Bafoussam, Nounamo Kamto : la prisonnière encombrante
© Le Messager : Joseph OLINGA N. | 19 mars 2020 15:32:00 | 4950L’élue locale incarcérée ne démord pas dans l’affaire du deal qui l’oppose au ministre Jean De Dieu Momo. Seulement, l’affaire embarrasse dans l’administration pénitentiaire et les services de sécurité.
Engagée dans l’espace public depuis la fin du mois de février 2020, la bataille entre Cyrille Inès Laure Nounamo Kamto et Jean De Dieu Momo, autour du contrat d’affaire qui les lie se poursuit. Conseiller municipal élue sur la liste du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) de la commune Baham, dame Nounamo Kamto accuse le ministre délégué auprès du ministre de la justice Jean De Dieu, de manœuvrer dans l’optique de prolonger son incarcération mais aussi favoriser des agressions et menaces dont elle dit faire l’objet.
A travers des communications auxquelles Le Messager a eu accès, les proches de la conseiller municipal incarcérée à la prison centrale de Bafoussam indiquent qu’elle est agressée par certains de ses geôliers. Internée depuis quelques temps à l’hôpital régional de Bafoussam, la prisonnière dénonce la détermination de certains responsables de l’administration pénitentiaire et judiciaire qui «veulent me remettre en cellule malgré mon état de santé préoccupant.» Des agressions pour lesquelles la vice-présidente de la commission communale de campagne du Rdpc à Baham a requis les services d’un huissier de justice.
Souffrant d’une «pathologie chronique nécessitant des prises régulière de médicaments et nécessitant des contrôles permanent en milieu hospitalier», selon les termes de ses médecins. Dame Nounamo Kamto Cyrille Inès Laure a été extrait de sa cellule le 8 février 2020 pour le Centre médical pénitentiaire de la prison centrale de Bafoussam. Arrivé sur les lieux, le médecin du centre décide de son évacuation vers l’hôpital régional de Bafoussam où elle arrive inconsciente.
Sous statut de détenue, elle reste sous la garde des personnels de l’administration pénitentiaire. Seulement, indiquent les dénonciations de la détenue, elle voit souvent la chambre qu’elle occupe à ses frais maintenue ouverte des nuits entières. Souvent, soutient la même source, elle est rudoyée par certains de ses gardiens qui lui promette un retour dans sa cellule nonobstant l’avis des médecins. Des menaces auxquelles l’accusatrice ajoute celles exercées sur certains de ses visiteurs ainsi que des personnels hospitaliers, de l’administration pénitentiaire et ceux des forces de l’ordre. Des menaces que la prisonnière attribue à son ancien partenaire d’affaire, le ministre délégué auprès du ministre de la justice Jean De Dieu Momo. «Ils disent qu’ils ont reçu des instructions du ministre Momo pour me rendre la vie difficile. Certains m’ont même dit que je vais mourir.» Sous cape, certains fonctionnaires de l’administration pénitentiaires et des forces de l’ordre disent leur embarras «face à cette affaire qui oppose la hiérarchie à une élue».
C’est que la détenue affirme avoir été entendue le 12 mars dernier dans le cadre d’une plainte déposée par le ministre délégué auprès du ministre de la justice. Plainte l’accusant d’avoir «volé» au plaignant la somme de 1 million 500 mille Francs Cfa dans son bureau. Un fait que l’accusée nie. Selon dame Nounamo Kamto, la somme querellée est un avance de paiement donnée par le ministre pour le suivi des dossiers de demande d’une carte de résidant, d’une carte de séjour et du dossier d’admission au Barreau de Paris (voir Le Messager du 28 février 2020, article relayé sur camer.be sur ce lien).
Joint au téléphone, Jean De Dieu Momo a indiqué ne pas vouloir répondre à la demande d’information adressée par le reporter. Au sujet de la plainte déposée contre dame Nounamo Kamto pour le vol de la somme de 1 million 500 mille Francs Cfa, Jean De Dieu Momo a soutenu «Je ne répondrais pas à cette question. J’ai compris la manœuvre de cette femme. Elle essaye de me lier à une affaire qui l’oppose à Blaise Pascal Talla. Elle essaye de transformer cette histoire en une affaire politique.»
Accusée d’avoir dérobé la somme de 45 millions de Francs Cfa à l’éditorialiste et opérateur économique Blaise Pascal Talla, à l’aéroport de Bamougoum, dame Nounamo a nié les faits lors de l’audience qui s’est déroulée le 9 décembre 2019 à Bafoussam. Audience au cours de laquelle elle a été condamnée à trois ans de prison et au versement de la somme de 47 millions de Francs Cfa au plaignant Blaise Pascal Talla et 500 mille Francs Cfa à payer au Trésor public. Un jugement qu’elle conteste auprès de la Cour suprême.
Enquêtes administratives
Au sujet des menaces et consignes dont la détenue l’accuse d’être le commanditaire, Jean De Dieu Momo souligne que «Le ministre que je suis n’a aucune consigne à donné. C’est vous qui m’apprenez qu’elle est malade à l’hôpital et qu’on veut la retourner en prison. Ne me mêlez plus à cette histoire. Je ne connais pas cette dame. Elle est le dernier de mes soucis.» C’est de même que le ministre délégué auprès du ministre de la justice s’est refusé de répondre aux accusations de mise en branle d’enquête administrative diligentées à l’encontre de certains personnels de l’administration pénitentiaire et des forces de l’ordre dans la ville de Bafoussam.
Dans le même sillage, le ministre a accusé le reporter d’avoir publié ses documents personnels sur les réseaux sociaux. Tout comme, le ministre délégué accuse le reporter d’avoir publié un article sans avoir obtenu sa version. Au terme de l’échange téléphonique interrompu par le ministre délégué auprès du ministre de la justice, la même source menace «C’est la dernière fois que je vous prends au téléphone. Rédigez désormais vos articles sans solliciter ma version.»
Commentaires
Lire aussi
BAZOU EXPO DAYS 10 AU 18 OCTOBRE 2026 : LE PARI FOU DU MAIRE BÂTISSEUR DR FRÉDÉRIC DJEUHON
Presse sportive : Vincent Radureau transmet 34 ans d’expérience
IHS Cameroon Partners with Orange Cameroun to Launch DIGIT4HER, Empowering 200 Young Women
Trois jeunes hommes retrouvés morts à Muea, près de Buea
Journée mondiale des enseignants:Le souvenir douloureux de Hamidou, mort après 10 ans sans salaire
Université de Yaoundé II : la rentrée est bien réelle à Soa
Affaire Joyce : 4 mois de silence, la Toile s'enflamme
La LEFE interpelle le Parlement pour faire de novembre 2026 la session des femmes et des enfants
Développement de l’Afrique : La diaspora de France pose les bases de l’action
REDEO 2026 : l’Ouest se prépare à accueillir le monde
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
il y a un mois
il y a un an