Extrême-Nord : La jeunesse en colère exige la démission de Cavaye Yeguie Djibril
© Camer.be : Avec Yerima HALILOU | 23 janv. 2025 07:06:54 | 4158La jeunesse de l'Extrême-Nord monte au créneau et demande la démission de Cavaye Yeguié Djibril, président de l'Assemblée nationale, suite à des années de stagnation politique et économique dans la région.
Un mémorandum sans précédent révèle les profondes frustrations d'une génération en mal de perspectives. Les principaux griefs portent sur **l'éducation**, **la marginalisation**, et **l'immobilisme** politique qui gangrènent le développement territorial.
Les jeunes dénoncent une absence totale de vision pour leur avenir. Les résultats catastrophiques aux examens nationaux illustrent cette déliquescence systémique. Contrairement aux dynamiques observées chez les pays voisins comme le Tchad ou la RDC, où la jeunesse occupe une place centrale, l'Extrême-Nord semble condamnée à un immobilisme désespérant.
Le **RDPC**, parti au pouvoir, est pointé du doigt pour son incapacité à proposer des solutions concrètes. L'excuse répétitive de la conjoncture économique ne convainc plus une population en quête de renouveau.
Ce mouvement s'inscrit dans une dynamique de changement qui traverse le continent, où les jeunes réclament légitimement leur place dans la gouvernance. L'exemple récent du Sénégal démontre que l'alternance politique est possible et nécessaire.
La démission de Cavaye Yeguié Djibril apparaît comme un préalable indispensable à la reconstruction d'une région meurtrie par des décennies de promesses non tenues.
« Monsieur le Président,
En ce début d’année 2025, je tiens à vous adresser mes salutations respectueuses ainsi que mes vœux de santé et de clairvoyance. Je m’adresse à vous en tant que citoyen préoccupé par l’état de notre région de l’Extrême-Nord. Ma démarche citoyenne se veut respectueuse et constructive.La rencontre des militants du RDPC à Maroua placée sous votre égide, a montré une mobilisation massive même si cette apparence d’adhésion populaire ne reflète pas la réalité. Beaucoup de militants, comme vous le savez, ne participent à ces rencontres que par opportunisme, non par conviction envers le parti. Cette fracture entre les discours officiels et les véritables aspirations des populations donne à voir l’éloignement du RDPC des réalités sociales.
Monsieur le Président ! Il est de notoriété publique que le RDPC est perçu comme une machine à promesses non tenues dans notre région. Votre camarade ZACHARIE PEREVET l’a lui-même reconnu lors de votre rencontre en décriant la dégradation alarmante du système éducatif dans l’Extrême-Nord. Les résultats lors des examens nationaux sont désastreux pour refléter une absence totale de vision pour l’avenir des jeunes de notre Région sans repères.Pendant que nos voisins, au Tchad ou en RDC, mettent leur jeunesse au centre de leurs politiques, ici, dans l’Extrême-Nord, nos jeunes sont réduits au silence ou marginalisés. Cette situation est intenable surtout dans un monde où la jeunesse prend le pouvoir ailleurs : des exemples récents au Sénégal le montrent. Mais dans notre Région, au RDPC, l’immobilisme règne et les jeunes ne trouvent ni espace ni opportunité pour s’épanouir.
Vous avez souvent évoqué la conjoncture économique pour expliquer les manquements du RDPC. Ce discours, malheureusement, ne convainc plus. Depuis des années, cette excuse est utilisée pour masquer l’incapacité à proposer des solutions concrètes. La résilience des populations, que vous glorifiez, n’est rien d’autre qu’une réponse contrainte à l’abandon de l’État. Si vous n’avez pas réussi à transformer la région en plusieurs décennies, il est légitime de conclure que le RDPC a échoué à répondre aux besoins des populations de l’Extrême-Nord.
Monsieur le Président ! Il est temps pour vous de démontrer votre amour pour l’Extrême-Nord par des actes, non par des discours.Votre vision de l’union et du progrès social ne pourra se concrétiser qu’en permettant une véritable alternance politique. Des figures comme ZACHARIE PEREVET, qui connaissent bien les frustrations des populations, ont déjà montré que le système actuel est à bout de souffle. Pourquoi ne pas écouter les voix qui appellent à un renouvellement ?
Votre génération a contribué à écrire l’histoire peut-être, mais l’heure est venue d’accompagner le changement avec sagesse, en cédant la place à une nouvelle dynamique. Votre retrait des responsabilités actives pourrait être un acte d’amour et de grandeur envers notre région.»
Yerima HALILOU
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