Camerounais, prenons un nouvel élan par le Dr Vincent-Sosthène FOUDA
© Correspondance : Dr Vincent Sosthène FOUDA | 04 janv. 2015 12:51:56 | 45172014 est presque très loin derrière nous, toutes les lumières sont éteints. Le rapport particulier que j’ai avec les morts est presque oublié, j’ai enterré ma vieille tante Mengue Me Mbezele Ngo Ndigui, une dure à cuire celle-là, 107 ans ! Nous étions 6 générations autour d’elle.
Place donc à l’année nouvelle. Nous devons l’assumer et la vivre. Pour le faire il nous faut nous assumer nous-mêmes, regarder les réalités de notre existence en face pour mieux relever les défis qui se présentent, à l’intérieur de notre pays mais aussi dans la sous-région que nous partageons avec les pays de la zone CEMAC.
Dans un premier temps il faut reconnaitre que nous vivons dans un monde rétréci par la rapidité des échanges et par l’instantanéité de l’information. Plus qu’une impression nous sommes bousculés de toutes parts au point d’être dépassés par le flot des évènements qui nous arrivent et que nous ne parvenons pas à contrôler.
Alors prenons une fois le temps de regarder autour de nous, l’interminable crise économique pour laquelle durant des années le président Biya a demandé au peuple camerounais de se serrer la ceinture pour les lendemains meilleurs. Qu’en est-il aujourd’hui ? Plus de chômage, plus de pauvres dans nos familles dans nos villes, cités, villages et campagnes. La jeunesse est aux abois et les chiffres annoncés par le Président Biya relèvent du vaudou.
Quelle dynamique pourrait contribuer à nous sortir de ces difficultés ? Les ministres du gouvernement Yang 2 se sont tus pour laisser l’usage de la parole et de l’action à leur président. C’est donc directement à lui que nous allons nous adresser tout au long de cette année. Il est notre principale cible comme notre principal interlocuteur. Le Président Biya dans son message de fin d’année et pour justifier la promulgation de la loi-antiterroriste et botter en touche toutes les propositions faites par vous et par différentes forces de l’opposition nous qualifie « … esprits mal intentionnés ». Le chef de l’Etat par son attitude montre qu’il n’est pas un démocrate, qu’il est incapable d’entrer en dialogue avec les Camerounais. Nous comprenons donc à présent que celui qui « voulait qu’on retienne de lui, l’image de l’homme qui a amené la démocratie aux Camerounais » soit aujourd’hui l’homme qui a restreint « les libertés publiques », qui a fait muselé les médias faisant interpeller les journalistes.
Paul Biya a usé du mandat que nous lui avons accordé pour déclarer depuis Paris à un ennemi que nous ne connaissons pas, qu’il est incapable de présenter au peuple camerounais quand occasion lui est donnée. Dans la logique seule la sécurité du Cameroun ne peut être menacée en Afrique centrale. Si ennemi il y a il doit être un ennemi de la zone CEMAC tout au moins. La lecture historienne des événements milite pour cette lecture qui est muselée et vilipendée au Cameroun. Le représentant du Secrétaire Général des Nations Unies en Afrique Centrale Abdoulaye Bathily a déclaré lors de sa communication de fin d’année que « malgré la bonne volonté du Cameroun, il ne peut venir seul à bout de BokoHaram ». Monsieur Abdoulaye Bathily est un historien, les courants conservateurs portés par le Président Biya gagneraient à changer leur discours démagogique et leur politique suicidaire qui ne sert que leurs intérêts commerciaux et égoïstes. Paul Biya et ses amis ne voient pas ou feignent de ne pas voir, qu’ils compromettent l’avenir de millions de Camerounais, qu’ils pulvérisent la souveraineté de notre pays, qu’ils plongent dans l’abime toute l’Afrique centrale en tuant le leadership de notre pays.
Il est moins cinq
Qu’on se le tienne pour dit : C’est en acceptant en premier un dialogue interne que nous sortirons vainqueur si menace il y a. Nous devons dans le septentrion du septentrion amener nos compatriotes à choisir la Nation, c’est une démarche réciproque faite d’offres fermes et de dialogue vrai. Aucune paix durable ne se construit sur des cadavres et la rancœur permanente. La décentralisation annoncée depuis des années doit voir le jour c’est en son sein que nous allons concilier efficacité économique, cohésion sociale et développement durable. En Afrique Centrale nous devons assumer notre leadership et pour l’assumer nous devons associer les autres pays. C’est dans un vaste regroupement que nous pourrons mieux assurer notre sécurité et notre avenir.
Pour mettre notre pays sur les rails, Paul Biya gagnerait à ouvrir le chantier de la réforme de l’éducation afin de l’arrimer à l’emploi, le chemin de l’innovation énergétique en œuvrant pour la renationalisation des sociétés régaliennes que sont l’eau, l’électricité et le chemin de fer qui doivent aider le gouvernement à s’assumer mais aussi être le lieu d’expression du génie de la jeunesse camerounaise. Au lieu de parler d’une agriculture de seconde génération comme d’un conte de fée, le grenier de l’Afrique Centrale qu’est le Cameroun devrait encourager la création des « fermes-associées » pour cela il est nécessaire de régler l’imbroglio foncier dans lequel nous vivons dans notre pays. Paul Biya doit semer l’optimisme en lieu et place du suicide collectif dans lequel il nous a engagés. Son Agence des Petites et Moyennes Entreprises est une improvisation et une incohérence budgétaire et fiscale. Ce n’est pas ainsi qu’on met en route une croissance alors qu’on est encore englué dans la misère.
Le problème du Code de la Personne et de la Famille devrait être ré-ouvert, ré-étudier. Le Président Biya et ses amis ont cadenassé l’espace public et les différents lieux d’échange de la république pour faire passer sans aucune discussion politique ni débat la loi sur la légalisation de l’homosexualité et la Gestation Pour Autrui (GPA). J’ai promis dans mes vœux d’y revenir. Dans les prochains jours, je mettrai à la disposition de différents sites camerounais ce projet de lois afin que chacun puisse l’analyser et se rende compte du degré de déstructuration de la famille dans laquelle nous a engagé Paul Biya et les siens. Peut-être donc ensemble nous comprendrons que ce qu’ils veulent c’est de faire de notre pays une société sans famille. La gestation pour autrui dans notre pays n’est rien d’autre que la manipulation génétique avec en finale la fin de la parenté. Je ne suis pas certain que ce soit l’évolution normale de la société. Peut-être d’autres scientifiques viendront battre en brèche notre analyse.
Comme nous voyons, il y a beaucoup à faire. Contrairement à ce que l’on pense communément, ce n’est pas seulement à Biya et à son équipe qui peuvent réellement faire avancer les choses. Mais ils ont une grande part de responsabilité. Il revient à tous et à chacun d’exercer son pouvoir citoyen dans cet espace qui nous est commun. C’est l’espace-public, c’est la république. Alors voulons-nous vraiment aller de l’avant ? Si oui il est grand temps que nous le montrions parce qu’il est tout simplement moins cinq avant que tout n’explose.
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