Jakiri : Comment un gendarme a été tué
© Le Jour : Franklin Kamtche | 08 nov. 2017 08:51:22 | 4114Les agresseurs de l’homme en tenue ont disparu avec son arme ainsi que les munitions qu’elle contenait.
La tension n’est pas tombée à Jakiri, chef-lieu de l’arrondissement du même nom, dans le Bui, région du Nord-Ouest. Hier, mardi 7 novembre 2017, en fin d’après-midi et malgré le déploiement des éléments d’élite de l’armée camerounaise la veille, les assassins du gendarme major Bienvenu Djonghay couraient toujours, et avec eux, l’arme ainsi que les munitions qu’elle comportait au moment où le pandore a été abattu.
Dans un contexte marqué par l’insécurité et des inquiétudes autour de l’armement des « rebelles ambazoniens», les autorités craignent l’usage qui pourrait être fait de cet engin de la mort. Depuis lundi, un détachement du bataillon d’intervention rapide (Bir) s’attèle à retrouver les assaillants qui ont pris la poudre d’escampette et surtout récupérer leur arme, qui pourrait causer d’autres dégâts.
Selon les premières indications, le gendarme major Bienvenu Djonghay était en détachement dans le Nord-Ouest, comme nombre de ses camarades. Lundi, peu après 9h, le gendarme venu de Bafoussam participait à une chasse lancée pour attraper des individus qui se sont attaqués aux élèves du lycée de Jakiri. Les assaillants l’ont encerclé et, avec sa propre arme, ils l’ont atteint de cinq coups mortels. Par la suite, ils ont fondu dans la nature.
Nos sources à Jakiri indiquent que samedi soir, le lycée du coin a reçu la visite d’au moins cinq personnes non identifiées, qui ont incendié la bibliothèque et le bloc administratif de l’établissement. Pour autant, les parents d’élèves n’ont pas pris peur et ont envoyé les enfants à l’école lundi. C’est alors que des militants de la cause sécessionniste ont décidé de s'attaquer aux élèves présents.
A l’aide de projectiles, les assaillants ont tenté de « semer la panique ». Les autorités ont aussi lancé des éléments derrière eux. Un groupe a encerclé le gendarme avant de le tuer. Selon un officier de gendarmerie, c’est la première fois qu’un de leurs éléments meurt dans une telle opération.
Et il n’est pas exclu que cela se reproduise, au regard de la multiplication des menaces d'incendie ou d'attaques sur les individus qu’on enregistre depuis qu’une frange importante de la population a décidé de renvoyer les enfants à l’école.
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