90 jours, le temps d'organiser une &eacute;lection. Avec la nouvelle Constitution, seul le vice-pr&eacute;sident peut saisir le Conseil constitutionnel pour faire constater la vacance.</p>
<p>Mais si le vice-pr&eacute;sident n'a pas &eacute;t&eacute; nomm&eacute;, qui saisit le Conseil constitutionnel ?</p>
<p>Un universitaire r&eacute;sume la situation : &laquo; Imaginez une vacance du pouvoir alors que le vice-pr&eacute;sident cens&eacute; saisir le Conseil constitutionnel n'existe pas encore. La proc&eacute;dure est bloqu&eacute;e. Le pays peut sombrer dans une crise constitutionnelle. &raquo;</p>
<p>Ce vide juridique, qu'un &laquo; vrai-faux d&eacute;cret &raquo; de nomination a r&eacute;cemment r&eacute;v&eacute;l&eacute;, montre la crainte d'une crise institutionnelle si une vacance survenait maintenant.</p>
<h2>Le poids de l'&acirc;ge et l'ombre de la succession</h2>
<p>&Agrave; 93 ans, Paul Biya est aujourd'hui le plus vieux chef d'&Eacute;tat au monde. Il vient d'entamer son huiti&egrave;me mandat pr&eacute;sidentiel. Sa sant&eacute; est fr&eacute;quemment au c&oelig;ur des pol&eacute;miques.</p>
<p>Les questions de succession n'ont jamais &eacute;t&eacute; aussi pressantes. Malgr&eacute; l'adoption de la r&eacute;vision constitutionnelle, le pr&eacute;sident n'a jamais d&eacute;voil&eacute; les contours de son h&eacute;ritage politique. Deux camps s'affrontent dans l'attente d'une succession dont les termes restent vagues.</p>
<p>&laquo; L'enjeu central serait donc la mani&egrave;re dont Biya choisirait d'organiser le renouvellement du pouvoir au Cameroun &raquo;, analyse le think tank Timbuktu Institute.</p>
<h2>Gen&egrave;ve ou Yaound&eacute; : o&ugrave; se gouverne le Cameroun ?</h2>
<p>Ce qui inqui&egrave;te aujourd'hui les Camerounais, ce n'est pas qu'un p&egrave;re de 93 ans retrouve ses enfants. C'est qu'au m&ecirc;me moment, tout un peuple cherche encore son pr&eacute;sident.</p>
<p>La photo publi&eacute;e par Jeune Afrique montre une famille r&eacute;unie. Mais elle rappelle surtout qu'un pays entier attend toujours le retour de celui qui en dirige officiellement les destin&eacute;es.</p>
<p>Car un &Eacute;tat ne se gouverne pas seulement par des d&eacute;crets publi&eacute;s au Journal officiel. Il se gouverne aussi par une pr&eacute;sence, une parole, une proximit&eacute; avec le peuple qui vous a confi&eacute; son destin.</p>
<p>&Agrave; Gen&egrave;ve, le clan Biya c&eacute;l&egrave;bre un anniversaire. &Agrave; Yaound&eacute;, les Camerounais attendent des r&eacute;ponses. Le contraste est saisissant.</p>
<p><strong>Jusqu'&agrave; quand un pr&eacute;sident peut-il rester absent ? Donnez votre avis en commentaire.</strong></p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-07-18 02:04:03</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Cameroun :: Paradoxe,un peuple réclame l'immolation d'un voleur de chèvre mais soutient un voleur de milliards]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/93995/30:27/cameroun-paradoxeun-peuple-reclame-limmolation-dun-voleur-de-chevre-mais-soutient-un-voleur-de-milliards-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Il existe des réalités évoquées à voix basse dans les quartiers
et qui méritent d’être exposées au grand jour. 

Au Cameroun, deux formes de justice coexistent....]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Il existe des r&eacute;alit&eacute;s &eacute;voqu&eacute;es &agrave; voix basse dans les quartiers et qui m&eacute;ritent d&rsquo;&ecirc;tre expos&eacute;es au grand jour.&nbsp;</p>
<p>Au Cameroun, deux formes de justice coexistent. L&rsquo;une est rapide, bruyante et se passe d&rsquo;avocat. L&rsquo;autre est lente, feutr&eacute;e, accompagn&eacute;e de comit&eacute;s de soutien et de conf&eacute;rences de presse.</p>
<p><strong>La justice du "douf" : le cas du pauvre&nbsp;</strong></p>
<p>Lorsqu&rsquo;un voleur de ch&egrave;vre, un individu impliqu&eacute; dans une rixe ou un jeune pris &agrave; arracher un sac &agrave; main est interpell&eacute;, le verdict tombe en quelques minutes sur les r&eacute;seaux sociaux, au march&eacute; ou au carrefour : &nbsp;<br />&laquo; Il faut le douf. Br&ucirc;lez-le. &raquo;</p>
<p>Aucune pr&eacute;somption d&rsquo;innocence n&rsquo;est &eacute;voqu&eacute;e. Aucune circonstance att&eacute;nuante n&rsquo;est avanc&eacute;e. L&rsquo;argument familial est ignor&eacute;. La foule endosse les r&ocirc;les de juge, de procureur et de bourreau. La s&eacute;curit&eacute;, l&rsquo;exemplarit&eacute; et la morale sont mises en avant. &nbsp;<br />Le sang coule. Puis chacun rentre chez soi avec le sentiment du devoir accompli : "au moins le m&eacute;nage a &eacute;t&eacute; fait". Dans ces cas, la loi s&rsquo;applique. S&egrave;che, imm&eacute;diate, sans appel.</p>
<p><strong>&nbsp;La justice des "comit&eacute;s de soutien" : le cas du puissant</strong>&nbsp;</p>
<p>Le d&eacute;cor change lorsqu&rsquo;un gestionnaire de fonds publics est mis en cause. Des milliards de francs CFA destin&eacute;s au d&eacute;veloppement int&eacute;gral ont disparu. Des h&ocirc;pitaux sans lits, des routes non bitum&eacute;es, des &eacute;coles sans bancs portent la trace de cette gestion.</p>
<p>Alors, un ph&eacute;nom&egrave;ne se produit. &nbsp;<br />En 24 heures, des comit&eacute;s de soutien se forment. Des t-shirts sont parfois imprim&eacute;s. Des "&eacute;lites" publient des communiqu&eacute;s : &nbsp;<br />&laquo; Il s&rsquo;agit d&rsquo;un acharnement politique &raquo; &nbsp;<br />&laquo; Il a beaucoup fait pour le village &raquo; &nbsp;<br />&laquo; Respectons la pr&eacute;somption d&rsquo;innocence &raquo; &nbsp;<br />&laquo; Ne salissons pas la m&eacute;moire d&rsquo;un digne fils &raquo;</p>
<p>Ceux qui r&eacute;clament des comptes sont qualifi&eacute;s de "jaloux", "aigris", "tribalistes" ou "d&rsquo;ennemis du d&eacute;veloppement". &nbsp;<br />La justice est alors pr&eacute;sent&eacute;e comme "instrumentalis&eacute;e". La prison est jug&eacute;e "humiliante".&nbsp;</p>
<p><strong>Et si le mis en cause d&eacute;c&egrave;de ? &nbsp;</strong><br />Il devient interdit de s&rsquo;en r&eacute;jouir. &laquo; On ne se r&eacute;jouit pas de la mort des gens &raquo; &nbsp;<br />&laquo; Il a laiss&eacute; des enfants &raquo; &nbsp;<br />&laquo; Seul Dieu juge &raquo; &nbsp;<br />Les m&ecirc;mes voix qui r&eacute;clamaient le "douf" quelques jours plus t&ocirc;t dispensent d&eacute;sormais des le&ccedil;ons de morale et d&rsquo;humanisme.</p>
<p><strong>Origine du paradoxe&nbsp;</strong></p>
<p>Le probl&egrave;me ne r&eacute;side pas dans les textes de loi. La l&eacute;gislation camerounaise est fournie. &nbsp;<br />Le probl&egrave;me tient au regard port&eacute; sur les faits. Derri&egrave;re un pr&eacute;varicateur de fonds publics se trouve souvent une communaut&eacute; de b&eacute;n&eacute;ficiaires. L&rsquo;id&eacute;e s&rsquo;est install&eacute;e selon laquelle la valeur d&rsquo;une vie, d&rsquo;une faute ou d&rsquo;une peine d&eacute;pend du solde bancaire de la personne concern&eacute;e. &nbsp;<br />Le pauvre vole par m&eacute;chancet&eacute;. Le riche d&eacute;tourne parce qu&rsquo;il a "craqu&eacute;". &nbsp;<br />Le pauvre tue par sauvagerie. Le riche a "commis des erreurs de gestion".</p>
<p>Albert Camus &eacute;crivait : &laquo; Mal nommer les choses, c&rsquo;est ajouter au malheur du monde. &raquo; Dans ce contexte, la justice est mal nomm&eacute;e. Elle est appel&eacute;e "justice" lorsqu&rsquo;elle frappe en bas, et "pers&eacute;cution" lorsqu&rsquo;elle frappe en haut.</p>
<p><strong>&nbsp;Quelle R&eacute;publique pour le Cameroun ?</strong></p>
<p>Une R&eacute;publique ne se b&acirc;tit pas sur la peur du petit et l&rsquo;indulgence envers le grand. &nbsp;<br />Elle repose sur un principe : la loi est la m&ecirc;me pour le voleur de ch&egrave;vre et pour le voleur de milliards.</p>
<p>Tant que deux poids et deux mesures pr&eacute;vaudront, tant que le "douf" sera acclam&eacute; au quartier pendant que des tee-shirts "Free Mon Grand" seront port&eacute;s devant les prisons, des citoyens d&eacute;sabus&eacute;s continueront d&rsquo;&ecirc;tre produits.</p>
<p>Le d&eacute;veloppement int&eacute;gral d&rsquo;un pays ne commence pas par les infrastructures. Il commence par l&rsquo;&eacute;galit&eacute; devant la faute.</p>
<p>Comme le soulignait Mongo Beti : <em>&laquo; Un peuple qui &eacute;lit des corrompus, les r&eacute;&eacute;lit, les excuse et les pleure, n&rsquo;est pas victime. Il est complice. &raquo;</em></p>
<p>Le Cameroun m&eacute;rite mieux que ce th&eacute;&acirc;tre. Il m&eacute;rite une seule justice. La vraie.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Caroline Bassomo</dc:creator>
      <pubDate>2026-07-17 10:27:12</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Paul Biya : 39 jours d'absence, le Cameroun s'interroge]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/93983/30:27/paul-biya-39-jours-dabsence-le-cameroun-sinterroge-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Le président camerounais Paul Biya a quitté Yaoundé le 7 juin 2026
pour un « court séjour privé en Europe ». 39 jours plus tard,
aucune image, aucune déclaratio...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Le pr&eacute;sident camerounais Paul Biya a quitt&eacute; Yaound&eacute; le 7 juin 2026 pour un &laquo; court s&eacute;jour priv&eacute; en Europe &raquo;. 39 jours plus tard, aucune image, aucune d&eacute;claration. L'analyste Aristide Mono s'interroge publiquement : &laquo; O&ugrave; est m&ecirc;me Paul Biya ? &raquo;</p>
<p><strong>Qui ?</strong> Paul Biya, pr&eacute;sident de la R&eacute;publique du Cameroun, 93 ans, au pouvoir depuis 1982. <strong>Quoi ?</strong> Il a quitt&eacute; le pays le 7 juin 2026 pour un &laquo; court s&eacute;jour priv&eacute; en Europe &raquo; et n'est pas rentr&eacute; depuis <strong>39 jours</strong>. <strong>O&ugrave; ?</strong> Selon plusieurs sources, il se trouverait &agrave; Gen&egrave;ve, en Suisse. <strong>Pourquoi ?</strong> Officiellement pour un s&eacute;jour priv&eacute;, mais des rumeurs persistantes &eacute;voquent des raisons de sant&eacute;.</p>
<p><strong>Qui s'interroge ?</strong> Aristide Mono, analyste politique et activiste camerounais. Dans un statut devenu viral, il lance : &laquo; O&ugrave; est m&ecirc;me Paul Biya ? 39 jours d&eacute;j&agrave; hors du pays. Aucune image de lui. Il fait seulement quoi comme &ccedil;a &agrave; l'&eacute;tranger ? &raquo;</p>
<p>Une question simple. Une r&eacute;ponse qui se fait attendre. Et un silence qui, jour apr&egrave;s jour, devient assourdissant.</p>
<h2>Un d&eacute;part annonc&eacute;, un retour qui n'arrive pas</h2>
<p>Le 7 juin 2026, la pr&eacute;sidence camerounaise publie un communiqu&eacute; lapidaire sign&eacute; par <strong>Samuel Mvondo Ayolo</strong>, ministre directeur du Cabinet civil :</p>
<blockquote>
<p>&laquo; Le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, Son Excellence Paul Biya, a quitt&eacute; Yaound&eacute; ce dimanche 07 juin 2026 en milieu de journ&eacute;e, en compagnie de Son &Eacute;pouse, Madame Chantal Biya, pour un court s&eacute;jour priv&eacute; en Europe. &raquo;</p>
</blockquote>
<p>Le chef de l'&Eacute;tat est accompagn&eacute; d'une suite restreinte : Samuel Mvondo Ayolo, le vice-amiral Joseph Fouda (conseiller sp&eacute;cial) et Simon Pierre Bikele (chef du protocole d'&Eacute;tat).</p>
<p>&laquo; Court s&eacute;jour &raquo;. L'expression est devenue, au fil des ans, un <strong>code</strong>. Les s&eacute;jours de Paul Biya en Europe, officiellement priv&eacute;s, durent souvent plus de 30 jours. Mais celui-ci, avec 39 jours et toujours aucun signe de retour, commence &agrave; inqui&eacute;ter.</p>
<h2>&laquo; O&ugrave; est m&ecirc;me Paul Biya ? &raquo; la question d'Aristide Mono</h2>
<p>C'est l'analyste politique et activiste Aristide Mono qui a ouvert le bal. Dans un statut publi&eacute; sur les r&eacute;seaux sociaux, il interpelle directement le chef de l'&Eacute;tat :</p>
<blockquote>
<p>&laquo; O&ugrave; est m&ecirc;me Paul Biya ? 39 jours d&eacute;j&agrave; hors du pays. Aucune image de lui. Il fait seulement quoi comme &ccedil;a &agrave; l'&eacute;tranger ? &raquo;</p>
</blockquote>
<p>Une question qui, en apparence simple, touche &agrave; des enjeux profonds. Aristide Mono est un analyste connu pour ses positions critiques et son refus des clivages au sein de l'opposition. Il est &eacute;galement consultant et politologue, suivi par une large audience au Cameroun et dans la diaspora.</p>
<p>Son statut a &eacute;t&eacute; massivement partag&eacute;, amplifiant le d&eacute;bat sur l'absence pr&eacute;sidentielle. Et pour cause : 39 jours sans la moindre image officielle du pr&eacute;sident, sans allocution, sans apparition publique. Rien.</p>
<h2>Une sant&eacute; qui interroge</h2>
<p>Si l'absence prolong&eacute;e n'est pas en soi ill&eacute;gale aucune loi camerounaise ne fixe une dur&eacute;e limite pour un s&eacute;jour &agrave; l'&eacute;tranger du chef de l'&Eacute;tat elle alimente les interrogations sur <strong>l'&eacute;tat de sant&eacute;</strong> du pr&eacute;sident &acirc;g&eacute; de 93 ans.</p>
<p>Le 17 juin 2026, le m&eacute;dia panafricain <strong>Jeune Afrique</strong> r&eacute;v&egrave;le que Paul Biya a &eacute;t&eacute; admis dans une clinique priv&eacute;e &agrave; Gen&egrave;ve, en Suisse, apr&egrave;s un malaise survenu lors des c&eacute;l&eacute;brations de la F&ecirc;te nationale du 20 mai.</p>
<p>Le ministre de la Communication, <strong>Ren&eacute; Emmanuel Sadi</strong>, d&eacute;ment formellement toute hospitalisation. Il reconna&icirc;t toutefois que le chef de l'&Eacute;tat se trouve &agrave; Gen&egrave;ve et &laquo; pourrait l&eacute;gitimement profiter de son s&eacute;jour pour des examens m&eacute;dicaux de routine &raquo;.</p>
<p>La formule est habile. Mais elle n'apaise pas les inqui&eacute;tudes. Paul Biya, r&eacute;&eacute;lu en octobre 2025 pour un huiti&egrave;me mandat, avait promis en d&eacute;cembre 2025 un remaniement gouvernemental. Six mois plus tard, le gouvernement est toujours inchang&eacute;.</p>
<h2>Une vacance du pouvoir ?</h2>
<p>Le poste de <strong>vice-pr&eacute;sident</strong>, cr&eacute;&eacute; par la r&eacute;forme constitutionnelle d'avril 2025, n'a toujours pas &eacute;t&eacute; pourvu. Cette fonction est pourtant centrale, notamment en cas d'emp&ecirc;chement du pr&eacute;sident.</p>
<p>L'absence prolong&eacute;e de Paul Biya, coupl&eacute;e &agrave; la vacance de la vice-pr&eacute;sidence, alimente les sp&eacute;culations sur une &eacute;ventuelle <strong>vacance du pouvoir</strong>. En juillet 2026, un individu s'est introduit &agrave; la CRTV, la t&eacute;l&eacute;vision d'&Eacute;tat, avec un faux d&eacute;cret nommant un vice-pr&eacute;sident. Un incident qui, s'il est grotesque, r&eacute;v&egrave;le la tension qui monte.</p>
<p>&Agrave; Yaound&eacute;, l'absence pr&eacute;sidentielle est suivie de pr&egrave;s. Le gouvernement assure que Paul Biya &laquo; continue, comme &agrave; son habitude, de suivre les affaires de la R&eacute;publique avec toute la diligence requise &raquo;. Mais sur le terrain, les Camerounais attendent des signes.</p>
<h2>Un silence qui p&egrave;se</h2>
<p>Ce qui frappe dans cette absence, c'est le <strong>silence</strong>. Pas d'images. Pas d'allocution. Pas de communiqu&eacute; autre que celui du 7 juin. Le pr&eacute;sident, qui a l'habitude de s'exprimer rarement, s'est cette fois enfonc&eacute; dans un mutisme total.</p>
<p>Pour Aristide Mono, ce silence est symptomatique d'un r&eacute;gime qui fonctionne par procuration :</p>
<blockquote>
<p>&laquo; Quand Paul Biya partira, les gens auront l'impression d'&ecirc;tre sortis d'un r&ecirc;ve de 42 ans, parce que les gens refusent de voir la r&eacute;alit&eacute; en face dans ce pays. &raquo;</p>
</blockquote>
<p>Une r&eacute;alit&eacute; que l'absence prolong&eacute;e du chef de l'&Eacute;tat ne fait que renforcer. Les Camerounais, eux, attendent. Ils attendent des nouvelles. Ils attendent un retour. Ils attendent que le &laquo; court s&eacute;jour priv&eacute; &raquo; prenne fin.</p>
<h2>Que dit la loi ?</h2>
<p>Aucune disposition constitutionnelle ou l&eacute;gale au Cameroun ne fixe une dur&eacute;e maximale pour un s&eacute;jour &agrave; l'&eacute;tranger du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Le chef de l'&Eacute;tat est libre de ses d&eacute;placements. En cas d'emp&ecirc;chement, c'est le pr&eacute;sident du S&eacute;nat qui assure l'int&eacute;rim. Mais encore faut-il que l'emp&ecirc;chement soit officiellement constat&eacute;.</p>
<p>Or, le gouvernement camerounais maintient que Paul Biya &laquo; continue d'exercer ses fonctions &raquo; depuis l'&eacute;tranger. Juridiquement, le pouvoir n'est donc pas vacant. Politiquement, l'absence prolong&eacute;e interroge.</p>
<h2>Une affaire qui d&eacute;passe le Cameroun</h2>
<p>L'absence de Paul Biya est observ&eacute;e bien au-del&agrave; des fronti&egrave;res camerounaises. La France, l'Union europ&eacute;enne, les organisations internationales suivent de pr&egrave;s l'&eacute;volution de la situation. Le Cameroun, pays cl&eacute; d'Afrique centrale, est un alli&eacute; strat&eacute;gique dans la lutte contre Boko Haram et les groupes arm&eacute;s. Une vacance du pouvoir serait catastrophique pour la r&eacute;gion.</p>
<p>Pour l'instant, le r&eacute;gime tient. Mais l'absence de son chef, coupl&eacute;e aux rumeurs sur sa sant&eacute;, fragilise un syst&egrave;me d&eacute;j&agrave; contest&eacute;.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">La rédaction</dc:creator>
      <pubDate>2026-07-16 13:28:05</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Cameroun :: Un pays qui roule sur des « tas de ferraille » au lieu de saisir l'opportunité des voitures chinoise]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
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            <content:encoded><![CDATA[<p>800, 1000, 2000, 5000 ou 6000 dollars sont les prix affich&eacute;s des voitures r&eacute;centes en Chine. Mais, rendue au Cameroun, cette opportunit&eacute; est annul&eacute;e par la douane. Pourtant, le pays demeure une poubelle de la ferraille.</p>
<p>Avec un &acirc;ge moyen de 18 ans, le parc automobile camerounais compte parmi les plus v&eacute;tustes d'Afrique et le co&ucirc;t de cette v&eacute;tust&eacute; annule elle-aussi les recettes douani&egrave;res vis&eacute;es. Face &agrave; la multiplication des accidents, pollution, factures de carburant et d'entretien qui explosent, il est devenu l&eacute;gitime de se demander si la facilitation des importations de v&eacute;hicules neufs ou r&eacute;cents en provenance de Chine ne s'impose pas comme une piste s&eacute;rieuse pour rajeunir ce parc, en attendant de monter l'industrie automobile locale.</p>
<p><strong>Un parc automobile v&eacute;tuste</strong></p>
<p>Le chiffre donne le vertige : selon la douane, l'&acirc;ge moyen des v&eacute;hicules qui circulent aujourd'hui au Cameroun atteint 18 ans. Plus frappant encore, sur environ 3 millions de v&eacute;hicules d'occasion recens&eacute;s en 2023, plus de 92 % avaient d&eacute;j&agrave; d&eacute;pass&eacute; les 15 ans d'&acirc;ge. Une r&eacute;alit&eacute; qui contraste avec l'ambition de bien-&ecirc;tre affich&eacute;e par plusieurs citoyens.&nbsp;</p>
<p>C'est dans ce paysage que la Chine vient avec une offre pertinente. Des marques comme Haval, Changan, Chery, Jetour ou les poids lourds Sinotruk proposent des v&eacute;hicules neufs &agrave; des prix jusqu'ici r&eacute;serv&eacute;s &agrave; l'occasion, certains mod&egrave;les &eacute;tant annonc&eacute;s &agrave; partir de 14 millions de FCFA. L'argument commercial est simple : offrir aux m&eacute;nages et aux professionnels du transport la possibilit&eacute; d'acqu&eacute;rir un v&eacute;hicule sorti d'usine, sous garantie, pour un budget comparable &agrave; celui d'une voiture d'occasion import&eacute;e d'Europe, d'Am&eacute;rique ou du Japon.</p>
<p><strong>Les multiples co&ucirc;ts de la v&eacute;tust&eacute; : S&eacute;curit&eacute; routi&egrave;re, Sant&eacute;, &Eacute;conomie et Environnement</strong></p>
<p>Le lien entre l'&acirc;ge du parc et l'ins&eacute;curit&eacute; routi&egrave;re n'est pas qu'une intuition. Une &eacute;tude du minist&egrave;re des Transports sur la p&eacute;riode 2011-2017 a &eacute;tabli que l'&eacute;tat des v&eacute;hicules &eacute;tait directement impliqu&eacute; dans 17% des accidents recens&eacute;s, derri&egrave;re l'exc&egrave;s de vitesse (35 %) mais devant la conduite en &eacute;tat d'&eacute;bri&eacute;t&eacute;. Sur cette seule p&eacute;riode, le pays a d&eacute;plor&eacute; plus de 7 200 morts pour environ 21 000 accidents. En 2026, la v&eacute;tust&eacute; des v&eacute;hicules (freins us&eacute;s, pneus lisses, absence d'airbags ou de dispositifs de s&eacute;curit&eacute; modernes) continue de causer des accidents.</p>
<p>Les cons&eacute;quences environnementales et sanitaires de ce parc vieillissant sont tout aussi document&eacute;es. Une &eacute;tude r&eacute;gionale pr&eacute;sent&eacute;e &agrave; Yaound&eacute; en 2024, dans le cadre d'un atelier r&eacute;unissant la Commission &eacute;conomique des Nations unies pour l'Europe et les pays de la CEAC, situait d&eacute;j&agrave; des &eacute;missions moyennes de 170g de CO2/km sur les voitures particuli&egrave;res et 215,7 g de CO2/km sur les camionnettes. Ces niveaux &eacute;taient nettement sup&eacute;rieurs &agrave; ceux des v&eacute;hicules r&eacute;cents, mieux motoris&eacute;s et souvent &eacute;quip&eacute;s de syst&egrave;mes de d&eacute;pollution plus efficaces. Les experts r&eacute;unis lors de cet atelier ont recommand&eacute;, entre autres, l'instauration d'un &acirc;ge limite pour les v&eacute;hicules d'occasion import&eacute;s et le renforcement des campagnes de sensibilisation sur les b&eacute;n&eacute;fices des v&eacute;hicules propres pour la qualit&eacute; de l'air, la sant&eacute; publique et le climat. Un enjeu d'autant plus sensible que la pollution automobile constitue, dans les grandes agglom&eacute;rations comme Douala et Yaound&eacute;, l'une des principales sources de particules fines associ&eacute;es aux maladies respiratoires et cardiovasculaires.</p>
<blockquote>
<p>Au-del&agrave; de la s&eacute;curit&eacute; et de la sant&eacute;, la v&eacute;tust&eacute; du parc automobile p&egrave;se lourdement sur l'&eacute;conomie nationale. Le gouvernement collecte environ 119 milliards de recettes sur les v&eacute;hicules d&rsquo;occasion mais, les accidents de la route font perdre &agrave; l'&Eacute;tat environ 200 milliards de FCFA par an, soit pr&egrave;s de 2,2 % du PIB, selon les estimations d'ing&eacute;nieurs en s&eacute;curit&eacute; routi&egrave;re.</p>
</blockquote>
<p>&Agrave; cela s'ajoutent les surco&ucirc;ts d'entretien et de consommation de carburant inh&eacute;rents aux v&eacute;hicules anciens, qui cr&egrave;vent le budget des transporteurs comme des m&eacute;nages, dans un contexte de prix des carburants d&eacute;j&agrave; en hausse.</p>
<p>Il faut reconna&icirc;tre que l'&Eacute;tat a engag&eacute; depuis plusieurs ann&eacute;es une politique fiscale incitative mais, non effective : exon&eacute;ration totale des droits de douane sur les v&eacute;hicules de moins de 10 ans dans le cadre des APE d&egrave;s 2019, puis exon&eacute;ration des droits d'accises et r&eacute;duction de 50% de la valeur imposable sur les v&eacute;hicules &eacute;lectriques neufs depuis 2025. La loi de finances 2026 va plus loin en durcissant la fiscalit&eacute; sur les v&eacute;hicules les plus &acirc;g&eacute;s, avec un taux de 12,5% pour les v&eacute;hicules de 12 &agrave; 20 ans et de 25 % au-del&agrave; de 20 ans, dans le but affich&eacute; de r&eacute;orienter la demande vers des mod&egrave;les plus r&eacute;cents. Mais, l&rsquo;application de ces mesures reste opaque et discriminatoire.</p>
<p><strong>Des r&eacute;formes plus profondes encore n&eacute;cessaires&nbsp;</strong></p>
<p>Il y a une br&egrave;che laiss&eacute;e par la fiscalit&eacute; et par les limites du march&eacute;. En proposant des v&eacute;hicules neufs &agrave; des prix proches de ceux de l'occasion import&eacute;e, la Chine offre une alternative cr&eacute;dible pour r&eacute;duire l'&acirc;ge moyen du parc, limiter les risques d'accidents li&eacute;s &agrave; la v&eacute;tust&eacute; m&eacute;canique, abaisser les &eacute;missions polluantes, all&eacute;ger la facture d'entretien et de carburant des m&eacute;nages et des professionnels du transport, etc.</p>
<p>Toutefois, des r&eacute;formes plus profondes sont encore n&eacute;cessaires : la fiscalit&eacute; et l'ouverture aux importations chinoises ne suffiront pas, &agrave; elles seules, &agrave; r&eacute;soudre un probl&egrave;me structurel. Un rajeunissement durable du parc suppose des r&eacute;formes plus ambitieuses : une fiscalit&eacute; incitative pour attirer des investisseurs vers une industrie automobile locale (assemblage SKD/CKD), le d&eacute;veloppement d'une main-d'&oelig;uvre qualifi&eacute;e, et surtout un rel&egrave;vement du pouvoir d'achat des m&eacute;nages, condition sine qua non pour que l'acc&egrave;s &agrave; un v&eacute;hicule neuf cesse d'&ecirc;tre un horizon lointain pour la majorit&eacute; des Camerounais.</p>
<p>En attendant, l'alternative chinoise est un saut qualitatif &agrave; bas co&ucirc;t.</p>
<p><em>Louis-Marie KAKDEU, MPA, PhD &amp; HDR</em><br /><em>Deuxi&egrave;me Vice-Pr&eacute;sident National SDF</em></p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Par Louis Marie Kakdeu</dc:creator>
      <pubDate>2026-07-15 07:14:15</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Cameroun :: Alice Nkom : « Ils veulent nous faire taire »]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/93960/30:27/cameroun-alice-nkom-ils-veulent-nous-faire-taire-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Au Cameroun, la République a deux visages : celui de la loi qui
frappe les petits et celui du silence qui protège les grands. Alice
Nkom pose les questions que...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Au Cameroun, la R&eacute;publique a deux visages : celui de la loi qui frappe les petits et celui du silence qui prot&egrave;ge les grands. Alice Nkom pose les questions que le droit refuse d'entendre.</p>
<p>Qui gouverne le Cameroun quand le pr&eacute;sident est &agrave; Gen&egrave;ve, que le patron de la SNH est introuvable depuis trois ans et que les d&eacute;put&eacute;s sont compt&eacute;s au jour pr&egrave;s ? La r&eacute;ponse tient en deux mots : personne, ou plut&ocirc;t ceux que les textes n'ont pas pr&eacute;vu.</p>
<p>Pendant que les d&eacute;put&eacute;s camerounais risquent de perdre la moiti&eacute; de leur indemnit&eacute; apr&egrave;s trois s&eacute;ances d'absence , le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique peut signer des d&eacute;crets depuis une suite d'h&ocirc;tel suisse, des ann&eacute;es durant, sans qu'aucune ligne de la Constitution ne vienne lui rappeler qu'il a un pays &agrave; gouverner. &Agrave; la Soci&eacute;t&eacute; nationale des hydrocarbures (SNH), le m&ecirc;me th&eacute;&acirc;tre se joue en silence : un administrateur-directeur g&eacute;n&eacute;ral de 87 ans, Adolphe Moudiki, absent des conseils d'administration depuis pr&egrave;s de trois ans, tandis que son &eacute;pouse, Nathalie Moudiki, exerce de fait un pouvoir qu'aucun texte ne lui a confi&eacute; .</p>
<p>C'est de ce d&eacute;cor que nous parlent aujourd'hui Alice Nkom premi&egrave;re femme avocate du Cameroun, figure de la lutte pour les droits humains &nbsp; et ceux qui refusent de se taire. Avant que les sanctions annonc&eacute;es contre les &laquo; insultes &raquo; ne r&eacute;duisent au silence les derni&egrave;res voix critiques, posons les questions que le droit camerounais refuse de poser depuis quarante ans.</p>
<h2>La question que personne ne pose : combien de temps un pr&eacute;sident peut-il gouverner depuis l'&eacute;tranger ?</h2>
<p>La Constitution camerounaise, dans son silence assourdissant, ne fixe aucune limite. Pas un jour, pas un d&eacute;lai, pas une ligne. Le fameux d&eacute;lai de 45 jours que l'on se r&eacute;p&egrave;te dans les chaumi&egrave;res et sur les r&eacute;seaux sociaux n'existe nulle part dans les textes . C'est une l&eacute;gende que l'on se transmet faute de loi.</p>
<p>Selon l'article 6, alin&eacute;a 4 de la Constitution, la vacance de la Pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique n'est reconnue que dans trois cas : le d&eacute;c&egrave;s, la d&eacute;mission ou l'incapacit&eacute; permanente constat&eacute;e par le Conseil constitutionnel . Point de d&eacute;lai pour absence prolong&eacute;e. Point de seuil au-del&agrave; duquel le fauteuil se vide. Le Conseil constitutionnel ? Ses onze membres sont tous nomm&eacute;s par d&eacute;cret du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. &laquo; La serrure garde la cl&eacute; &raquo;.</p>
<p>Paul Biya, 93 ans, au pouvoir depuis novembre 1982 , d&eacute;tient le record de long&eacute;vit&eacute; parmi les chefs d'&Eacute;tat africains . Ses absences r&eacute;p&eacute;t&eacute;es &agrave; l'&eacute;tranger alimentent r&eacute;guli&egrave;rement la pol&eacute;mique . Selon une enqu&ecirc;te de l'Organised Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), en 35 ans de pouvoir, il a pass&eacute; <strong>quatre ans et demi</strong> en s&eacute;jour priv&eacute; &agrave; l'&eacute;tranger . L'h&ocirc;tel Intercontinental de Gen&egrave;ve est sa destination favorite .</p>
<p>&laquo; La dur&eacute;e du s&eacute;jour pr&eacute;sidentiel &agrave; l'&eacute;tranger n'est pas l&eacute;galement d&eacute;termin&eacute;e &raquo;, confirme le politologue Pierre Nka . Un pr&eacute;sident camerounais peut donc signer ses d&eacute;crets depuis une suite d'h&ocirc;tel &agrave; Gen&egrave;ve, des ann&eacute;es durant, aux frais du contribuable camerounais : aucun texte n'a pr&eacute;vu de le remarquer.</p>
<h2>&nbsp;Le d&eacute;put&eacute;, lui, ne b&eacute;n&eacute;ficie d'aucun passe-droit</h2>
<p>Le droit, pour les &eacute;lus du peuple, retrouve soudain la parole. L'article 100 du R&egrave;glement int&eacute;rieur de l'Assembl&eacute;e nationale est d'une pr&eacute;cision chirurgicale : un d&eacute;put&eacute; absent &agrave; trois s&eacute;ances cons&eacute;cutives sans excuse l&eacute;gitime perd la moiti&eacute; de son indemnit&eacute; . L'article 101 ajoute que trois sessions ordinaires cons&eacute;cutives d'absence entra&icirc;nent la d&eacute;mission d'office.</p>
<p>Le Parlement ne si&egrave;ge que 90 jours par an. Et l'&Eacute;tat trouve encore le moyen d'y compter les absents au franc pr&egrave;s. Chaque d&eacute;placement du d&eacute;put&eacute; doit &ecirc;tre autoris&eacute; par le Bureau, dans des montants fix&eacute;s, et fait l'objet d'un rapport au retour.</p>
<p>Le pr&eacute;sident, lui, ne demande rien &agrave; personne. Il ne plafonne rien. Il ne rapporte rien.</p>
<p>&laquo; Est-ce insulter le pr&eacute;sident que de lire les lois qu'il n'a pas fait &eacute;crire ? &raquo; . La question est rh&eacute;torique, mais elle touche au c&oelig;ur du malaise camerounais.</p>
<h2>&nbsp;&Agrave; la SNH, le m&ecirc;me th&eacute;&acirc;tre, en plus petit</h2>
<p>La Soci&eacute;t&eacute; nationale des hydrocarbures (SNH) est le poumon &eacute;conomique du Cameroun. Ses recettes p&eacute;troli&egrave;res et gazi&egrave;res alimentent une part significative du budget de l'&Eacute;tat . &Agrave; sa t&ecirc;te depuis 1993, Adolphe Moudiki, 87 ans, incarne la long&eacute;vit&eacute; et l'opacit&eacute; du pouvoir .</p>
<p>Mais Moudiki n'est pas l&agrave;. Il n'est jamais l&agrave; .</p>
<p>Le 24 juillet 2024, le conseil d'administration de la SNH se r&eacute;unit en urgence &agrave; la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique . &Agrave; l'ordre du jour : le sort d'Adolphe Moudiki. Mais le principal int&eacute;ress&eacute; est absent. Son fauteuil, &agrave; la pr&eacute;sidence du conseil, reste vide . Malgr&eacute; les rumeurs de disgr&acirc;ce et de maladie, le verdict tombe : Adolphe Moudiki garde son poste . C'est Paul Biya lui-m&ecirc;me qui aurait arbitr&eacute; en faveur de son vieux compagnon .</p>
<p>Derri&egrave;re l'homme affaibli, une famille a pris la rel&egrave;ve. Nathalie Moudiki, l'&eacute;pouse du DG, est d&eacute;sormais conseill&egrave;re n&deg;2 &agrave; la direction g&eacute;n&eacute;rale de la SNH . Elle repr&eacute;sente l'administrateur directeur g&eacute;n&eacute;ral lors des c&eacute;r&eacute;monies officielles , pr&eacute;side des conseils d'administration, signe des &eacute;ditoriaux que des sources d&eacute;crivent comme &laquo; scann&eacute;s &raquo;. Le fondateur de Transparency International Cameroun, Akere Muna, a trouv&eacute; le mot juste : &laquo; <strong>une vacance d&eacute;guis&eacute;e en direction</strong> &raquo; .</p>
<p>&laquo; Ce n'est pas une succession. Ce n'est pas une d&eacute;l&eacute;gation. C'est une vacance d&eacute;guis&eacute;e en direction, et les Camerounais ont le droit de savoir qui d&eacute;cide r&eacute;ellement de la gestion de leur compagnie nationale &raquo; .</p>
<h2>&nbsp; Alice Nkom, voix des sans-voix</h2>
<p>C'est dans ce contexte que la figure d'Alice Nkom s'impose avec une force particuli&egrave;re. &Agrave; 80 ans, premi&egrave;re femme avocate du Cameroun , elle a consacr&eacute; sa vie &agrave; d&eacute;fendre les opprim&eacute;s . Son ONG, le R&eacute;seau des d&eacute;fenseurs des droits humains en Afrique centrale (Reddhac), a r&eacute;cemment &eacute;t&eacute; suspendue par le gouvernement . Elle est convoqu&eacute;e devant des enqu&ecirc;teurs pour r&eacute;pondre d'accusations de blanchiment d'argent et de financement de groupes terroristes des accusations qu'elle d&eacute;ment fermement .</p>
<p>&laquo; Je d&eacute;fendrai toujours les homosexuels parce qu'ils risquent leur libert&eacute; chaque jour, et qu'ils sont jet&eacute;s en prison comme des chiens &raquo;, d&eacute;clare-t-elle &agrave; la BBC . &laquo; Mon travail est de d&eacute;fendre les gens. Je ne vois pas pourquoi je dirais que je d&eacute;fends tout le monde sauf les homosexuels &raquo;.</p>
<p>Nomm&eacute;e porte-parole de l'opposant Issa Tchiroma Bakary apr&egrave;s la pr&eacute;sidentielle d'octobre 2025 , elle n'h&eacute;site pas &agrave; contester la l&eacute;gitimit&eacute; du Conseil constitutionnel : &laquo; C'est son Conseil constitutionnel. Moi, mon Conseil constitutionnel, c'est le peuple camerounais &raquo; .</p>
<h2>&nbsp;Qui insulte qui ?</h2>
<p>Est-ce insulter le pr&eacute;sident que de lire les lois qu'il n'a pas fait &eacute;crire ? Est-ce insulter la SNH que de faire l'appel dans ses bureaux ?</p>
<p>&laquo; Non. L'insulte n'est pas dans nos bouches. L'insulte est dans les textes muets et les fauteuils vides. C'est une insulte au d&eacute;put&eacute;, tenu de compter ses jours quand le sommet ne compte pas ses ann&eacute;es. C'est une insulte au contribuable, qui finance ce qu'aucune juridiction ne d&eacute;taillera jamais. C'est une insulte &agrave; la R&eacute;publique, dont la loi p&egrave;se sur les petits et s'&eacute;vapore devant les puissants. &raquo;</p>
<p>Le gouvernement camerounais a r&eacute;cemment durci le ton contre les &laquo; discours de haine &raquo;, avec des peines allant jusqu'&agrave; deux ans d'emprisonnement et 3 millions de FCFA d'amende . Mais qui d&eacute;finira ce qui est une insulte ? Et qui osera demander des comptes &agrave; ceux qui gouvernent depuis l'absence ?</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-07-15 00:50:20</pubDate>
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