Les narratifs du pouvoir Biya face aux contestations électorales
© Camer.be : Avec Venant Mboua | 25 oct. 2025 22:39:12 | 3970Selon l'analyste politique Venant Mboua, les hold-up électoraux au Cameroun s'accompagnent systématiquement d'une construction médiatique visant à légitimer l'ilégalité. Le régime déploie depuis des décennies une stratégie de désinformation bien rodée, dont les racines remontent aux années 1980. En 1985, l'arrestation de Blaise Pascal Talla fut justifiée par la découverte présumée d'armes de guerre dans sa résidence de Bandjoun, une affirmation jamais étayée par des preuves tangibles et qui relève selon les observateurs de la propagande d'État la plus grossière.
La mécanique du mensonge s'est reproduite en 1990, lorsque le pouvoir affirma que des étudiants en grève à l'université de Yaoundé avaient entonné l'hymne nigérian en soutien à John Fru Ndi et au SDF. Cette manipulation médiatique crée à chaque crise un narratif fallacieux destiné à discréditer l'opposition et à justifier la répression. L'épisode tragique de Bamenda en 1991, où six Camerounais ont été tués par des tirs policiers, illustre cette persistance : les médias publics, sous la coupe du ministère de la Communication, avaient alors évoqué un mouvement de foule fatal, donnant lieu à la formule cinglante de "six morts piétinés par balles" dans la presse privée indépendante.
Aujourd'hui, le schéma se perpétue mais avec des acteurs différents. Les récentes affaires d'Ekane Anicet et de Djeukam Tchameni, accusés de détention d'armes nucléaires et de fabrication de documents électoraux, s'inscrivent dans cette même logique de criminalisation de l'opposition. La différence notable réside dans la délégation de cette propagande à des relais médiatiques locaux, moins visibles internationalement mais tout aussi efficaces pour alimenter la désinformation. Cette analyse révèle une constante dans l'histoire politique camerounaise : face à toute contestation, le pouvoir répond par la fabrique de réalités alternatives qui, bien que régulièrement démontées, continuent de structurer son discours officiel.
Lire aussi
LA SDFISATION DE L'OPPOSITION CAMEROUNAISE
Les vérités crues de Shanda Tonme sur l’incident survenu au contrôle mixte de Batchenga
APPEL À UNE CONSCIENCE NATIONALISTE CAMEROUNAISE ET À UNE RÉVOLUTION POPULAIRE
Kaïros : le choix de l'inclusion pour la refondation du Cameroun
Nama au Conseil constitutionnel : loyauté ou indépendance ?
Paul Biya nomme Nama Remy avant même d'enterrer Atangana
Me Touko Tom : « La faute historique de l'opposition camerounaise »
Dion Ngute à Bamenda : un dialogue sans les séparatistes peut-il marcher ?
Eko Eko et Amougou Belinga : la justice change de cible
Un an de « grandeur et espérance » : le bilan qui dérange
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
Kabila président du FRN : l'ancien chef d'État rejoint officiellement les rebelles
HRW : « Le Cameroun n'est pas un pays sûr » pour les expulsés
Tchiroma depuis l'exil : « Je suis le président élu »
Dschang : nouvelle sortie de route sur l'axe Douala-Bamenda
Douala-Yaoundé : enquête sur les blocages du fret aérien
il y a un mois
Trump refuse deux fois de frapper les Houthis pour MBS
Miss Cameroun 2026 : Maëllys Ngo Mboui, la diaspora couronnée
Coût de la guerre : 190 millions $ par jour pour l'Ukraine
MISS CAMEROUN 2026 : LA CANDIDATE DE LA DIASPORA S’EMPARE DE LA COURONNE FACE AUX PLUS BELLES CAMERO
TIMES TELEVISION : LE TEMPS D’UNE NOUVELLE AMBITION AUDIOVISUELLE AU CAMEROUN
il y a un an