20 Mai : Fête ou Défaite ? L’unité nationale face aux cicatrices du peuple camerounais
© Camer.be : Paul Poutila | 20 mai 2025 11:12:38 | 6552Chaque 20 Mai, le Cameroun célèbre ce que l’on appelle encore l’unité nationale. Mais derrière les défilés organisés à grand bruit, une question fondamentale s’impose : que reste-t-il de l’esprit de 1972 ? Que reste-t-il du rêve des Ahidjo, Fontcha et Muna ? L’unité est-elle encore une réalité ou juste un slogan vidé de sa substance ?
Le 20 Mai devait être une fête. Un jour où les enfants dansent avec espoir, où les familles se réunissent avec fierté. Mais aujourd’hui, ce jour ressemble davantage à un rituel vide. Les jeunes défilent avec des ventres vides, des rêves brisés et des avenirs incertains. Certains n’ont pas vu l’eau couler au robinet depuis des semaines, d'autres n’ont jamais connu l’électricité constante. La pauvreté ronge, l’oubli s’installe.
Comment peut-on célébrer une unité lorsque tant de voix sont étouffées ? Quand les enfants qui réclament un avenir meilleur sont battus, accusés, réduits au silence ? La douleur du peuple est ignorée, son cri dilué dans les discours officiels. Les fondations du vivre-ensemble, autrefois solides, sont aujourd’hui fissurées par la mauvaise gouvernance, l’indifférence, et le mépris des élites.
Ce 20 Mai, on ne célèbre pas l’unité. On porte le deuil d’une promesse trahie. Car l’unité ne se décrète pas. Elle se construit. Elle s’entretient. Elle s’incarne dans la justice, l’équité et le respect de la parole donnée. La nation n’est pas une propriété. Elle est l’héritage de ceux qui l’ont bâtie et la responsabilité de ceux qui doivent la préserver.
Ce texte, empreint de la sagesse ancestrale et du bon sens populaire, rappelle qu’il n’y a pas de paix durable sans vérité. On ne peut semer la division et espérer la récolte de la paix. Le peuple, bien qu’épuisé, se souvient encore de ce que voulait dire "attacher pour faire un". Si ce lien s’est desserré, c’est parce que les actes ont effacé les mots.
Le moment est venu de réparer. Non par la répression, mais par l’écoute. Non par la propagande, mais par des actions concrètes. Revenir à l’arbre de la palabre, là où nos ancêtres échangeaient pour préserver l’harmonie.
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