Crise anglophone : Le marché de Bamenda fermé
© Le Jour : F.K | 05 sept. 2018 10:06:00 | 5316L’accès aux boutiques et magasins du Bamenda Main Market a été refusé aux commerçants la semaine dernière.
Durant la première moitié de la semaine dernière, les activités commerciales ont été bloquées dans la ville de Bamenda. Cette fois, la fermeture n’était plus liée aux villes mortes décrétées par les Ambazoniens mais à une décision administrative. En effet, des éléments des forces armées camerounaises, sur instruction de la plus haute autorité régionale, ont bloqué toutes les entrées du marché principal de Bamenda, empêchant ainsi les commerçants de s’acquitter de leurs tâches quotidiennes.
Après l’observance de la journée-ville fantôme habituelle du lundi 27 août 2018, les commerçants ont été surpris à leur arrivée le mardi de constater que les entrées étaient bloquées. Identique le lendemain mercredi. Le gouverneur leur reproche de continuer à suivre le mot d’ordre antirépublicain alors que les enseignants et les avocats qui les ont précipités dans la grève ont depuis lors jeté l’éponge, et pour beaucoup, repris leurs activités.
Des dirigeants de syndicats de commerçants ont été convoqués à une rencontre de mise au point le mercredi 29 au bureau du gouverneur du Nord-Ouest. Au cours de la réunion qui s’est tenue à huis clos, le Jour a appris qu’ils ont été informés des menaces que l’administration compte mettre à exécution s’ils persistent dans leur entêtement à suivre les injonctions des sécessionnistes.
Le marché a été rouvert mais les commerçants redoutent les mesures de rétorsion que les rebelles pourraient à leur tour prendre à l’endroit des récalcitrants et ce, malgré tout le déploiement sécuritaire envisagé. Ici, l’on rappelle les incendies ciblés dans ces marchés, contre des commerçants qui tout en fermant boutique, jonglaient avec le mot d’ordre de paralysie économique. On attend ce jour, lundi 3 septembre 2018 avec la rentrée scolaire 2018/2019, pour savoir si les menaces de l’autorité administrative vont changer la donne. Des écoles ont été incendiées pour réduire les chances de redémarrage. Déjà l’on craint une escalade chez les rebelles car « Bamenda n’est pas Buéa ».
En mémoire de ce qui est arrivé à Paul Atanga Nji, lorsqu’il n’était pas encore Ministre de l’Administration territoriale, l’on explique que le bouillant maire du chef-lieu du Sud-Ouest, Patrick Ekema, aurait un comportement différent s’il y avait été dans cette autre région en crise.
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