Koko Atéba : « Le cabaret reste la meilleure école »
© Cameroon Tribune : Propos Recueillis Par Monica NKODO | 16 déc. 2016 11:16:35 | 10446Pourquoi avoir choisi un lieu aussi discret que ce cabaret pour revenir sur scène au Cameroun après six ans ?
Parce que c’est la maison de production May House qui me l’a proposé et j’ai accepté avec plaisir de le faire. En réalité, je ne considère pas que je fasse un retour sur la scène camerounaise par ce spectacle, parce qu’en fait, je ne suis jamais partie. Ces dernières années, j’étais moins présente au Cameroun parce qu’on ne m’invitait pas (rires). Chaque fois qu’on me réclame, je suis là, comme ce fut le cas pendant la célébration du Cinquantenaire en 2010. Je suis partie longtemps, mais apparemment les gens n’ont pas oublié mes chansons. Je suis surtout très heureuse et très émue de constater que les jeunes chanteuses se font les griffes sur mes chansons. Ça me fait beaucoup de bien. Je n’ai pas chanté dans le vide, il y a des gens qui m’ont écoutée et qui continuent de me suivre grâce à ces personnes qui interprètent mes chansons.
Un retour en cabaret où vous avez commencé. Vous direz que c’est le cycle de la vie ?
Oui bien sûr ! Ce n’est pas parce qu’on joue dans de grandes salles qu’on fait mieux. Il n’y a pas de hiérarchie dans ce métier. C’est très important que le public comprenne que jouer ici ou ailleurs, c’est exactement la même chose, c’est le même public qui se déplace et il faut le respecter. En plus, dans les cabarets, on joue en live et il n’y a pas moyen de tricher. C’est vrai, il n’y a pas 10 000 personnes, mais ce n’est pas parce qu’on joue devant des milliers de personnes qu’on est meilleur. C’est même plus difficile de jouer devant 50 ou 100 personnes qui vous écoutent attentivement, qui vous observent, que de jouer devant plus de monde. Le métier d’artiste se vit sur la scène. Le cabaret, la musique live, reste la meilleure école.
Vous avez été absente sur le plan artistique pendant assez longtemps au Cameroun. Que devient Koko Ateba ?
Je continue mon métier de chanteuse, et je fais également nombre d’autres choses à côté. Je vis en France et l’actualité c’est que je vais revenir un peu plus dans la musique. J’ai été moins présente parce que pour tout vous dire, j’avais un enfant à élever. Il était petit, je l’élevais seule, et j’avais beaucoup de mal à jongler avec les dates de spectacle, l’école et tout ça. Maintenant il est grand, Dieu merci ! Je prépare un album, mais ne peux pas vous dire quand il sortira, mais je souhaite le dévoiler très vite. J’ai un projet de grand concert au Cameroun qui de- vrait se faire assez rapidement.
Comment se porte votre projet d’association pour accompagner les jeunes artistes ?
Pour l’instant, mon association existe en France où elle a été créée. J’en ai plusieurs mais j’ai l’intension d’organiser des choses avec des partenaires, parce que je suis dans le métier depuis longtemps et il faut que j’apporte mon soutien aux plus jeunes. Evidemment, il y a un besoin de moyens, de structurer toute cette organisation et surtout il y a les démarches administratives à faire. Sinon l’association est légale, je peux déjà organiser des activités au Cameroun. Je suis encore en phase de création au niveau du Cameroun, parce qu’il faut une véritable entité qui existe ici.
Les bonnes rencontres sont alors essentielles pour un artiste…
En réalité, le métier d’artiste n’est bâti que sur des rencontres, des contacts qui ont une idée de ce que vous devez apporter, de comment vous pouvez évoluer, et qui vous apportent des conseils. C’est énorme. L’Etat ne peut pas tout faire. A l’époque il y avait une formation musicale dan les lycées et collèges, mais elle n’existe plus à ma connaissance. Il n’y a que des personnes qui ont du métier qui pourront encadrer les jeunes en leur disant que la musique n’est pas seulement le vidéo-clip qu’on voit à la télévision, mais le travail en amont. Je vais essayer modestement.
Vous avez reçu le soutien de Manu Dibango dans votre jeune carrière comme nombre d’autres musiciens. Est-ce à dire qu’il est incontournable ?
Je pense qu’il est toujours incontournable aujourd’hui. Il est l’exemple du résultat que produisent le travail, la détermination et le talent. Manu pour tout artiste camerounais et même africain, est plus qu’une icône. Nous avons eu la chance de bénéficier de son encadrement direct, de son enseignement, et puis simplement le fait de le connaître c’est une grande émulation parce qu’on se dit qu’il y a toujours quelque chose à apprendre de quelqu’un comme lui.
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