Crise post-électorale au Cameroun : les avocats de Tchiroma menacent de poursuites internationales
© Camer.be : Paul Moutila | 24 oct. 2025 17:22:21 | 5168La tension politique au Cameroun atteint un nouveau palais avec l'entrée en scène de la justice internationale. Le collectif d'avocats de Issa Tchiroma, candidat qui se déclare vainqueur de la présidentielle, a annoncé qu'il engagerait des poursuites judiciaires internationales contre les membres du régime et leurs exécutants en cas d'exactions commises contre la population.
Cette déclaration intervient dans un climat de forte incertitude, le Conseil constitutionnel n'ayant toujours pas proclamé les résultats officiels. Les conseils de l'opposant espèrent que ce délai est utilisé pour « réfléchir et restituer la victoire au véritable vainqueur ». Cette menace ciblée représente une stratégie de dissuasion inédite dans les crises politiques camerounaises, visant directement les acteurs étatiques.
La promesse de traque devant les juridictions compétentes internationales comme la Cour Pénale Internationale ou les tribunaux régionaux des droits de l'homme, marque une escalade significative dans le contentieux électoral. Elle s'appuie sur le principe de compétence universelle qui permet, dans certaines conditions, de poursuivre les auteurs de crimes graves.
Cette approche juridique offensive cherche à créer un coût politique et pénal pour toute action violente qui pourrait survenir. En brandissant cette menace, le collectif d'avocats tente d'instaurer une forme de protection préventive pour les citoyens et leurs partisans, tout en internationalisant la crise. Cette manœuvre place la crise post-électorale sous le regard scrutateur d'instances supranationales, une pression que le pouvoir en place ne peut ignorer.
L'enjeu dépasse ainsi les frontières nationales et pourrait influer sur les relations diplomatiques du Cameroun. L'attente des résultats définitifs par le Conseil constitutionnel, seule instance habilitée à les valider, s'apparente désormais à une véritable course contre la montre où chaque acte peut avoir des répercussions judiciaires à l'étranger. Cette situation crée un précédent dans la gestion des contestations politiques en Afrique, où le droit international devient une arme au service de l'opposition.
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