Pénétrante ouest : Un chantier lent, et toujours des bouchons
© Le Jour : Théodore Tchopa | 23 janv. 2017 08:00:02 | 5086Les travaux piétinent, non sans provoquer des désagréments pour les usagers de cette voie et les habitants de Douala 4ème.
Les travaux sur la pénétrante ouest de Douala dessinent déjà les contours de cet ouvrage censé mettre un terme aux embouteillages et faciliter la fluidité de la circulation sur ce tronçon routier très utilisé par les opérateurs économiques de l’ouest Cameroun. Si les travaux sont très avancés sur certains lots, comme au niveau de la gare routière de Bonabéri, ils piétinent par endroits.
« Les ouvriers de Sogea-Satom travaillent comme de véritables fonctionnaires. Ils ferment le chantier le soir et le rouvrent le matin, au moment où les populations doivent vaquer à leurs occupations. C’est tout le contraire de nos partenaires chinois qui travaillent intensément dans la nuit », se désole un gendarme régulièrement déployé sur cette voie pour y réguler la circulation. Ces lenteurs ont causé des désagréments lors de la dernière Coupe d’Afrique du football féminin, dont la moitié des matches se déroulaient à Buea, au mois de novembre dernier.
Sur le chantier ce jeudi 19 janvier 2017, au lieu-dit Rail précisément, des ouvriers recrutés par le consortium Sogea-Satom, l’adjudicataire du marché de construction de la pénétrante ouest, ne s’ennuient pas. Vêtus de leurs Epi, ils s’affairent autour de l’ancien passage à niveau, lieu de croisement entre les voitures et autres piétons, et la ligne de chemin de fer Douala-Mbanga, suspendue il y a des années.
Deux excavations réalisées sur les bordures des installations ferroviaires attestent de leur disparition imminente. « Les embouteillages ont diminué sur le tronçon qui va des rails jusqu’à la mairie de Douala 4ème à Bonassama. Elles persistent cependant sur le pont et sur le tronçon allant des rails jusqu’au carrefour Bekoko », déplore une tenancière de call-box installée à l’entrée de la gare routière.
Selon cette dame, les levées du corps à la morgue de l’hôpital Cebec, face à la gare, créent quelques embouteillages dès les jeudis après-midis. Un journaliste résidant à Bonabéri, qui s’est déjà habitué au transport par mototaxi, en dépit du risque que représente la traversée du fleuve à bord de « bendskins », reconnait la baisse des bouchons, mais précise qu’elles sont imprévisibles sur cette pénétrante et peuvent resurgir à tout moment.
Lors de sa visite à Douala, le 13 janvier, le directeur général des travaux d’infrastructures du ministère des Travaux publics, Guy Daniel Abouna Zoa, en mission recommandée par sa hiérarchie, n’est pas allé plus loin que sur le second pont sur le Wouri, dont le taux d’exécution est de 82%.
Pour atténuer les effets d’embouteillages, le peloton routier motorisé de Douala-Bonabéri déploie ses hommes pour relayer la police. L’objectif est de diminuer les accidents, mais aussi l’incivisme qui sont souvent à l’origine de ces désagréments. Dans cette optique, le commandant de cette unité de gendarmerie dit appliquer rigoureusement les amendes forfaitaires de 3600F Cfa infligées aux contrevenants interpellés à chacun des deux postes de contrôle existant sur le territoire allant du pont sur le Moungo au pont sur le Wouri, dont il a la compétence.
« Ces amendes ont amené beaucoup d’usagers à changer. Si le contrevenant est interpellé au second poste pour le même motif, il paie une autre amende », affirme le commandant Djibrilla Djidda. Par ailleurs, grâce à l’intensification des fouilles pour saisir les produits de la contrebande à l’instar des armes, qui passent généralement par Bonabéri, des faux médicaments, du carburant frelaté, entre autres produits de la contrebande, ont ainsi été saisis.
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