LA RAISON DE CIRCONSTANCE ET LA RAISON NATIONALE
© Correspondance : Shanda Tonme | 15 oct. 2025 14:25:24 | 3210Rien ne sert de courir vite ou de proclamer hautement des amitiés et des ralliements de pure opportunisme. L’essentiel vient du temps et de la patience et non de la violence avec des calculs sordides. Une seule chose compte, la paix
Combien cela coûte-t-il vraiment, la paix ? Personne ne vous donnera le prix, parce que personne ne vous dira quand et comment, par quoi et pour quoi ou avec qui, la vraie paix arrive. Par contre, nous savons tous, à l’expérience des nations autour de nous ou au lointain des rives, ce que l’absence de paix entraîne, développe, détruit et sacrifie.
De grâce, que personne ne songe donc à allumer des feux, ou à appeler au feu. On sait comment on les allume, mais les éteindre est un autre problème, une autre équation, un autre souci et d’autres paramètres.
Nous avons tous été voter, accomplir un devoir citoyen noble, mais nous n’avons pas tous, et jamais, la compétence ni l’autorité nécessaires, pour planter les décors des grandes proclamations des résultats d’une consultation électorale. Attendons donc d’épuiser toutes les voies de recours, et mieux, continuons de considérer que nous avons voté pour construire et non pour détruire, pour mieux aborder les lendemains et non pour aggraver nos fractures.
Une évidence s’impose, celle selon laquelle, personne ne sera plus ou moins qualifiée pour traiter de nos problèmes, en prônant des vengeances, des vexations, des exclusions ou pire, en validant l’extrémisme, que celui-ci soit régionaliste, ethnique, religieux ou économique. Il en va de même, quand il s’agit de rendre à chaque tranche d’âge et à chaque génération, d’hier, d’aujourd’hui et de demain, sa place dans l’histoire. Personne au-delà, du ciel, n’est maître des âges ni des conditions physiques. En faire donc un sujet de débat, un argument d’injure et d’exclusion, trahi d’avantage notre penchant au sectarisme et au sacrifice de ce qui dans notre anthropologie, fonde notre identité culturelle.
Au peuple de ce pays, aux frères et sœurs dont certains cultivent des instincts de vengeance, puissiez-vous taire les discours de haine et d’inutiles précipitations ? Les élans de défi ne nous ont pas porté bonheur par le passé, et ne porteront jamais bonheur à personne. Ce qui doit être fait, le sera, et ce que le destin divin a tracé comme chemin et réalisation le sera. Restons dans le cadre prescrit des institutions avec leurs mécanismes, ordonnancements et programmations, et attendons donc. Les lance-flammes ne remplaceront ni les urnes, ni les institutions qui les ont rendus possibles.
C’est du Cameroun, l’Etat, la nation et la république qu’il s’agit finalement, et non d’un individu, d’un parti, d’un groupe d’intérêts ou d’un projet sectaire. Point n’est vraiment besoin d’avoir des oreilles d’éléphant pour comprendre, ni des grands yeux de grenouille pour lire l’heure, pour percevoir, pour se ranger, et pour assister à la marche de l’histoire sur laquelle, le vote n’aura été qu’un moment, un moment pas comme tous les autres certes, un moment tout de même pas si différent des autres auxquels l’histoire a pris toute la peine, la sagesse et l’intelligence pour nous gratifier du processus et des résultats.
Comprendre tout ce qui précède c’est bien, comprendre et se ranger c’est encore mieux et parfait. Tous, nous nous connaissons et nous maîtrisons tellement bien les uns les autres, que ce ne sont ni les discours d’un jour ni les promesses enivrées d’une saison électorale, qui changeront quoi que ce soit déjà consigné dans la mémoire collective./.
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