Cambriolage RDPC Kribi : le toit démonté avant le 6 novembre
© Camer.be : Onana Nestor | 31 oct. 2026 01:07:00 | 1114La permanence RDPC de Kribi a été cambriolée dans la nuit du 28 au 29 octobre 2026. Le toit a été démonté. Plainte déposée, huissier passé.
La permanence de la section RDPC de l’Océan Sud 1, située au quartier New Town 1 à Kribi, a été cambriolée dans la nuit du 28 au 29 octobre 2026. Les auteurs ont démonté l’intégralité des tôles de la toiture. Une plainte a été déposée à la gendarmerie de Massaka, et un huissier de justice s’est rendu sur place le jeudi 29 octobre pour un constat.
Ils n’ont pas touché à la porte. Ils sont passés par le ciel. Sur le bâtiment, il ne reste qu’une charpente ouverte et des tôles à terre, à quelques jours d’une date que le parti au pouvoir célèbre chaque année avec faste. À Kribi, la question ne porte pas tant sur le vol que sur le calendrier.
New Town 1, une nuit sans effraction
Le quartier New Town 1 n’est pas un coin perdu de Kribi. C’est un secteur dense, bruyant en journée, où les motos-taxis passent tard. La permanence de la section RDPC de l’Océan Sud 1 y est installée depuis des années. Un bâtiment ordinaire, tôles, murs, porte métallique.
Dans la nuit du 28 au 29 octobre, personne n’a signalé de bruit particulier. Nous n’avons pu joindre aucun riverain pour confirmer ce point avant publication. Ce qui est établi, c’est l’état des lieux au matin : le toit n’était plus là.
Le toit plutôt que la porte : un mode opératoire qui interroge
Démonter une toiture entière demande du temps. Des outils. De la méthode. Et surtout, une absence totale de gêne.
« Plutôt qu’une effraction classique, les malfaiteurs ont opté pour une méthode radicale en démontant l’intégralité des tôles de la toiture du bâtiment abritant les bureaux. » La formulation est celle de la description des faits transmise à la rédaction. Elle dit l’essentiel : ici, on n’a pas cherché la discrétion. On a cherché l’accès.
Un tel chantier, en pleine nuit, dans un quartier habité, suppose soit une organisation solide, soit une confiance dans l’absence de surveillance. Les deux hypothèses circulent. Aucune n’est confirmée.
Une plainte à Massaka, un huissier sur place
La réaction a été rapide. Plainte officielle déposée à la gendarmerie de Massaka. Le jeudi 29 octobre, un huissier de justice s’est rendu dans les locaux pour établir un constat formel des dégâts matériels.
Ce détail compte. Dans les dossiers de ce type, le constat d’huissier n’est pas un geste courant. Il transforme une plainte verbale en pièce opposable. Il fige l’état du bâtiment avant que quiconque ne touche à la charpente. La section ne veut pas seulement que l’on cherche les auteurs. Elle veut que la trace soit propre.
Reste une question que la procédure ne règle pas : qui gardait le bâtiment cette nuit-là ?
Le 6 novembre, une date qui pèse sur le dossier
Le RDPC célèbre chaque 6 novembre l’accession de Paul Biya à la magistrature suprême, le 6 novembre 1982. Quarante-quatre ans, cette année.
La coïncidence saute aux yeux. Mais il faut la manier avec prudence. Entre la nuit du 28 au 29 octobre et le 6 novembre, il y a huit jours, pas une veille. Le raccourci « à la veille du 6 novembre » circule dans la présentation des faits ; la chronologie, elle, est plus large.
Cela change-t-il quelque chose ? Peut-être. Une permanence cambriolée une semaine avant une célébration nationale du parti, ce n’est pas anodin dans une région où le RDPC soigne son implantation. Mais un cambriolage de permanence, au Cameroun, n’est pas non plus un événement rarissime. Des sections ont déjà été visitées, ailleurs, sans arrière-plan politique.
Ce que l’on ne sait pas encore
Trois zones d’ombre subsistent, et nous préférons les nommer plutôt que les combler.
Premièrement, la nature du butin. Matériel de bureau ? Fonds de caisse ? Documents ? Rien ne filtre.
Deuxièmement, le nombre d’auteurs. Le démontage d’une toiture entière suggère plusieurs paires de bras. Aucune source officielle ne confirme un chiffre.
Troisièmement, le mobile. Vol simple, règlement de comptes local, geste de nature politique ? La gendarmerie n’a communiqué aucune piste. Nous avons tenté de joindre la brigade de Massaka vendredi après-midi. Sans succès.
À Kribi, la question que personne ne pose à voix haute
Dans la ville, les discussions vont bon train sur les groupes WhatsApp. Certains parlent d’un « message ». D’autres d’une simple bande de voleurs qui a trouvé une porte dérobée dans le ciel. Aucun élément ne permet, à ce stade, de trancher.
Ce qui est sûr : le bâtiment est ouvert aux quatre vents. La section doit réparer avant la saison des pluies, qui ne pardonne pas. Et la commémoration du 6 novembre se prépare, dans l’Océan, avec un local en moins.
La suite appartient aux enquêteurs. Nous suivrons le dossier. S’il y a une interpellation, nous la raconterons. S’il n’y en a pas, nous le dirons aussi.
Qu’est-ce qui a été volé à la permanence RDPC de Kribi ?
On ne sait pas. Ni le contenu du bâtiment ni la valeur des biens emportés n’ont été communiqués. Le constat d’huissier du 29 octobre porte sur les dégâts matériels du bâtiment, pas sur un inventaire du mobilier.
Pourquoi les voleurs ont-ils démonté le toit ?
C’est la grande question. Forcer la porte métallique fait du bruit et laisse des traces visibles. Passer par la toiture permet d’entrer par le haut, hors de vue depuis la rue. Le procédé suppose du temps et de l’organisation.
Est-ce que c’est lié au 6 novembre ?
Rien ne permet de l’affirmer. La date de la commémoration est proche, mais le cambriolage a eu lieu dans la nuit du 28 au 29 octobre, soit huit jours avant. Aucune source officielle n’établit de lien entre les deux.
Où en est l’enquête ?
Une plainte a été déposée à la gendarmerie de Massaka. Aucune interpellation n’a été annoncée à ce jour. Nous n’avons pas obtenu de réponse de la brigade avant publication.
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