Douala : Échauffourées entre policiers et bendskineurs
© Le Jour : Théodore Tchopa | 12 nov. 2016 10:33:55 | 4763Des conducteurs de motos-taxis venus au secours de cinq des leurs interpelés, ont affronté des policiers
Le calme a repris voix au chapitre au commissariat de sécurité publique du 9ème arrondissement de Douala après une longue nuit d’échauffourées opposant des conducteurs de motos-taxis et les policiers. Selon le commissaire de police principal Jean Georges Guilibite, le chef de cette unité de police, cinq conducteurs de moto ont été interpelés dans la nuit de mercredi à jeudi 10 novembre 2016, aux environs de 22 heures, dans le cadre d’une opération régulière.
Au moment de leur interpellation, ces individus suspects ne possédaient ni leur carte nationale d’identité, ni les documents exigés aux conducteurs de motos par le gouvernement. Conduits au commissariat, les suspects ont alerté leurs camarades, aidés dans cette tâche par d’autres bendskineurs qui avaient été témoins de leur arrestation et qui transmettaient la nouvelle de bouche à oreille.
Dans l’immédiat, des conducteurs de motos ont afflué par dizaines et ont pris d’assaut cette unité de police pour exiger la libération de leurs camarades et la restitution de leurs motos. Il s’en est suivi une vive altercation avec des policiers. « Ils ont érigé des barricades sur la voie publique au niveau du carrefour école publique. Ils menaçaient de casser et de brûler le commissariat au cas où nous n’accédions pas à leurs revendications.
J’en ai entendu dire ‘‘On va vous tuer ici à Douala’’ », raconte le commissaire Guilibite, qui n’a eu droit au repos qu’aux environs de 5 heures du matin après une nuit tumultueuse et très agitée. Les assaillants ont été repoussés grâce au concours des Equipes spéciales d’intervention rapide (Esir) venues en renfort des policiers du 9ème arrondissement. Des sources relayées par une radio basée à Douala affirment que les policiers ont tiré des coups de feu en l’air pour disperser les assaillants.
« Je n’ai entendu aucun coup de feu tiré par mes propres éléments », dément le commissaire principal Guilibite. Les suspects ont été libérés aux premières heures et leurs motos leur ont été restituées sur instruction du délégué régional à la Sûreté du Littoral. « Les conducteurs de motos sont en train de prendre le pas sur l’Etat de droit et si rien n’est fait dans l’urgence, il y a lieu de craindre qu’il ne soit tard pour remettre de l’ordre dans cette profession », s’est alarmé un officier de police rencontré par Le Jour.
Il fait allusion aux exactions et autres actions de rébellion et de vandalisme perpétrées ces derniers temps par des bendskineurs dans la ville de Douala. Le 21 septembre 2016, ils avaient blessé le commissaire du 12èmearrondissement lors d’une campagne d’assainissement de ce corps de métier coordonnée par la préfecture du Wouri et la Communauté urbaine de Douala. Au cours de la même opération, un gendarme avait été projeté dans la rigole à Bonassama, dans l’arrondissement de Douala 4ème, par des manifestants en furie.
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