Cacophonie au tribunal militaire de Yaoundé dans l’Affaire assassinat du journaliste Martinez Zogo
© Camer.be : Ben BATANA AVEC OMECAM | 02 sept. 2026 07:34:01 | 2688Le feuilleton de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo vient de connaitre un nouvel épisode au tribunal militaire de Yaoundé. L’équivalent du procureur de la République dans le tribunal civil vient d’être muté par un décret du président de la République. Un nième mouvement qui met à nu la cacophonie en cours dans le cadre de cette affaire.
Le fait est marquant. Par un décret présidentiel signé le 31 août 2026, le lieutenant-colonel Cerlin Belinga a été muté à Maroua pour y exercer les fonctions de vice-président et de juge d'instruction, en pleine audience du procès. Quand on sait que c’est le lieutenant-colonel Cerlin Belinga, commissaire du gouvernement qui pilotait l'accusation dans l'affaire Martinez Zogo, Ce changement à la tête du ministère public relance les interrogations sur la suite du procès et le remplacement de l'accusation pour les audiences en cours.
Cette mutation inattendue intervenue au tribunal militaire de Yaoundé rappelle le limogeage du juge Aimé Florent Sikati intervenu Mercredi 13 Décembre 2023. Ce jour-là, Le lieutenant-colonel Pierrot Narcisse Nzié est nommé vice-président du tribunal militaire, cumulativement avec les fonctions de juge d'instruction. Par le même décret, le directeur de la justice militaire qui chapeautait cette juridiction avait, lui aussi, été remplacé, à l'inverse du commissaire du gouvernement Cerlin Belinga qui restait en poste.
Un haut magistrat a confiait alors sous anonymat à RFI que « la place du juge Sikati n'était de toute façon plus tenable. Il s'était fragilisé et plongé la justice militaire en pleine crise, selon cette source. Il reste maintenant à savoir si le nouveau magistrat militaire, le lieutenant-colonel Pierrot Narcisse Nzié, s'il hérite du dossier, reprendra l'enquête de zéro ou s'il va poursuivre l'instruction au niveau où la laisse son prédécesseur ».
Le décret du 31 Aout vient confirmer selon le journal Cameroun Actuel « Une enquête aux ordres ». Pour le journal, Nouveau coup de théâtre ce lundi lors du contre-interrogatoire du 34e témoin de l’accusation. Face à la défense de Léopold Maxime Eko Eko, le colonel Otoulou a fini par passer aux aveux : il n’avait aucune qualité légale pour l’arrêter, mais a exécuté les ordres "venus d’en haut". Au sommet de cette chaîne de commandement ? Galax Etoga, le Secrétaire d’Etat à la Défense chargé de la Gendarmerie. Une révélation fracassante qui fragilise l’ensemble du dossier: si la mise en cause du patron de la DGRE a été piloté au mépris des règles, jusqu’où s’étend l’arbitraire ? Les arrestations des autres accusés comme Amougou Belinga ont-elles, elles aussi, obéi à un simple règlement de comptes dicté sur ordre ?
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