COMMANDE PUBLIQUE : L'ÉTAT CAMEROUNAIS S'ENGAGE POUR LE BOIS LÉGAL.
© Camer.be : Myriam Zouga | 17 avr. 2026 07:55:37 | 3416C'est à l'initiative d'un atelier de sensibilisation qui a réuni ce 16 avril à Yaoundé au Cameroun , les acteurs de la passation des marchés à Yaoundé pour instaurer une nouvelle éthique de consommation forestière.
À travers ceci, l'administration publique camerounaise franchit une étape décisive dans la protection de ses ressources forestières.
Les chefs de service des marchés de l’ensemble des administrations se sont réunis pour une session d’imprégnation stratégique sur l’arrêté conjoint n°0162.
Ce texte, paraphé par les ministères des Forêts (MINFOF), des Travaux Publics (MINTP) et des Marchés Publics (MINMAP), impose désormais l’usage exclusif de bois d’origine légale dans tous les projets étatiques.
Un levier contre le fléau de l'exploitation illégale.
Au cours de ces échanges, le Dr Tadoum Martin, Directeur de la promotion et de la transformation des produits forestiers, a rappelé l'urgence d'une telle réforme. Pour lui, l'exemplarité de l'État est le premier rempart contre la déforestation.
Il déclare à ce sujet : « Le secteur forêt est un des piliers de notre économie, bien que des efforts soient faits pour garantir la gestion durable de ce patrimoine, ce secteur est également confronté à un fléau d'exploitation illégale. »
Cette mesure vise donc à assainir un marché intérieur où le secteur public figure parmi les plus gros donneurs d'ordres.
13 000 m³ par an : un enjeu économique et écologique majeur.
L'impact de la commande publique sur la ressource forestière est loin d'être négligeable.Les chiffres avancés lors de cet atelier traduisent une réalité qui nécessite une vigilance accrue de la part des gestionnaires de marchés.
Par la suite, le Dr Tadoum Martin souligne la gravité de la situation actuelle : « Il a été estimé à environ 13 000 m³ de bois consommé par an par le secteur public. Il faut dire que l’approvisionnement de bois utilisé est généralement d’origine douteuse. ».Cette pratique, jusqu'ici tolérée par manque de mécanismes de contrôle, engendre des conséquences lourdes pour la nation.
Vers la fin de l'évasion fiscale et de la dégradation des massifs.
Au-delà de la simple conformité administrative, l'enjeu est avant tout financier et environnemental. L'usage de bois illégal prive l'État de ressources précieuses nécessaires à son développement.
« Ce qui fait que non seulement il y a une perte pour les recettes fiscales, mais également il y a un impact au niveau du massif forestier en termes de déforestation et de dégradation », déclare-t-il pour justifier la fermeté du nouveau cadre réglementaire.
Une réponse gouvernementale forte et concertée.
En effet, l’arrêté n°0162 n’est pas une initiative isolée, mais une action interministérielle coordonnée. En impliquant le MINTP et le MINMAP, le gouvernement s'assure que la traçabilité du bois devienne un critère éliminatoire lors de l'attribution des marchés de construction et d'équipement.
À la fin de cet atelier très capital pour l'ensemble des acteurs de la filière bois, le Dr Tadoum Martin martèle : « Cet arrêté conjoint est une mesure forte du gouvernement pour pouvoir assurer la légalité de l’approvisionnement du bois utilisé dans la commande publique. »
Désormais, les chefs de service des marchés sont les nouveaux gardiens de cette légalité, garantissant que chaque mètre cube de bois utilisé pour bâtir le Cameroun contribue réellement à sa croissance économique durable.
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