Hommage: Adieu Cheikh Hamidou Kane.
© Correspondance : Ngnepi Guillaume | 09 oct. 2026 02:46:00 | 328La sociologie bourgeoise du développement apporte au conflit entre la tradition et la modernité une réponse simpliste consistant à dire qu'il faut, du passé, faire table rase. Un peu comme les Lumières l'ont pensé en Europe, au 18e siècle.
Mais on peut maintenant savoir qu'une telle réponse est erronée.
Le mérite de Cheikh Hamidou Kane, dans L'Aventure ambigüe, est d'avoir saisi la complexité de cette question : avoir au passé comme à la modernité un libre rapport qui retienne de l'un et de l'autre ce dont on éprouve le besoin.
Il n'y avait sans doute pas d'école conventionnelle autrefois. L'Afrique n'en a pas moins connu l'ÉDUCATION qui se prodiguait dans les CERCLES INITIATIQUES regroupant les enfants par clans d'àge.
L'École nouvelle - que, malheureusement, du fait d'une racialisation inappropriée, nous continuons d'appeler "l'école du Blanc" - n'est pas la négation des enseignements du passé africain : seulement l'apport de connaissances nouvelles, conférant des compétences nouvelles, toutes ordonnées à la prospérité du collectif humain confronté au DESTIN COMMUN que lui fait le colonialisme, et amené à devoir le convertir en un COMMUN DESSEIN de LIBERTÉ.
C'est dans cet ordre d'idées qu'il faut, selon La Grande Royale, aller à l'école étrangère pour y "apprendre à lier le bois au bois". Pas pour désavouer les VALEURS humaines apprises des traditions. Pour se doter de la PUISSANCE propice à leur sauvegarde.
On a pu dire de L'Aventure ambiguë que les personnages s'y exprimaient comme en un "congrès de philosophes". Si critique qu'elle se sera voulue, je tiens cette remarque pour un compliment avant tout. Voilà, en effet, un livre qui au problème du devenir d'un peuple et d'une époque offre une approche qui n'est pas seulement juste, mais bien mieux encore, universalisable.
C'est cela qui fait de cet écrivain qui nous quitte un grand esprit comme on n'en voit plus guère dans la littérature africaine, exception faite, bien évidemment, des grandes plumes dont elle s'est honorée depuis toujours.
Ce sont les États africains qui, à travers les programmes et les manuels scolaires et académiques auront organisé la méconnaissance des talents et des génies littéraires dissidents.
Lire aussi
Mongo BETI, 25 ans déjà...mais plus vivant que jamais!
Hommage: Adieu Cheikh Hamidou Kane.
Carburant : la police a épuisé les réserves du pays
Lutte anti-braconnage: 700 kilogrammes d'écailles de pangolin saisis à l'Est du pays
Yaoundé : 3 000 taxis en fourrière pour QR code manquant
Ex-Regifercam /Douala : L'Etat met en vente l'immeuble de 1ha à Bonadibong à 5,5 milliards FCFA
Victory University : Pierre Nkou Abina voit sa thèse annulée
Yaoundé : deux morts dans un accident de convoi ministériel
Manjo : trois enfants morts dans un incendie
Affaire Vision 4 : : Le CNC défie le Mincom et sommes Canal+ de copier le signal
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a un mois
il y a un an