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Louis Din Dika Akwa IV : sacre royal sous haute tension à Douala

Louis Din Dika Akwa IV a été intronisé roi des Bonambela à Douala le 10 octobre 2026. Retour sur un sacre marqué par des contestations coutumières.

Un homme de 42 ans accède au trône des Bonambela. Derrière la cérémonie, une question : qui a le droit de faire un roi ?

Un roi a été couronné. Mais tout le monde ne l'a pas reconnu.

Un sacre sur les berges du Wouri

Le 10 octobre 2026 restera une date dans l'histoire du canton Akwa. Sur les berges du Wouri, à Douala, Sa Majesté Dr Louis Din Dika Akwa IV a reçu son onction royale. Il devient officiellement chef supérieur du canton Akwa et roi des Bonambela.

À 42 ans, il succède à son père, Charles David Din Akwa III, disparu le 8 décembre 2020. Trois ans après son installation comme chef supérieur en juillet 2023, l'homme accède donc à la plénitude de son titre. Le communiqué officiel de la chefferie évoque « un nouveau chapitre » pour la communauté.

La cérémonie a mobilisé. Plus de 3 500 personnes étaient annoncées sur le site, selon le comité d'organisation. Le canton Akwa compte 20 villages, répartis dans quatre arrondissements du Wouri : Douala 1er, Douala II, Douala V et Douala VI.

Mbanya, le sanctuaire qui divise

Avant le sacre public, le futur roi devait se rendre à Mbanya. Un sanctuaire. Un lieu associé à la mémoire des ancêtres et aux dimensions initiatiques de la royauté Akwa. « Le lieu participe au sens même du rite », explique un responsable coutumier cité par Camer.be.

Mais ce lieu est disputé.

Le 30 septembre 2026, Louis Din Dika Akwa s'est rendu à Mbanya pour « prendre possession » du site. La scène a tourné à l'affrontement. Une poignée de jeunes, « présentés comme non originaires du canton », ont tenté de bloquer l'accès. Des interpellations ont eu lieu. Une barrière métallique portant la mention « accès interdit » a dû être retirée.

D'autres médias ont signalé l'usage de gaz lacrymogènes. Le sous-préfet de Douala V avait pourtant autorisé une manifestation ce jour-là.

Sur le plan administratif, le contentieux remonte à 2020. Cette année-là, une chefferie de troisième degré avait été créée à Mbanya par arrêté préfectoral. En mai 2026, le Tribunal administratif du Littoral a rendu un jugement annulant cette création. La chefferie de Mbanya a fait appel.

La guerre des chiffres et des légitimités

Qui est le vrai chef ? La question n'est pas tranchée.

Les partisans de Louis Din Dika Akwa s'appuient sur un parcours administratif. Il a été désigné en mars 2022, puis homologué par l'arrêté n°005/PM du 23 janvier 2023, signé par le Premier ministre Joseph Dion Ngute. Pour le gouverneur du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, le parcours est régulier.

Les opposants contestent. Le Collège des notables de Bonèleke, qui se présente comme l'instance coutumièrement compétente, affirme que 10 chefs de familles sur 11 ont choisi un autre candidat : le prince Jean Pascal Ngando Ebongue Akwa. Un chiffre repris par Camerounweb, qui évoque 5 foyers sur 7 de la famille régnante et 9 notables sur 11 du village royal.

Le Collège demande la production de plusieurs documents : le procès-verbal du choix du prince héritier, les procès-verbaux des consultations, l'original de l'arrêté du Premier ministre, sa publication au Journal officiel. Sans ces pièces, affirment les notables, la qualité de chef traditionnel ne peut être établie.

Ce que dit le droit

Le décret n°77/245 du 15 juillet 1977 organise les chefferies traditionnelles au Cameroun. Le Collège des notables s'appuie sur ce texte pour contester le sacre. Selon son interprétation, le décret ne prévoit ni « sacre », ni « intronisation », ni les titres de « King » ou de « Roi ». Ce sont, dit-il, des appellations étrangères à l'organisation administrative des chefferies.

Les notables évoquent aussi le Code pénal, notamment les articles 74, 318 et 321. Ils estiment que « l'utilisation de certaines appellations » pourrait, « sous réserve de la réunion des éléments constitutifs », soulever des questions juridiques. Ils ne portent pas plainte. Ils posent une question.

Face à eux, les organisateurs du sacre maintiennent la ligne administrative. Louis Din Dika Akwa est chef supérieur. Le sacre est un rite coutumier. Les deux ne s'opposent pas.

Gouverneur contre préfet : le bras de fer

La crise couve depuis plusieurs semaines. Le 25 septembre 2026, nos informations faisaient état d'un désaccord entre le gouverneur du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, et le préfet du Wouri, Sylyac-Marie Mvogo.

Le sujet ? La tenue des rites à Mbanya. Le préfet bloquait l'accès au sanctuaire. Le gouverneur autorisait le sacre. Deux autorités. Deux lectures. Un même dossier.

Le 30 septembre, le préfet a réaffirmé son refus d'autoriser les dignitaires Sawa à tenir « le moindre rituel coutumier » à Mbanya. Le gouverneur a passé outre. La cérémonie a eu lieu.

Une décision de la Cour suprême est venue s'ajouter au dossier. Un arrêt n°59/QD/2026 du 9 septembre 2026 a annulé un jugement du Tribunal administratif du Littoral et renvoyé le dossier devant cette juridiction. Les contestataires y voient une étape décisive. L'extrait ne suspend pas le sacre. Il dit que le contentieux doit être jugé.

Louis Din Dika Akwa IV, l'héritier contesté

Qui est-il ? Louis Din Dika Akwa IV est né il y a 42 ans. Docteur. Fils de Charles David Din Akwa III. Il a été désigné en 2022, deux ans après la mort de son père.

Son surnom mystique : « KINGA ». Son règne commence. Mais son trône est fragile.

Le canton Akwa n'est pas un canton ordinaire. C'est l'un des quatre grands cantons douala. Son histoire est celle d'une dynastie qui a traversé le XIXe siècle, la colonisation allemande à partir de 1884, les résistances incarnées par Rudolf Douala Manga Bell, exécuté le 8 août 1914. Aujourd'hui, l'enjeu pour la royauté Bonambela est de préserver son patrimoine, de restaurer la cohésion, de transmettre les traditions.

Un trône. Des traditions. Et des divisions.

Le sacre a eu lieu. Louis Din Dika Akwa IV est roi. Mais la crise n'est pas résolue.

Le Collège des notables n'a pas dit son dernier mot. Les recours sont pendants. Le contentieux administratif est toujours ouvert. La question de Mbanya n'est pas tranchée. Le bras de fer entre le gouverneur et le préfet n'est pas éteint.

Une chose est certaine : le nouveau roi hérite d'un trône dont la consolidation exigera autant de dialogue avec les différentes composantes de la communauté que de fidélité aux usages ancestraux.

Le dialogue. Le mot est lâché. Reste à savoir qui voudra s'asseoir à la table.


Qui est Louis Din Dika Akwa IV ?
C'est le nouveau roi des Bonambela et chef supérieur du canton Akwa. Âgé de 42 ans, il est le fils de Charles David Din Akwa III. Il a été désigné en 2022 et homologué par arrêté du Premier ministre en janvier 2023.

Pourquoi son sacre est-il contesté ?
Une partie des notables du canton, regroupés au sein du Collège des notables de Bonèleke, estime que la désignation de Louis Din Dika Akwa ne respecte pas les règles coutumières. Ils affirment qu'un autre candidat, le prince Jean Pascal Ngando Ebongue Akwa, a été choisi par la famille royale.

Qu'est-ce que le sanctuaire de Mbanya ?
C'est un lieu sacré pour la royauté Akwa. Le futur roi doit s'y rendre pour communier avec les ancêtres avant son sacre. Le site fait l'objet d'un contentieux administratif depuis 2020.

Le sacre a-t-il eu lieu malgré les contestations ?
Oui. La cérémonie s'est tenue le 10 octobre 2026 sur les berges du Wouri. Mais le contentieux administratif et coutumier n'est pas résolu.

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