L’UNION DES FORCES ANTI-GRE A GRE ET PRO-REFORMES: VOICI MES PROPOSITIONS
© Correspondance : Ludovic Lado, jésuite | 11 juin 2020 15:00:00 | 2894Je mise sur ces deux femmes: Mme Maximilienne Ngo Mbe ou Me Alice Nkom, mais pour faire quoi? L’heure est venue au Cameroun, comme le disait Sankara, de « Choisir entre du champagne pour quelques-uns et de l’eau potable pour tous ».
Tout le monde le sait désormais, le RDPC est à la manœuvre pour la reproduction du système Biya avec ou sans Biya. Et ils en ont les moyens institutionnels et légaux à l’Assemblée Nationale comme au Sénat. Beaucoup redoutent le gré à gré et n’en veulent pas. La question essentielle aujourd’hui est celle-ci : s’ils font le gré à gré, que faisons-nous? Nous qui ? Voici mes propositions pour l’union des forces anti-gré à gré et pro-réformes.
La mission principale de ce front uni sera de :
- Trouver une solution politique à la crise anglophone
- Reformer le dispositif électoral du Cameroun
- Remettre le Cameroun sur les rails d’une véritable démocratie
Face au spectre du gré à gré, la seule issue pour l’opposition camerounaise est la résistance populaire, la capacité à mobiliser les populations pour exiger des réformes institutionnelles dans le cadre d’une transition politique. C’est d’ailleurs une approche que défend Stand-Up for Cameroun de Mme Kah Walla depuis quelques années. On ne le dira jamais assez, pour y arriver, il faut un front anti-gré à gré et pro-réformes plus large pour conduire la résistance pacifique à ce énième coup de force constitutionnel taillé sur mesure par le RDPC. Il y va de l’avenir de nos enfants, de notre pays.
Quelles sont les forces de résistance en présence ? Les partis politiques, les organisations de la société civile, les personnalités civiles, les autorités religieuses et les leaders d’opinions.
En ce qui concerne les partis politiques, on peut citer les plus anciens comme le SDF, l’UDC, L’UPC-MANIDEM, le CPP, etc. qui ont clairement marqué leur opposition à ces manœuvres anti-démocratiques. Parmi les plus récents, on a le MRC qui a le vent en poupes et mobilise désormais au-dessus de la moyenne, le PCRN et ses quelques députés à l’Assemblée Nationale, ainsi que tous les néo-opposants qui se sont révélés ces cinq dernières années.
Dans la galaxie des organisations de la société civile et des nouvelles dynamiques qu’on peut mobiliser, citons : Dynamique Citoyenne de Jean Marc Bikoko, le REDHAC de Maximilienne Ngo MBE, Stand-UP for Cameroon de Kah Walla, Center for Human Rights and Democracy in Africa de Felix AGBOR NKONGHO, Un Monde Avenir de Philippe NANGA, Plateforme de la Société Civile pour la Démocratie de Hilaire KAMGA, etc. La liste n’est pas exhaustive. Les leaders d’opinion et artistes comme Richard Bona, Jean Pierre Bekolo, Longue Longue, et bien d’autres ont eu à se prononcer sur la nécessité de tourner la page. Il faudra bien évidemment mettre à contribution les mouvements de résistance de la diaspora.
Pour éviter les guerres de leadership relatives au positionnement politique en ces temps qui sont les derniers, je suggère que ce Front Uni soit cordonné par une personnalité de la société civile et non un leader de parti politique. J’en propose : Mme Maximilienne Ngo MBE ou Me Alice Nkom dont on connait la force l’engagement pour les libertés publiques et la démocratie au Cameroun. Elles sont outillées, il me semble, pour aider ce front uni à accomplir sa mission.
Une fois que l’arène politique sera assaini, le peuple camerounais pourra choisir démocratiquement par les urnes son président et ses représentants. Si l’opposition camerounaise rate encore ce tournant, elle devra se taire à jamais et assumer sa servitude. Comme le disait Sankara, «L'esclave qui n'est pas capable d'assumer sa révolte ne mérite pas que l'on s'apitoie sur son sort.»
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