Calixthe Beyala dénonce l'avis de recherche contre Hadja Hawa au Cameroun
© Camer.be : Paul Moutila | 24 juil. 2025 00:00:00 | 4049L'écrivaine franco-camerounaise Calixthe Beyala a exprimé sa vive préoccupation suite à la publication d'un avis de recherche visant Madame Hadja Hawa au Cameroun. Dans une déclaration publique, l'auteure de renommée internationale a dénoncé ce qu'elle considère comme une atteinte aux libertés fondamentales dans son pays d'origine.
"Je rêve ou je cauchemarde : je viens de lire un communiqué où il est question d'arrêter Mme Hadja Hawa", s'interroge Calixthe Beyala, exprimant sa consternation face à cet avis de recherche officiel. L'écrivaine, Prix du Grand Prix du roman de l'Académie française, considère que cette arrestation s'inscrit dans une logique répressive qui vise à museler la critique politique au Cameroun.
Selon Calixthe Beyala, cet avis de recherche contre Hadja Hawa serait lié à ses prises de position publiques dénonçant les dysfonctionnements du système politique camerounais. "On ne saurait arrêter quelqu'un parce qu'il dénonce les scories d'un pays et les hommes qui le dirigent", affirme-t-elle, rappelant que dans un État de droit, les voies légales existent pour traiter les différends.
L'auteure souligne l'importance du recours aux tribunaux en cas de litige : "Si certains se sentent diffamés, les tribunaux sont là pour trancher". Cette position défend le principe selon lequel les désaccords politiques ou les accusations de diffamation doivent être résolus par la justice plutôt que par des avis de recherche ou des arrestations préventives.
La déclaration de Calixthe Beyala s'étend également à la question plus large du droit de manifestation au Cameroun. Elle rappelle que "dans tous les pays du monde, tous les citoyens sont libres d'appeler à des manifestations publiques, sans violences, sans crainte de se faire embrigader ou embastiller". Cette référence aux standards internationaux en matière de droits civiques met en lumière les préoccupations croissantes concernant l'espace démocratique camerounais.
L'écrivaine n'hésite pas à qualifier le Cameroun de "plus vieille dictature au monde", une accusation grave qui reflète sa perception de la situation politique dans le pays. Cette caractérisation, bien que controversée, s'inscrit dans un débat plus large sur la nature du régime politique camerounais et sa conformité aux standards démocratiques internationaux.
Particulièrement préoccupante selon Beyala est l'évolution de l'opinion publique camerounaise. Elle observe que "les citoyens camerounais ont déjà dépassé le stade de la peur, tant ils ont été maltraités". Cette analyse suggère une transformation de la société camerounaise, où la répression habituelle pourrait ne plus avoir l'effet dissuasif escompté par les autorités.
La prise de position de Calixthe Beyala s'inscrit dans une tradition d'engagement des intellectuels africains de la diaspora qui utilisent leur notoriété internationale pour attirer l'attention sur les questions de gouvernance démocratique dans leurs pays d'origine. Son statut d'écrivaine reconnue en France lui confère une tribune particulière pour porter ces préoccupations devant l'opinion internationale.
Cette affaire illustre les tensions persistantes autour de la liberté d'expression au Cameroun et soulève des questions importantes sur l'équilibre entre maintien de l'ordre public et respect des droits fondamentaux dans un contexte politique de plus en plus polarisé.
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